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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 17:17

C'est quand le monde fait peur.

On ne sait pas d'où vient le silence

passé entre les doigts et dessous.

Triturent grattent plient

chassent la poussière caressent

quand le monde fait peur

 chantonnent des mots de baudruche

pendent au bout des mains

quand le monde fait peur

 lâchent la nuit

agrandissent le jour.

 

- Si on poussait alors un cri, qui l'entendrait ?

 

Il ne meurt pas, le cri, je me disais,

il disparait seulement de la surface du ciel,

en s'attachant les yeux avec de la salive.

 

 

3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:35

 

giacometti_alesia.jpg

 Photo | Henri Cartier-Bresson 

 

 

 

Les mots ont toujours dépassé la porte.

Sans grenier

où puiser chacun de nos gestes.

 

Mains... sentir caresser mains voir

voir par la paume et par les doigts mains

dans la ruche mains dans le lit mains

la nuit mains coude omoplate et clacivule...

 

Une litanie pour la fraîcheur des balcons

baie ouverte

où j'entre.

 

Fleur d'épiderme à la tremblote 

dans les plis du corps

suspendue à des pensées sans borne d'arrivée.

Parce qu'on n'arrive jamais.

 

Je ne sais pas pourquoi

je presse le pas contre la brume.

Le chien de Giacometti pourrait naître là,

dans la marche,

surgi des plâtres sous la table.

 

 

 

 

29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:28

Japon, 1946, l'occupation américaine, les plaies de la guerre.mingarelli.jpg

 C'est l'histoire d'un homme qui a besoin de s'en sortir.

Dans le peu de la langue, dans l'essentiel des sensations et sans un mot de trop, Hubert Mingarelli raconte les rêves qui   hantent Hisao Kikuchi, la maladie de la soif, et la consolation. La consolation...

En pointillés : une feuille d'orme, un oeuf en jade dans une valise jaune, les lettres de Shigeko la femme aimée, une pierre sur laquelle ruisselle l'eau qui sauve, une chanson deTakeshi chuchotée tout bas, presqu'à l'oreille, parmi le bruit des pics,  des pelles et les soubresauts de la montagne qui explose dans la bataille de Peleliu, le filet de salive qui coule de la bouche d'un jeune garçon endormi, "il ne put en détacher son regard, et ressentit pour lui soudain et justement à cause de ce filet de salive, un drôle de sentiment, quelque chose qui lui faisait du bien et du mal", l'amitié entre les hommes, dans les interstices humains de  la fragilité, là où la solitude et de la peur se taisent.

C'est un livre sur la fraternité, plus grande que la vie-même, une offrande de la souffrance sans doute ! Elle se dit sans se dire. Un trou dans un mur par lequel  le ciel pleut.

On court avec Hisao, on est silencieux avec Hisao,  apeurés avec Hisao, désemparés avec Hisao, espérant quelque chose avec Hisao, une providence, une chance venue on ne sait d'où. Peut-être.

Quand tout est cassé, se reconstruire devient le seul recours possible de la vie. Une nécessité informulée qui contemple la soif. Une eau  qui étancherait, un moment, toutes les voix du malheur. Infiniment.

 

 

 

28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 13:08

 

Pour ne pas oublier que ça a existé un jour.


La revue "Microbes" n° 84 vient de paraître et m'accueille, ainsi que Fabien Sanchez  Raphaëlle Blomberg, Massimo Bortolini, Pierre Castermans, Jehanne de Champvallon, Suzy Cohen, Pierre Desagre, Jean-Philippe Goosens, Véronique Janzyk, Jean-Louis Massot, Paul Poule, Jean-Philippe Querton, Thierry Roquet, Evelyne Roumier et Fabien Sanchez. 

Les illustrations sont de Tri Vero.

revue-Microbes-n-84.jpg
Mille mercis à Paul Guiot et Thierry Roquet

 

23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 14:22

 

Tu passes ta main dans tes cheveux.

Je te regarde.

Et puis je regarde ta main.

Et puis je regarde ton geste.

Ce dessin de l'air au-dessus de ta tête.

Rafraichissant quand il fait très chaud comme ces jours derniers.

J'essaie de m'en souvenir tout le temps,

de ces quelques minutes de caresse.

 

17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 16:00

Presque rien - une photo de ci de là - un oubli de la conscience -une délibération de la conscience - réfléchie sans point -  posée là -  déchirée

 

Presque rien - des mots posés/ pas écrits, pensés à l'être -  ceux qu'on voudrait dire, vraiment dire -  abandonnés - les hommes abandonnent toujours tout - trop fatigants

 

Presque rien - on y pense - on y  a pensé - on y pensera - plus tard - à l'heure d'été - mes mots sont dans l'eau

 

Presque rien - limite  - des points très loin - tu ne peux pas imaginer - faudrait s'asseoir, au moins s'asseoir

 

Presque rien - tu imagines en te forçant - un visage - une bouche - des mains

 

Presque rien - photo pochée dans un cadre en bois - un sourire dedans - un coeur  inférieur +3 - un mot que le dessin chuchote  - peut-être - je ne sais pas

 

Des hortensias dans un seau - ce qui est là - sous la main - on croit que moins vite ils passeront l'arme à gauche - tu n'aimes pas les armes

 

Presque rien - bonjour bonsoir -  il dit allez, je file !  -  tu crois aux mailles des mots - tu te manges les ongles - ton bas a filé -  toujours une paire dans ton sac -  tu t'accroches au monde

 

 2012-05-0999.JPG

 

17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 01:59

12 juin 2014.


Extrait de la conférence donnée à l'Athénée municipale de Bordeaux

par Brigitte Axelrad, (Professeur honoraire de philosophie et de psychosociologie)


Brigitte Axelrad nous parle des faux souvenirs induits, et des manipulations de la mémoire par des thérapies de la mémoire retrouvée.
Elle évoque les travaux d'Elisabeth Loftus, la spécialiste américaine de la mémoire et des vrais/faux souvenirs.

Le souvenir est toujours une construction. Parce qu'il n'est pas l'événement-même. 

Brigitte Axelrad a étudié un fait de société répandu, mais dont on parle peu : l'accusation d'un parent ou d'un proche pour abus sexuel, 20 ou 30 ans après les faits supposés s'être produits. Vrai ? Faux ? Les Thérapies de la Mémoire Retrouvée (TMR) retrouvent toujours, elles sont faites pour ça !

 

Est-ce que je me souviens vraiment de ma chute de vélo à cinq ans ? Ou bien est-ce le récit  qu'on m'en aura fait qui aura construit le souvenir du vélo et de la chute ?

Si, à présent, dans cette même phrase, je remplaçais chute de vélo par abus sexuel commis par mon grand-père.... Alors tout, pour toute une famille, et chacun de ses membres, devient saccage, confusion, et  plaies vives. 

 "Un faux souvenir aura la même charge émotionnelle qu'un vrai", nous dit Brigitte Axelrad. C'est le début de la douleur. 

 

 

 

 


 

14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 11:27

Elle sursaute au moindre bruit,

une feuille qui tombe du laurier rose, jaune,

un pétale évanoui, d'un rouge pourpre suranné,

ou un éclat de bouche mûre,

à embrasser terriblement,

sans préambule,

sans question,

sans rien de superflu.

 

Un éclat de bouche

emporté avec elle,

dans cette rue, je me souviens, sortie éclairer le ciel,

venue de je ne sais quel quartier de lune éclairer une voix.

"Viens, 

viens, mon amour !

dans mes mains qui ne dorment pas." 

 
 NUIT-16-Juillet-2014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis quoi, je remets cette vidéo,

j'aime trop la musique ce soir. Je ne sais toujours pas ce que c'est, elle passait à la radio alors que je filmais.

 

 

 

11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 11:17

 

"Ton visage est d'une incroyable mobilité",

il disait.

Ces mots ressemblaient au chagrin.

 

"C'est le changement qui est la permanence suprême ?"

je demandais.

 

 

 

 

 

 

 

 

7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 02:00

A se donner le sens perdu du monde,

on ne meurt pas.

 

 

Des gestes attrapés 

dans des mailles de langue

filées du jour,

collantes, larges, béantes.

Des pattes de mouche en fumée

aux figures de bouche,

corps caléîdoscopes,

et le monde autrement.

 

L'amour est une pincée de rêve

otée d'un nuage.

Ou bien est-ce l'inverse.

 

A se donner le sens perdu du monde,

on ne meurt pas.

 

pz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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