Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 20:34

 

  Mon frère aime les anges, dit que nous avons chacun le sien. Une image employée pour "faire venir" en soi la valorisation de qui on est, comme si rien n'était jamais perdue par avance, mais en construction. Un tableau qui ne serait jamais achevé, en somme.

L'ange qui veille, c'est une symbolique de sa préservation, de sa sauvegarde, de sa responsabilité.

"Celui qui veille, c'est moi alors ?" Il dirait que oui. 

"Je suis pour moi-même l'ange qui veille pour ne pas m'oublier dans tout ce fatras de vie. Je suis l'ange par procuration de moi-même. Je suis mon auteur de l'ange, déchu ou non, en état de vigilance."

Alors j'ai pensé à l'angélique. Cette plante médicinale qui doit faire du bien à...

...A quoi, j'en sais rien. Aux nerfs ? Au sang ? A la métabolisation (la matière qui devient énergie et assure la survie) ?

Une spécialité de Niort. J'entendais ça quand j'étais petite, l'angélique de Niort. L'angélique est une sorte de racine, fibreuse que des religieuses de la ville, au 18ème siècle avaient eu l'idée de confire. Une herbe à liqueur, d'où la liqueur d'angélique. Une tige confite à mettre dans de la pâte.

En fait, je n'ai jamais vu cette plante qui grandit, paraît-il, jusqu'à deux mètres de haut. A croire qu'on m'a raconté une plaisanterie, et que l'angélique n'a jamais existé. Une simple vue de l'esprit, ca serait. Une image symbolique comme celle de mon frère.

Pour croire aux anges.

Croire que quelque chose de bien arrive, que le petit chat se remet de sa frousse, de sa plaie, de sa fièvre et qu'on a eu peur.

Croire qu'on a trouvé le sens des aiguilles de sa montre interne.

Croire que tout va bien.

Tout va bien.

Et tout ça pour amener à Angélique Ionatos, encore une fois

"O erotas", Flisvos (le clapotis)

Published by brigitte giraud - dans Intimité
commenter cet article
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 08:00

  Pour les Croqueurs de mots, le nuit porte-t-elle conseil ?

Le sommeil me balade. Son arrogance est nocive. Je cauchemarde.

C'est toujours la nuit que ça se passe.

Le jour, le sommeil se planque derrière n'importe quoi : un arbre, un poteau télégraphique, un panneau Giraudy, tout est toujours bon, vous voyez, même un rire de gosse. 

La nuit, je dors. Enfin, je crois. Ce n'est peut-être pas vrai après tout. Peut-être que j'ai le mauvais rêve éveillé facile ? Peut-être que je somnambule à l'aise (Blaise !) ?  Peut-être que, dans un second état colonisé par l'inconscience de mes fantômes, je grille une clope avec le chat ?

Et je demeure ici, dans les limbes, et là, dans d'autres limbes des limbes. En demeure de porter ma nuit, précisément.

La raison de ma fatigue diurne chronique est là : à force de porter mes nuits, je craque ! Je craque !    On m'a dit (qui c'est "on" ?) de consulter un conseiller en nuit, du genre psy...,    ....  ...psychométricien capable de mesurer et de réparer les phénomènes toxiques aissants sur la mécanique de mes nuits qui ne savent plus rien raccommoder.

En attendant, la laine de mon coeur s' effiloche !

23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 15:42


Un kiosque sur une place est un espace circulaire,

ouvert sur le paysage,

paysage lui-même et musiques,

un toit pour la pluie et me vent.

Le kiosque à musique, un lieu magique comme un manège pour grands, "une espèce d' espace" fait pour que le battement de la mer y résonne.

Une sorte de coquillage.

Un coquillage en creux.

Un abri.

Parfois, c'est des prénoms martelés dans la "Pierre + moi", des " toujours" que traversent des cœurs, que traverse une flèche.

Un abri pour soi. Avec des musiques. Des images. Une sorte de paix pour son film du dedans, au ralenti de l' instant. L'instant.... A soi.

Pour toi. A emplir de ce que tu veux, de vivant, pour cette vie que tu saisis dans sa marche. Pour un envol de toi.

22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 21:59

BELLAN MOI 014

  Un thé au Sahara, j'ai entendu le titre de ce livre de Paul Bowles, aujourd'hui. Un film aussi de Bertolucci que je n'avais pas aimé dans les années 90, je me souviens. Qu'en serait-il maintenant ? Je ne sais pas. 

 

L'heure sonne, l'eau est assez chaude. Il enlève du bout de la table des petits tas de photos et des enveloppes, des mots griffonnés un jour de grand soleil, l'esquisse d'un tableau à se sortir presque tout seul de l'ombre, un chien dans la tête poursuivant le fantôme de Giaccometti, à la terrasse du Dôme, à trois heures du matin, à Paris, à Paris...

Il ouvre une boîte à cake, celle où ils le mettaient depuis des lunes, elle et lui, celui qu'il mange tout seul à présent. Il l'effrite un peu entre ses doigts.

Il dit que plus il avance en âge, moins il sait le sens à porter à la vie,   moins il comprend le mystère de l'homme et de ses certitudes, moins il  sait  la couleur des bleus.

Il ne sucre pas son thé. Il veut se réchauffer à petites gorgées. Et auprès de quelques-uns. De quelques regards. De femmes qu'il aime.

Et des livres.

Il parle aussi de Bonnard et de sa femme Marthe, morte trop tôt à moitié folle, de Bacon, de Vélasquez, de Vermeer. Il nous parle.

Il peint toujours. Il peint encore.    Des portraits.  

Presque plus que des portraits. Il m'offre le mien et un chagrin me vient.

Un bonheur et un chagrin.

Et...

une mélancolie.

Tout finit par se mélanger. Tout se trame toujours sur son étoffe. Le coeur se serre. Et on se fabrique tout un livre d'images tombées.

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 00:18

Pas facile les mômes de l'époque ! pas simple de les prendre en charge, parce qu'au propre comme au figuré, ils pèsent, figurez-vous, une lourdeur implacable parfois, à laquelle on ne peut pas échapper. La tyrannie de la charge, l'enseignant il connaît bien. Qui dira "y'a qu'à", ne sait pas ce qu'elle représente. Et que ça te saccage un week-end comme un rien !

Pourtant, pourtant...

Et encore je la constate. Et encore je l'entends. Et encore je la vois... cette attention portée à l'élève, à l'enfant, à l'enfant qu'à bout de bras on veut porter plus haut, "élever" véritablement, et aider à grandir, à apprendre, à prendre pour lui-même.

Alors, l'enseignant prend sur lui. Invente quand il faut inventer, et au débotté, sur le vif. Prend sur lui. Car, malgré les nerfs au bord du vide, il sait bien cela aussi :   "plus fait douceur que violence".

C'est la moralité d'une fable de La Fontaine : Phébus et Borée. Le soleil et le vent gagent qu'ils ôteront son manteau à un voyageur. Plus Borée (le vent) souffle pour faire enlever le vêtement, plus le cavalier le serre. Mais, il suffit au soleil (Phébus) de briller pour que notre homme ôte lui-même le manteau.

 

Ce qui signifie qu'on grandit mieux, on apprend mieux, on vit mieux, dans la douceur que dans la violence.

 

 

Pour les adultes, c'est bien la même histoire. Nous sommes tous des enfants qui ont vieilli, non ?

 

21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 11:36

'Le très haut' de Bobin. Va savoir pourquoi il y en a eu deux dans la bibliothèque !

les livres seraient-ils vivants, à se reproduire une nuit de lune pleine, quand on a le dos tourné, et qu'ils en font à leur tête ?

Est-ce un signe ? Des mots répétés, ressassés, ruminés, comem pour se convaincre que "Le très haut", faut pas le lâcher, s'y cramponner comme on peut, comme ça vient, avec ce qui est là, même qu'on n'y voit que dalle.

Mais c'est quoi "ce très haut" ? Une idée à suivre, quelle idée ? Oui, c'est vrai quoi, quelle idée ! Est-ce que le mur d'Antoine Emaz devient notre obstacle de vie, incontournable, à défaut de ne pouvoir être escaladé et passé, hop ! conduit par un souffle de vent qui nous porterait tout le corps, et l'esprit, et l'âme,  ses envies, et la vie toute entière ?

Alors on pourrait creuser par en-dessous, de la terre sous les ongles, et collante.

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
commenter cet article
21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 00:22

cada-004.JPG

cada-003.JPGJe vous donne à lire ces mots d'une jeune femme venue du Kosovo, en attente de papiers, peut-être.

Un être délicieux et délicat.

Les larmes dans les cils, les yeux me souriant quand même.

Elle a lu son texte.

Nous l'avons traduit.

 

 

Ma malédiction

 

Je te maudis avec mon esprit et mon cœur

toi, celui qui ne m'as pas laissée tranquille,

celui qui m'as détestée,

et toi, celui qui as fait obstacle à ma vie.

S'il y a des médecins ici,

qu'ils précisent mon mal,

qu'ils me soignent,

qu'ils m'arrachent mon angoisse.

Pour que je sois heureuse,

seulement une fois dans ma vie.

S'il vous plait, laissez-moi tranquille !

Laissez-moi en paix !

Pour que je puisse vivre ma vie.

J'aime mieux la vérité,

seulement la vérité.

Et si je meurs,

la vie est comme ça quand même...

Je ne peux pas la changer.

Je fais un pacte avec l'avenir

pour supporter ma douleur.

Vous comprendrez plus tard

cette vérité

que les conquérants s'accaparent tout du monde.

Sur le chemin de la vie,

Albion ! Léon !

vous, je vous attends.

Là, vous me trouverez,

 

même si je meurs.

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 23:37

Des traces de pas sur l'argile durcie. Qui ont été. Là.

Des mots posés. Là aussi.

Des mots dans l'argile d'une image.

Miettes sur la nappe rattrapées par la main, au poignet, pendue.

Ce qui fait qu'on pense. Qu'on demande à voir.

Qu'on va voir de plus près.

Sur un bout de trottoir comme on dirait au bord d'un toit.

Et du silence.

Ce qui reste des traces.

Et de l'argile.

 

.

Alors le vent peut bien nous porter, hein ?

Published by brigitte giraud - dans Intimité
commenter cet article
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 08:01

ateliers bacalan les aubiers 026

Voilà, c'est ça une aventure humaine et artistique,

ça laisse des traces, en somme...

SANY0035.JPG

019

005

ateliers--bacalan-les-aubiers-029.JPG

ateliers bacalan les aubiers 003

spectacle-JANVIER-2011.jpg

ateliers bacalan les aubiers 013

SANY0118.JPG

ateliers bacalan les aubiers 033

ateliers bacalan les aubiers 005

021-copie-1.JPG

ateliers bacalan les aubiers 009

 

034.JPG

005

SANY0137.JPG

024.JPG

ateliers--bacalan-les-aubiers-006.JPG

 

 

005

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 23:32

MarkRothkoNo1419607893.jpg

Jour sombre. Un homme s'est suicidé ce matin sur les voies du train, à La Réole.

La semaine commence mal.

Elle finit mal, elle commence mal, c'est normal !

Non, ce n'est pas vrai, elle a finit bien. D'abord bien. Puis mal.

Ce qui passe par la tête est ce qui ne triche pas.

On choisit sans réfléchir. On prend ou on laisse.

On ouvre ses mains ou on les ferme.

On accueille ou on refoule.

Je pense à cette poésie que les enfants déclamaient dans ma classe.

Il paraît que l'on se souvient toujours de ce qu'on a appris quand on était petit.

Fasse que ceux-ci se rappellent de ces mots-là pour ne jamais dire à quiconque : "Dégage ! tire-toi ! fous le camp ! J'appelle les flics !" des mots tellement plus commodes que : "Entre ! Viens !"

Et passer.

Et laisser.

Laisser. Laisser.

Fermer la porte à clé.

C'est tout.

Et c'est vivre qui tue...

 

Alors, je revois, j'entends encore ces petits tendre leurs bras, l'un  après l'autre, et dire de toute leur gravité sensible, de Jean-pierre Siméon, La différence :

 

"Pour chacun une bouche deux yeux

deux mains deux jambes

 

Rien ne ressemble plus à un homme

qu'un autre homme

 

Alors

entre la bouche qui blesse

et la bouche qui console

 

entre les yeux qui condamnent

et les yeux qui éclairent

 

entre les mains qui donnent

et les mains qui dépouillent

 

entre les pas sans trace

et les pas qui nous guident

 

où est la différence

la mystérieuse différence ?"

Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche