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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 23:06

 

J'aime bien cette phrase de Nietzsche :5149648123_8aaf432b21.jpg

"Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse"

C'est une approche à pas ténus, timides et menus de l'insaisissable désir qu'il y a en soi, quand on s'englue dans des ornières de vie, des frottements et des expériences humaines.

Un apprentissage de sa liberté.

Un apprentissage de l'autre et de soi. De ses limites. De ses fragilités. De ce qui gît dans son mal-aise, derrière un sourire en épingle à cheveux où un flocon de neige se pose et disparaît comme un papillon à la lampe.

Alors l'étoile qui danse se met à scintiller, une agathe dans un trou du soir.

 

16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 16:27

 Le dérèglement des sens, écrivait-il, lui le Rimbe, et il avait 21 ans.

Dans l'inconnu du connu,080.JPG

aller y prendre de la graine pour un oiseau rouge.

On ne sait pas où il va par les grands froids et temps de poudreuse, et givre, et glace, et miroirs d'eau transparents, plaque de verre des places aux fontaines...                   

tu t'accroches aux branches du chemin quand il y des branches ?

Et je te donne la main,

à toi qui es dans

le poème.                                                                  

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 20:10

PARIS-DEC-2010-237.JPG

Photo | Isabelle Lagny

 

 

Une feuille de papier dépliée où écrire un nom et un visage.

Un feu de paille blanche.

Un songe qui m'aveugle.

Je pourrais m'attarder sur tes yeux, pénétrer la pupille et y couler ma peau,

en frotter la limaille pour ma fleur vive.

Mais l'espace de ton corps est un astre trop lourd.

 

Et s'il n'y avait qu'une ombre dans le regard de l'homme ?

Si je ne savais plus en suivre le contour ?

Les draps, tout effilochés, pendraient à la balustre du monde.

Seulement quelques mots déposés sur ta bouche.

Pour t'atteindre.

La peur, encore, me perdrait.

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 22:05

Comme des globules. Blancs et rouges. A se ficher  dans les yeux un tronc d'arbre et la souche. Bref ne plus rien voir du tout. Engourdie, la fille ! Pas uniquement par le froid, mais cette foutue sensation d'être la tête dans un sac. Etouffer. Un peu. Fatigue. Peur. Une peur de rater le coche. Re-écrire. On dit "récrire". Une fin au coin gauche de la pièce... une lampe ou est-ce une étoile que tu as accroché dans le rideau ? Je ne sais pas. Je vois un rond blanc sur fond noir, au-dessus de ce qui pourrait figurer un chapiteau. Mais c'est trouble. Un trouble me guette. Envie d'une chansonnette amoureuse. Pour m'apercevoir.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 00:00

 Le défi des croqueurs de mots :

 

Vous avez rencontré une célébrité? Racontez nous !

Mettez -vous en scène, plantez le décor , faites-en un grand évènement.
Vous en avez rencontré plusieurs, enchaînez les histoires ...
Mais .... car il y a un mais ...

Tout bon marin a le sens de la narration, voire de l'exagération, ou de l'invention ..
Racontez au moins deux histoires, et faites deviner laquelle est fausse !  et si les deux le sont, faites croire le contraire.
Solution à votre convenance, dans les comms, ou le lendemain ...comme vous voulez.


 

 

Première histoire

Je l'ai rencontré rue de Siam. A Brest. Je ne le connaissais pas. Il était beau et il souriait. Enfin, je veux dire qu"il ME souriait. Moi, je marchais. J'ai continué à marcher, épanouie, ravie, souriante sous la pluie. Je savais qu'il me regardait. Il se tenait très exactement sous un porche. Il s'abritait. Je l'ai tout de suite reconnu. Ce visage lumineux qu'on souvent les écrivains, vous savez ! On ne s'était jamais vus auparavant. Au Flore ou Aux deux Magots ? Même pas ! Mais on s'est reconnus immédiatement, lui et moi. Il a crié mon nom. Alors, sans réfléchir à rien, d'une façon simple et de toute évidence,  j'ai couru me jeter dans ses bras. On s'est embrassés sous la pluie comme deux amants de longtemps. Il m'a dit qu'il ne pensait qu'à cet instant depuis toujours. A cela, je lui ai répondu que j'aimais les nuages au-dessus de l'Arsenal et du bateau d'Ouessant. Il m'a serré très fort. Il fermait les yeux. Rue de Siam, à Brest. Un chien est venu se coucher près de nous, sous le porche. "Tiens ! il m'a dit, il n'a même plus envie de courir, lui. Dans mon prochain livre, je raconterai notre histoire et il y aura ce chien... Et cela fera un film... Je verrais bien une scène sur une plage, tu vois...un homme et une femme... Chabadabada...Et un chien qui court..."


Deuxième histoire

Je l'ai rencontré rue de Siam, je crois bien. A côté de la Foirefouille de Brest. Oui, c'est ça ! Faisait un temps à pas mettre un chien dehors. Les nuages crevaient par-dessus nos têtes, l'orage zébrait tout le ciel de longues traînées grises et marron. Je me souviens qu'il se tenait là, sous le porche de la Foirefouille. J'avançais vite. Je devais regarder mes pieds, ou ne rien regarder du tout, perdue dans mes pensées blaises. Mince, ça tonnait dur ! Lui, il fumait une cigarette, en s'ébrouant d'un pied sur l'autre. J'ai levé le nez et il m'a souri. Il m'a demandé si ça me dirait de fumer une clope avec lui, devant l'écran du ciel dingue. Il a ajouté que même quand il pleuvait, le ciel ressemblait toujours à un grand parapluie. J'ai trouvé ça pertinent et sensible. Il a dû s'en rendre compte. Oui, c'est évident. Mais rien n'est moins évident qu'une évidence, vous savez bien. Alors, je ne sais pas ce qui m'a pris :  je lui ai répondu que les nuages, ils crevaient comme des chiens qui vont courir au loin de Brest, et que si lui, il aimait la guerre des nuages contre les chiens, eh bien, on n'avait pas à se tutoyer et que l'Arsenal et le bateau d'Ouessant, je n'en voulais rien savoir, qu'il n'y avait qu'à laisser tomber et faire comme la pluie, que tout était idiot, qu'il n'y avait aucune raison à ce qu'il crie mon nom sous le porche d'une Foirefouille, dans des odeurs de crêpes et de chichis, alors qu'il pleuvait sur la mer...  Voilà ! Ah, je lui ai dit aussi que ça me rappelait une chanson de Mouloudji. Alors, la belle histoire, elle était foutue par avance ! 

 


11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 12:03

  Ceci est un extrait de la page internet du Nouvel Observateur

La Chine laisse exploser sa colère après la remise du prix Nobel de la paix


Le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, remet le prix à une chaise vide (AFP) Le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, remet le prix à une chaise vide (AFP)

Devant la chaise symboliquement vide du prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, le comité Nobel a appelé la Chine à libérer le dissident emprisonné, vendredi 10 décembre à Oslo, lors d'une cérémonie marquée par l'absence -rarissime- du lauréat.

"Liu n'a fait qu'exercer ses droits civiques. Il n'a rien fait de mal. Il doit être libéré", a déclaré le président du comité, Thorbjoern Jagland, avant de déposer symboliquement le diplôme et la médaille du prix Nobel de la paix sur la chaise vide.
Le président américain Barack Obama et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton lui ont fait écho en réclamant la libération immédiate du dissident.
Mais en Chine, où les sites des médias étrangers et les mots "chaise vide" et "Oslo" étaient censurés vendredi sur internet, les autorités ont fait la sourde oreille et fustigé le "théâtre politique" du comité Nobel, nouvelle preuve que la colère de Pékin n'est pas retombée.
Ancienne figure de proue du mouvement de Tiananmen en 1989, Liu Xiaobo purge une peine de 11 ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat" après avoir corédigé la "Charte 08", un texte qui réclame une démocratisation de la Chine.

  Dans l'Hôtel de ville fleuri d'Oslo où se tenait la cérémonie, le portrait géant du lauréat souriant trônait vendredi, deux ans jour pour jour après la publication de la Charte.


"Beaucoup demanderont si, malgré sa puissance actuelle, la Chine ne manifeste pas une certaine faiblesse en croyant nécessaire d'emprisonner un homme pour 11 ans pour le seul fait d'avoir exprimé ses opinions sur la façon dont son pays devrait être gouverné", a dit Thorbjoern Jagland.


En 109 ans d'histoire du Nobel de la paix, c'est la deuxième fois que le prix ne peut être remis au lauréat ou à un représentant. Sous l'Allemagne nazie, le pacifiste Carl von Ossietzky n'avait pu recueillir son Nobel en 1936 car il était détenu dans un camp de concentration.

Vendredi, devant des Chinois vivant en exil, la présidente sortante de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi et le couple royal norvégien venus malgré les menaces de Pékin, l'actrice norvégienne Liv Ullmann a lu les propos apaisants de Liu Xiaobo juste avant sa condamnation.


"Je n'ai ni ennemis ni haine", avait écrit l'ex-professeur, aujourd'hui âgé de 54 ans.
"Aucun des policiers qui m'ont surveillé, arrêté et interrogé, aucun des procureurs qui m'ont inculpé et aucun des juges qui m'ont jugé ne sont mes ennemis", ajoutait-il.

 
Qualifiant l'opposant de "criminel", la Chine a tenté de limiter

l'impact du Nobel en intervenant auprès d'autres pays pour qu'ils boycottent la cérémonie et en menaçant de "conséquences" les Etats qui apporteraient leur soutien au dissident.
Près de 20 pays, dont la Chine, la Russie, l'Afghanistan, Cuba, le Venezuela, l'Iran et l'Irak, ont décliné l'invitation "pour diverses raisons", selon l'Institut Nobel.
Environ 45 autres Etats ont en revanche assisté à la cérémonie, notamment les membres de l'Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, l'Inde et la Corée du Sud.
Les cinq autres prix Nobel 2010 devaient être remis un peu plus tard à Stockholm pour les disciplines scientifiques (médecine, physique, chimie, économie) et pour la littérature à Mario Vargas Llosa (Pérou).

Et puis...

tiananmen.jpg

Vous vous souvenez de cette photo ? De cet être qui avait bouleversé le monde par son courage en faisant presque danser les chars.

Il aurait disparu, lui.

Et sans doute qu'il l'aurait lui aussi mérité ce prix Nobel de la Paix.

Honte aux dirigeants chinois !

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 23:33

C'est toi, Corinne qui me rappelle Gigliola Cinquetti... C'est un beau nom Gigliola. On ne sait pas -enfin je ne sais pas - ce qu'elle est devenue. Peut-être n'a-t-elle été connue que pour cette chanson-là. Qui n'est pas si mal, d'ailleurs !

Et puis le noir et blanc, et puis la voix, le vêtement sage et la coiffure à la Claude Jade des films de Truffaut, et puis la traduction, et puis la neige des bandes cinéma en super 8, et puis la mélancolie de ce qui a eu lieu et puis le partage de qui on était, ou croyait être, ou n'être pas, pas encore...

Pour ce qui est advenu, des chemins, des tours et des détours, des rencontres, d'états d'âme en états d'amour, et des regards qui ont l'âge enfin de se rejoindre.

Enfin, pour tout ça !

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 23:00

Voilà, ce sont des lettres, une dizaine... des écritures pâlies par le temps. Il y a combien de temps de là ? Plus de soixante années. Et je pourrais le voir, lui, qui ne savait pas, ne savait plus le comment du quand... et  les mots bousculaient la boule de la gorge...

A fermer les yeux au plus fort, si je faisais effort, un plus grand, si je me forçais encore et encore, jusqu'à y parvenir, je pourrais le voir...

Dedans, sous mes paupières, des lumières scintillent. Bientôt Noël...

Je pourrais le voir, peut-être.

En 43, il écrit. C'est un homme qui écrit à une femme.

Dans ses songes il embrasse la bouche aimée...

Son coeur bat.

Il écrit que bientôt, bientôt, il lui enverra un poème qui s'intitule "L'amour".

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 23:14

Photo | Isabelle Lagny

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La nuit des néons pâles accompagne toujours la marche de l'homme.

 L'ombre est une ébauche de traits enfouis au creux des gestes,

d'autres replis d'un autre corps,

inoubliable.

Tu pourrais te souvenir d'une voiture

et d'une place,

d'une fontaine sur une place,

de tes pensées battues à l'angle d'un trottoir.

Tu ne savais déjà plus voir la terre.

Il fallait placer ici et là des spots orange.

Les cailloux, tu les portais au ventre.

 

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 01:04

Des images à toute allure.015-copie-1.JPG

Un enchantement des gestes.

Les autres.

Ils sont là.

Une sensation de faire trace.

D'être là.

Se dire : Oui, c'est moi, là. Je filme donc j'éternise l'instant.

Je tiens sur ma bande de montage un fragment de vie, la vie des autres qui ne s'en ira plus jamais.

Des mots. Des gestes encore.

Je tiens.

Sur une table de montage.

Une équation comme ça : si "ça" se construit et prend sens, si les existences existent... alors ma vie tient aussi.

Comment se pourrait-il qu'elle ne tienne pas,

et même quand je me dis qu'elle tient à rien de rien,

qu'elle est une invention,

que je la crée de mes forces et à toute force,

comment, également, ne puis-je pas croire qu'elle existe aussi un peu ?

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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