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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 12:57

C'était donc le 29 juin 2012.

Vernissage de l'exposition du peintre Catherine Cousy.

En présence du sculpteur Joris Dijkmeijer.

 

 

 

 

8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:59

Il a quelque temps déjà, Robert Misrahi m'avait écrit ceci dans une de ses lettres, et ce passage n'a  cessé de me hanter,  et ces deux phrases surtout auxquelles je ne peux que souscrire :

 

"l’incertitude créatrice et prémonitoire est en réalité préférable au vide qui s’habitue..Il y a des baumes pour les blessures. .. "

 

Voilà ce fragment dans son entier :

 

"On se demande si notre présent, notre accoutumance, notre familiarité avec la grisaille ne sont pas préférables à l’angoisse de l’incertitude et au risque du grand vent qui préparent l’entrée dans l’être. Mais je suis persuadé que l’incertitude créatrice et prémonitoire est en réalité préférable au vide qui s’habitue. Ce risque de construire est déjà autre chose, mouvement qui mérite de se réjouir de soi et d’attendre des renaissances.

Oui, c’est une longue histoire qui commence. En un sens on pourrait croire qu’elle ne fait que recommencer et répéter. Il n’en est rien. En fait, elle commence vraiment. Tout est nouveau. Le vent et le regard, le fleuve et l’horizon. Tout être, toute vie, tout moment sont uniques et peuvent se renouveler en se recréant. Il y a des baumes pour les blessures. Ensuite, il faut bien dormir et bien se réveiller. Et bien serrer le manteau qui tiendra au corps."

6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 15:00

 

Les photos d'Hervé Bégou sont de partout, elles captent aussi bien la pluie de Paris que la lumière d'un ciel en Provence. L'ombre sur un mur, où qu'il se trouve, aura toujours l'originalité émotionnelle de ce magicien de l'image.

images-0391-01.jpg

On ne sait pas au juste d'où vient l'émotion. Mais chaque fois, elle est là, comme une intime météo du coeur et du corps.

Une présence qui consiste à troubler celui qui regarde. Qui triture les lignes et lesDSCF0803 Travail en cours 05 40 formes.

Alors on n'a pas envie de décortiquer le cadrage ou la focale. On se laisse prendre seulement par la sensation d'être devant quelque chose, témoin de quelque chose

 

DSCF0379-01.jpg

C'est qu'ici, dans l'univers photographique d'Hervé Bégou, la vie n'est jamais réduite par la vie-même. Tout est important :  le doigt d'un enfant, le regard d'un être parmi d'autres, un oiseau à terre, un mouvement suspendu dans l'air, une liseuse...

On sent bien que l'oeil est habité de visions de peu, essentielles et vivantes ; on sait que par-dessus le paysage, des ciels battent toujours des bouts de rêves, une sorte de  fragilitDSCF1950-11.jpgé généreuse.

 

 

 

Car la réalité gagneDSCF1927-01.jpg toujours en force d'expression par les noirs et les blancs tranchés au vif, dans une esthétique vibrante, très composée et étonnante.

 

Chaque image est une ode à l'humain. Au décalé dans l'humain. A sa porosité au monde. 

 

DSCF0934-01---Copie.jpg

 

C'est cette disposition à capter les ironies du quotidien qui vient bouger en nous ce que nous n'avions pas entrevu : un enchantement astucieux donne alors des ailes de papillons à notre imaginaire.

 

 

DSCF0326-02

 

 

La vie est là et nous la découvrons dans des combinaisons poétiques, vibrantes, excitantes, à ce point tel que nous l'aimons nous aussi, quand elle nous apparait ainsi, tout à la fois mystérieuse et magique.

 

 

 

Un couple d'amoureux sur un bord de Seine et c'est une bascule possible dans un ciel liquide.

 

 

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Le  labyrinthe où se perdre risquerait l'aventure. Un mur de mots d'amour dits, redits, perdus, écrits, demeurent. 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Pourquoi suis-je vivant ?" Hervé Bégou répond par ses photos, compilation  d'images entrevues depuis longtemps et des traces d'aujourd'hui, "de bave d'escargot", disait Francis Bacon "et s'il ne restait que cela ..."

 

DSCF0426-01.jpg

 

 

 

3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 19:25

"Laissez le soleil sécher vos larmes, s'il vous plaît

allez danser sous la tempête

que la pluie essuie vos plaies"...

 

 J'ajoute que Souleymane Diamanka a été l'élève en Ce2 de Dominique Boudou, qu'il a été toujours reconnaissant à son jeune instituteur de lui avoir communiqué l'amour de la poésie et des mots, qu'il ne manque jamais une occasion de le rappeler et de le nommer, et qu'il vient de lui demander une préface pour un prochain disque. Ils se sont revus plusieurs fois, toujours suivis dans l'ombre et la lumière, et ça, ben je vais vous dire, c'est magnifique !

 

 

2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 17:25

 Reconnaître une vacuité de soi dans les gestes.

Une attente des mots,

des sauts en pointillés sur la ligne du matin.

Un manteau qui tiendrait au corps,

l'encre coulée dans nos yeux.


Il faudra écouter le silence,

une épure pour prévenir du froid.

Il y aurait du temps pour les saisons,

pour le fleuve, ici et là-bas,

un bras jusqu'à la mer

que nous sauverions.


Traverserait la pensée, quand parfois elle se vide.

 

"Dis, est-ce bien la route pour...?"

On ne sait pas finir.

 

Le sang cogne.

Mener une ligne de front rassure le sang.

 C'est une longue histoire qui commence,

recommence,

dans une écorchure de la peau,

ou

sous l'écorce d'un peuplier plié en deux.

 

"Dis, est-ce bien la route ...?"

 

Pour la peur que c'est parfois,

et la fièvre,

le monde tenu par des barreaux de chair,

un cercle tracé dans l'air,

avec un bout de bois. 

1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 19:46

 Une image déformée, par exemple de soi,

ou de l'autre, ailleurs,

un autre ailleurs, connu/inconnu,

façon d'enfouir les frontières, 26 juin 2012 BIBI

entre le réel et l'imaginaire,

le vrai et le virtuel,

façon de donner à percevoir ce qui justement n'est pas donné,

façon de percevoir une autre dimension du monde,

de s'échapper à soi-même  ... 

autrement,

et étonnamment de

prendre corps.

 

 

 

J'adore cette chanson d'Arthur H,

qui prend le temps de

l'anamorphose.

 


30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 17:00

C'est à Saint-Loubès. A la Chapelle expo-cousette--29-juin-2012-041.JPGSaint-loup rue du Prieuré.

Catherine Cousy expose son dernier travail, une série de toiles de lumières et d'ombres.

 

On ne sait pas ce qui se donne en premier, ni quel est le territoire que l'oeil aborde d'évidence.

expo-cousette--29-juin-2012-042.JPGSans doute est-ce parce qu'il n'y a jamais vraiment d'évidence et que les frontières sont toujours poreuses.

 

 

 

 

 

Sans doute est-ce aussi que les bleus dominants sont des passeurs entre la expo-cousette--29-juin-2012-027.JPGpureté du blanc et celle du noir, des révélateurs d'ombres et de lumières en somme, d'intensité égale, des symétries fausses et brossées.

 

expo-cousette--29-juin-2012-029.JPG

 

 

 

 

 

 

Sans doute faut-il regarder longtemps les toiles de Catherine Cousy et laisser se déplier notre imaginaire, tout doucement, sans rien brusquer des apparitions à naître de ces drôles de nuages, des lignes et des formes passantes.

 

On y verra alors forcément quelque chose, un visage, un regard, un fragment de paysage que sais-je, et chacun trouvera là, au coeur des toiles, une humeur suspendue, ou un "état", la lente évolution d'un vertige qui parle.

Nous sommes dans la durée de Catherine Cousy, pris dans les traces de son "Passage nuageux", un univers bien à elle et (au) singulier.

 

Je pourrais chercher des pairrainages à l'oeuvre de Catherine Cousy, mais je n'en ai pas envie. Son travail est bien à elle, depuis longtemps, poursuivant sa ligne de couleurs et d'émotions.

Je reconnais toujours la qualité du geste, son mouvement, une sorte de trajectoire qu'elle conduit pour nous amener à ce mystère, un lieu dont on ne sait rien, rien...  qui poursuit, et qui, étrangement, nous console.

 

 

 

 

Le vernissage a eu lieu hier en présence de monsieur Pierre Durand, Maire de Saint-Loubès, de Siona Brotman, commissaire d'exposition, de Elizabeth Berrebi, directrice des services culturels, et de Joris Dijkmeijer, sculpteur invité de Catherine Cousy.

L'exposition est visible jusqu'au 6 juillet.

28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 21:36

photo-hopper.jpgLes fenêtres sont des cadres fixes. Les fenêtres me font toujours penser aux tableaux de Hopper. A l'intérieur du cadre, tout est donné. Se joue une immobilité du mouvement. imageshopper.jpg

Des instantanés dans lesquels Edward Hopper peint la vie quotidienne des petites gens :   scènes de bar, devant une station essence, dans un pub. On se croirait au cinéma.

BHJ-copie-1.jpgLes personnages du film sont tous un peu perdus, un rien nostalgiques, avec cet air de tenir à la main un verre de gin et de mélancolie. indexedward-hopper.jpgDe la solitude qui passe par les vitres, par les fenêtres, par l'encâblure des portes. Autant de lignes de fuite pour échapper à ce qui nous contient toujours. Seul l'esprit vagabonde.

Les étendues des Etats-Unis ont été si vastes pour le peintre ! La vie américaine lui paraissait terrible après les rues de Paris. Alors, dans sa peinture, il lui a fallu sans doute déposer ici et là des repères, des axes, des points de lumière où se tamisent les heures... imagesfenetres-a-nuit.jpg


Exposition présentée au Grand Palais du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013

18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 13:35

Une pluie d'images tout le temps, même quand on regarde la fenêtre aux ombres. filles-18-juin-2012.jpgPromener la main sur le ciel, seulement ça. Fermer un peu les yeux, s'endormir en soi, avec le bruissement fond sonore du monde. Les salles d'attente ont des impatiences dans les jambes.

Une femme avec deux enfants. Un bébé blond qui sourit tout le temps et gazouille.

Je me trouve seule à un moment. Chaises orange alignées contre le mur. Le fenêtre donne au ras de la rue. Une trouée de lumière on dirait. Je trouve que c'est beau. Le lieu étonnfilles 18 juin 2015amment paisible. Je prends mon camescope, je mets sur "on". Et soudain...

Une petite fille s'agenouille depuis l'extérieur, accroupie sur le trottoir. Elle m'aperçoit. Elle m'appelle.

- Hé madame, tu t'appelles comment ? 

Je lui réponds et lui demande son prénom à elle. Je vois bien qu'elle est contente. Puis sa joie se colorie d'une sorte de gravité étrange :            

- Dis, madame, tu crois en Dieu ? Et à Satan, t'y crois à Satan ?  Dieu est bon. Parce que si t'as mal à la jambe, tu vas à l'église et après t'as plus mal. ...

filles-18-juin-2014.jpg- Ah bon ?

Voilà, elle secoue la tête pour me confirmer son affirmation, sûre d'elle -même. Elle me sourit, me fait un baiser sur la vitre, puis un signe.Tout naturellement.

De la même façon qu'elle était apparue, elle se lève et je l'entends s'éloigner.Tout naturellement...

 

A y repenser, cet épisode  fait écho au sujet d'un des devoirs de philo donné aujourd'hui :

"Existe-t-il des désirs naturels ?"

Je vous laisse y songer. Vous pouvez, bien évidemment, laisser ici vos réflexions.

 

 

 

 

16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 01:32

Les plots de chantier sont des balises intéressantes. On ne sait pas vraiment comment naissent les idées. Une fulgurance, une plaisanterie sidérante, une idée qui a du sens... Voilà : lorsque je travaillais sur L'avenir dure longtemps avec François Mauget, j'avais glissé un spot sous un plot de chantier, et un rituel s'était mis en place, tout seul on aurait dit. Quand François arrivait, j'allumais le spot et le plot devenait luminescent, cela voulait dire : "Attention, travail en chantier !"   Faut dire que c'était un fichu travail et un foutu chantier. Donc c'était cohérent et le rituel me plaisait bien. Une balise vous voyez. Il repartait, j'éteignais le spot, et le truc en plastique redevenait bêtement truc en plastique rayé orange et blanc. Il abandonnait sa fonction signifiante du "Chantier à l'oeuvre".

Cette expérience de la présence du "Chantier"  (associée à d'autres expériences personnelles) a modifié plus en profondeur, et éclairé, pour une part, la perception de ma vie. Je pourrais sembler grandiloquente, pourtant il n'en est rien.

Je m'explique : deux autres plots m'ont été offerts. Ainsi, je peux réellement mettre en perspective des considérations objectives, concrêtes, et vivantes, telles que   penser que tout, absolument tout s'élabore toujours en chantier et à l'oeuvre m'est devenu une nécessaire évidence.

Ainsi dans le jardin, j'ai animé ces outils de compréhension : le "Chantier" figure à présent des êtres de pensées, des génies de la métaphorisation de la création et de la trituration de données jamais totalement définies : ainsi, Pablo Picasso cotoie la jeune fille à la perle qui fréquente l'homme invisible, chacun avec leur complexité et leurs questionnements légers et graves, de surface et de   profondeur ...de l'existentiel, le nôtre, le vôtre, le mien.

Prêtez alors l'oreille à leur silence troublant et bavard...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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