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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 21:07

Je me souviens de Jean Vasca, oui. Depuis longtemps je ne l'avais pas entendu. Mon amie Claire me le remet dans l'oreille. "La machine imprévisible".

Je l'ai rencontrée au hasard d'un salon du Livre. Et c'était bonheur de la voir aujourd'hui.

"C'est cet oiseau soudain sur ton épaule

Venu des lointains de l'être

Et qui tremble comme une fièvre

Cet oiseau qui te chante à l'oreille "Courage ! Il faut vivre, Il faut aimer !"

Etait-ce vivre tout cela ou bien rêver ?"

 

Claire a souligné cet italique.

Il faut vivre, il faut aimer.

Vivre comme un synonyme du verbe aimer.

On n'a pas besoin de se le dire.

On sait bien. Où  l'essentiel se niche.

"Et toujours ce fou à ma porte qui meurt de vivre sa folie".

 Je sais d'où vient ce disque que je tiens, je sais qui l'a tenu un jour, des jours.

Il pèse des tonnes d'amour, des larmes et un livre jaune y flamboie.

Je garde ce trésor,

une richesse sans mot pour ne rien déranger.

Juste garder.

Garder.

Et en entendre quelque chose.

 De Jean Vasca, j'avais ce disque "L'écarlate et  l'Outremer".
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:15

 

moi et bourgeyx 029

 

On savait Claude Bourgeyx écrivain, on le découvre peintre.

Et c'est un choc ! Paf !

C'est dire que cette secousse est une sorte d'alerte qui ne trompe pas.

On sait, sans mots d'abord, que l'on se trouve devant quelque chose d'important,  plus grand que soi-même. 

Puis on ajuste sa pensée à son émotion.

Il est possible alors de parler des couleurs, du découpage de la toile en carrés, des yeux perdus dans des visages baudruche, des visages qui hantent une géométrie ou bien hantés par elle...

On ne sait pas ce que disent ces regards .

On sait juste cette densité de l'intérieur qui se tient là.

Un "fantômisme" peut-être, dont quelquefois parlait Michaux.   "C'est cela qu'il faut peindre et non le nez, les yeux et les cheveux qui se trouvent à l'extérieur, souvent comme des semelles."

Dans les tableaux de Claude Bourgeyx, il y a des présences, des présences presque hallucinatoires traversées par la vie  qui, de l'une à l'autre,  s'agite, explose et se mélancolise. Des noms s'inscrivent ici et là, dérisoires solitudes...

Une exposition à ne pas manquer et que Art Chartrons propose dans son parcours. 

Le lieu est magnifique, accueillant et chaleureux, ce qui tient à la dame de ces lieux, plasticienne de talent elle-même, qui lui donne de son âme et c'est toujours ce fera la différence.

moi et bourgeyx 030

Atelier i.d. 109  du 4 au 14 novembre au 109, rue Notre-Dame à Bordeaux


A retenir "Duo sur tabourets" le lundi 8 novembre à 20h30

Textes de Claude Bourgeyx avec Anne Dupré et lui-même.

 

3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 11:37

 

5114477146_75138599ff.jpgLa vie ce sont des frottements, des tiraillements, des compromis, des souffrances, petites et grandes, des grandes qui seront petites pour les uns, des petites qui seront grandes pour les autres,... La vie c'est accepter le vivant, on me l'a dit tant de fois, accepter les blessures, accepter que nous sommes fragiles et humains, accepter les erreurs, la faute, la culpabilité... oui, oui, accepter tout ça comme étant la loi du vivant et que ce vivant-là le fabrique, etc...

 

Certains psy ont même pensé que les rêves (d'où viennent-ils et comment sont-ils constitués ? C'est toujours une question débattue et questionnée) étaient une préparation aux frottements-mêmes, une façon que le cerveau adopte pour renforcer ses défenses, en quelque sorte.

Vrai ou non, c'est une opinion, pourquoi pas ? qui signifie que la vie n'est pas simplissime et ne va pas de soi, puisqu'elle compose avec les autres et ne peut se départir des autres. Et les autres, ce n'est pas soi : d'autres désirs, d'autres formes de pensées, d'autres affects, d'autres..., d'autres..., d'autres....

Donc il n'y a aucune recette de la bonne vie, du bon comportement, du bon "savoir faire" avec la vie. La mathématique ne joue pas, les sciences ne peuvent rien contre les émotions.

Ainsi, j'ai trouvé bien intelligent, le contrepied de la logique implacable de ce syllogisme : "X et Y sont tous deux des hommes, les hommes sont mortels, donc Xet Y doivent mourir."

Cela est clair et tombe sous le sens, mais c'est sans tenir compte de l'irrationnel qui touche au coeur de ce qui signifie être humain. Siri Hustvedt précise que

"La réalité de X n'admet pas la mort" et ce n'est pas une proposition insensée, ça.Alors tout bascule.

"La distance entre les deux, Xet Y, représente-t-elle la faille entre perspective objective et perspective subjective, entre la science, avec son indispensable logique, et l'art, avec l'irrationnalité qui lui est propre ?"

  TxBrigitte2.jpg

Voilà comment, m'appuyant sur cet exemple, je perçois les choses de la vie. Je ris, je pleure, je pense, je souffre, je réfléchis, je m'étonne, je ne comprends rien à rien, je suis dévastée, je suis submergée, je suis phase comblée, je colérise, je danse, je m'illusionne...

...mais si vous m'ouvrez le crâne,                       

vous ne verrez jamais que deux lobes de matière grisâtre.

Le penseur de Rodin se tient la tête et ce n'est pas un hasard.  S'insurge-t-il de ce que ses deux masses à l'intérieur de lui, soient si bien connectées entre elles, et si mal avec les sensations passantes qui l'écrasent ? 

 

Merci à Zineb d'avoir réalisé ce montage, cette mise en page.

Je vous invite sur son blog "Du mobilhome", ici, dans mes liens.

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 01:47

Rien que l'expression est réjouissante, jouissive... Je suis toujours dans mes lectures et... l'avenir dure longtemps avec la lecture, inséparables des mots que nous sommes.

100 4021Figurez-vous que Freud estime que dans la période oubliée de l'enfance subsiste en nous la sensation de faire un avec le monde. On ne peut retrouver les souvenirs de la prime enfance, mais demeure la sensation de faire corps avec le monde. Ce serait là ce qu'il nommerait le sentiment océanique et il le lierait à quelque chose, non pas de religieux, mais de mystique.

Le sentiment océanique  nous ferait humains dans le mystère commun de  toutes les histoires des hommes, venu  du plus loin d'entres les voies stellaires de l'univers, pour se rassembler en nous, diffus au profond de nos veines.

Moi, "le sentiment océanique", il me parle et je ne sais pas trop quoi mettre derrière, sans doute une mouvance de la vie, des vagues, une écume, son varech, et ce mal, et cette idée de l'infini si abstraite, si insensée, que, pour un peu, je la tiendrais dans la paume de mes mains.

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 18:30

La personnalité change parfois. On ne sait pas reconnaître un être. Il semble être055 devenu un autre, parce qu'il   montre  de lui une facette différente.

De combien de facettes dispose-t-on chacun ? Organisées comment ? Utilisées comment et dans quelles circonstances ? "Je" suis combien de "je" ?

Ecoutez ça !

Je lisais qu'en psychiatrie, le terme de "Doppelgänger" ou "transitivisme", depuis Freud,  était toujours employé, même s'il ne signifiait plus tout à fait la même chose. Se construire un double de soi. Carl Wernicke, en 1900, parlait "de projection de ses symptômes sur un double, qui peut être en lui, pour se sauver lui-même", et définissait un état dans lequel les êtres se sentent autre, ou se confondent avec quelqu'un d'autre. Ce sont souvent des psychotiques, qui  parviennent mal à être dans le réel ou qui en décrochent tout simplement, tout simplement (si on peut dire !).  Bon ! d'accord ! 

Mais là où je suis i053-copie-1ntéressée et troublée,   c' est de lire ce que Lacan reprenait dans sa conférence de 1949, sur le phénomène du miroir.

Parce que j'ai souvent constaté cela chez les enfants, les jeunes enfants.

Et parfois chez les adultes.

Une scène banale. Un constat banal également qui vous dira sans doute "quelque chose". Parce qu'on a tous vu cette scène, surtout ceux qui ont eu des bambins. Moi, j'en ai eu, mais dans les classes. Avec le regard plus distancié peut-être, donc plus observateur. Mais...Vous allez voir...

Imaginez une aire de jeux. Un petit tombe, se fait mal et se met à pleurer. Il pleure parce qu'il a mal. Un autre le voit. Le voit tomber. Et se met à pleurer lui aussi. L'un s'est fait mal, l'autre non, mais tous les deux pleurent, inconsolables. Telle est la confusion à l'oeuvre dans le transitivisme.

Alors est-ce qu'on a tous plus ou moins une construction psychotique, prête à surgir ? 054.JPG

Le seuil entre "je" et "tu" devient flou.  Alors, se connaît-on si bien, ou si mal, pour ne pas avoir à se raccrocher à l'autre, éperdûment ?

Des questions qui se posent à moi.

 Que je débrouille mal, que j'emberlificote peut-être,

mais il y a des fils à tirer là, non ?

Qui je suis moi ? Qui je suis tu ?

1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:00

 

Le chocolat ! Contresens  manifeste.

 Suavité. Amour douceur. Dans la bouche, un baiser.

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Imaginaire et  réalité des jours.

 Choc d'un mot,

d'une caresse, d'un corps connu, reconnu.

Qui tombe...Friches des draps.

Une terre retournée, le corps à la renverse.

 

Un souffle d'air, premier choc ! 

Les autres arrivent. Les perles du collier  s'inventent.

Immortalité de l'amour.  Premier... premier...premier...

Terrible ! Retenir nos mains... Encore un peu...

"dernier...dernier...dernier..."

Rupture annoncée. Choc frontal. Ecorchure.

Bleu. Ecchymose.

Silence du cri dans la gorge.

Cri, dans la gorge, serrée à mort.

007

Choc blanc, 

et noir !

Tissu effiloché. Fil tordu

Cassera... plus tard.

On part. Est-ce que tout le monde part ? Sable sur la peau, 

Pourtant jamais amère...

 

31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 18:24

Lormont le vieux. Face à la Garonne qui raconte nos histoires.

Vous savez quand on se sent parfois liquide.

Que le soleil fait ses farces, à se croire au début du mois, en plein chaud au coeur, "Salon du livre de poche", et les poches à déborder de l'éternité des roses.

Une éternité, toujours perdue bien sûr, une ombre ombrageuse des promesses en corolles.

Un temps complice simplement là, dans des Pensées qui sont des trains.

Dis, sommes-nous bien loin de...



 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 22:18

 

100 3205

On dira Blaise, on dira un blaise, pour lui. On dira ça. Il y en a beaucoup des blaises, alors on en a fait un nom commun. Un nom pour amoureux des trains et des routes, pour ceux des chemins aux rocades, aux contournements, aux arrangements des voies ferroviaires, aux tours et aux détours, détournements de la pensée et du sentiment obsédant, obsédant, des trajets vers le fleuve qui conduit à l'océan.

Des cris de mouettes entendus cet après-midi sous le pont d'Aquitaine, "Au café du Printemps", tu te rends compte ? c'est le printemps... nous sommes en arrière du printemps qui ne sera plus pareil.

  En bord de Garonne. Une clope pour l'envie et l'abstraction de mon corps, en ombre chinoise sur le trottoir, vacillante, tordue aux chevilles qu'on dirait des pailles dans un verre d'eau. Je ne comprends pas. Le monument se découpe sur le 100 4566ciel, tout bleu avec de grandes flaques grises.

"Aux morts en Algérie". Et on ne sait pas de quels morts de Lormont il s'agit. On n'a pas envie de savoir, du reste. Ceux d'ici tombés là-bas, ceux de là-bas tombés là-bas. Pour quelle cause ? N'empêche, le néant a le même bord pour tout le monde.

Je fais des images. Je pense à Blaise. Tu penses à Blaise. Il pense à toi ? Oui, sans doute.

Je veux croire que oui, pour avoir une assurance de mes pensées, à moi. Et je n'en sais rien. Blaise pense, donc il est. Faudrait inverser la donne.

Il est, donc il pense. C'est pas mal aussi, comme ça.

Je suis, donc je pense. Comment se départir de la pensée ? Penser, c'est être au monde et être au monde est notre condition. Notre condition, d'êtres parlants et pensants (ce qui nous différencie des animaux), est donc de penser.

Donc il pense. 

Pour un peu, je serais tentée de dire... donc il pense à toi, donc il pense à elle, donc il pense à moi.

Alors je mets cette chanson de Dutronc dont je n'ai jamais été fan. Là, j'aime bien la reprise de "Il est cinq heures, Paris s'éveille" par An Pierlé que je viens de découvrir par Zineb. Parce que j'aime encore plus Paris depuis cet été, et que les 5h du petit matin, j'apprends à les habiter.

 

29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 21:49

Il y a 29 ans, le 29 octobre 81, Georges Brassens mourait.

 

 Cet homme  atypique, qui dégustait la langue et savait aussi la tirer à la pensée bête, convenue et toujours dans les clous, méchante et moralisatrice. Sa morale était celle de l'élégance généreuse et créatrice des poètes. Il a chanté ses textes par défaut, lui, il voulait écrire et c'est ce qu'il a fait. Il n'avait ni le physique ni la voix  des yéyés, encore moins des rockeurs, mais ses mots ont occupé une place majeure dans la chanson française  : leur exigence, leur justesse et leur beauté ne pouvaient s'ignorer. Ce bonhomme simple et généreux de Sète n'aura plus jamais mal aux dents, mais il manque lui aussi.

 

29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 04:48

Je m'y suis attachée à ce tableau depuis quelques jours.

013

A la vérité, je ne sais pas bien pourquoi.

Le regard sûrement. Tout se tient dans la captation du regard. C'est là où l'être parle quand il ne se tait.

Les yeux ont un langage instinctif. Suspendus qu'ils sont au sentiment qui traverse l'âme.

Là, vous voyez, une mélancolie y traîne, les pensées troubles d'une tristesse du calme, le coeur anesthésié, l'âme désaccordée aux violons du  bal qui s'est perdu. La ballerine trébuche sur son fil, ses chaussons n'ont plus leurs lacets, elle est sans filet. Elle perd son assurance, va pencher sur sa gauche, alors elle se raconte une histoire de taupe qui invente d'ouvrir les yeux.

Sait-elle que les taupes n'ont jamais vu la lumière et qu'elles sont aveugles ?

Tant pis, son histoire quand même commence comme ça...

Cette histoire de taupe est racontée par Simone de Beauvoir dans "Les belles images".

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