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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 02:19

J'ai toujours été fascinée par le désert. On y inscrit ce qu'on veut,  dans cette marge de l'univers, logée aux confins des terres ou tout au fond de soi, dans l'invisible et sa soufflerie interne,  son lieu à soi.

"L'inexpugnable", dit Robert Misrahi.

"De ce côté-ci, dès lors, l'inexpugnable est ce pour quoi il se donne : le désert exigu, mais hors d'atteinte, parce qu'il oppose à la palpitation mortelle du non-être la seule défense qui soit suprême : le vide.

Mais ce vide, opposé à l'agression, se tourne de l'autre côté vers l'inexpugnable comme figure de roc : un être, sinon l'être."

 

Dehors, dans le jardin, il y a les loupiotes qui scintillent. Et à l'intérieur, il peut bien y en avoir quelques autres aussi. Peut-être. Ca dure le temps que ça dure, c'est toujours ça, et ça, allez savoir de quoi c'est fait, vous ! comment ça marche/marche pas, on et off, faudrait une notice.

Y'a les loupiotes dans le jardin,

une énergie solaire pas terrible,

juste un rayon sur la terre

et pas plus.

 

30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 13:17

Forme de pensée,

liberté de la pensée défaite de culpabilité ?,

mauvaise compagnie et mauvais exemple,

cohérence de la pensée, donc incohérence de la pensée,

tranche dans le pain vif,

ivresse de l'ivraie... Faudrait pouvoir commencer...

S'éterniser tout seul avec de pauvres mots, les sortir de leur enveloppe et recommencer quand même ce qu on peut. Commencer.

Rodéo. Se balader et passer, faire juste ça.

Aller voir le mascaret, une vague haute comme tout. SalvatierraPedroMairal.jpg

Faudrait voir.

Une terre sauve. "Salva tierra", 

Avec des poissons, des peintures obstinées.

quelque chose du silence

des gravillons sous des traverses

le tout relié à tout,

des bouts de bois où la vie s'enroule.

D'immenses rouleaux, une toile sur des kilomètres,

des kilomètres de vie,

un long fleuve,

le mascaret, un estuaire,

et la mer au bout du tunnel et des figures.

La mer.

27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:29

Une boîte à musique, sans confettis dedans

sans danseuse qui tourne sous le couvercle.

Il n'y a pas de couvercle.     

 

J'ai un temps de retard.

Temps plein / temps mort

la pluie chassée d'un coup que sentait la terre

et qu'elle aimait ça sur toute sa figure à s'en prendre plein

de vent au poing levé

ciel debout tout cassé

les godasses

dans une flaque 

creusée

au talon de l'aiguille 

 

 
25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 17:54

 "Il n'y a pas d'argument qui n'ait son contraire."  dit  Montaigne, et il a raison.

Cependant, on peut réfléchir à cela. On peut. C'est un bon sujet, je trouve. Qu'est-ce que cela veut dire, au juste... On affirme une chose, et on argumente. On peut aussi affirmer son contraire et l'argumenter également. On dira que c'est une affaire de point de vue, de sensibilité, de perception personnelle. 

Ce qui pose question, c'est le glissement initié d'un point de vue à un autre point de vue. Le paysage change tout à coup. Le paysage qui change parce qu'on choisit de le faire changer ?

Dire par exemple : "J'aime lire, parce qu'on m'a donné le goût de la lecture."peut s'entendre au même titre que : "J'aime lire, parce que j'ai appris tout seul et que ça été pour moi un moyen d'être reconnu."

Là, on est en plein affectif et personne ne peut contester une raison donnée par quelqu'un engagé dans sa réponse.

Mais n'y a-t-il pas des commodités d'arguments qui, mêlant l'envers et l'endroit, le blanc avec le noir, le oui avec le non, ne feraient jamais aucune différence entre rien, ne verraient donc jamais rien non plus. Tout serait finalement pareil et uniforme. Je me demandais si ce n'était pas là, une façon d'être plus lucide ou plus désespéré...  Comme dire en quelque sorte : Tout peut s'abstraire et moi aussi. Rien ne sert à rien, moi itou, rien n'est utile à rien, et moi non plus.  Les gens ordinaires disent : "rien n'engage à rien".

C'est ainsi qu'on se protège le mieux sans doute.  En cela qu'on se tient à l'abri avec des réponses interchangeables, des arguments si lisses qu'on glisse dessus sans n'en rien retenir vraiment, sans qu'ils aient quelque importance que ce soit.  Si tout et son contraire pouvait être énoncé presque dans le même temps,  ce ne serait peut-être pas l'expression d'une liberté, mais un agencement de commodités, histoire de tenir un cap, une route, un Nord, sans accroche, finalement,  sans encombrement, presque sans souvenirs, ou si vite zippés, zip ! 

Commode, juste commode, de pouvoir revenir sur tout, et s'en revenir de tout peut-être alors aussi, dans une vaste confusion du laid et du beau,  tout l'un, tout l'autre, et  sans s'égratigner soi-même ?

Ainsi qui nous sommes, ne se verrait jamais.

Rien, pas même une fleur à la boutonnière, ou comme un bijou à la main...

Pour tout avouer, je n'aime pas cette assertion que Montaigne aurait dû compléter par : "Pour sa sensible et libre nature".

 

 

 

 

24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 20:47

Il est des livres sans tenue, qui s'échappent tout seul et, sans doute, n'a-t-on pas besoin de les retenir en nous.hjk

 

Celui-ci est tout différent. Il convie des écrivains  qui me sont compagnons (Simone Weil et Pessoa par exemple), des souvenirs, du présent creusé, atterré, désastreux et bouleversé, puis ce qui, au fond de nous, sommeille, s'éteint parfois, pour revenir en veilleur, en éveilleur.

Eveilleur. Et c'est l'intensité de la vie qui gicle par saccades, et qui griffe cette vie que la vie-même sait si bien étouffer.

J'ai pensé à cette façon de tricoter le monde pour le faire parler, dans l'appui des regards et l'ampleur de quelques silences, dans ce qui reflue vers nous, des tristesses immenses, des désirs intenables, puissants et par lesquels il est bon de se laisser, de se laisser mordre, de parfaits "démineurs d'angoisse", c'est selon. Qui deviennent cela, ensuite. Hier, je disais la phisophie transportable, ici, elle est portative, c'est mieux portative, c'est moins lourd, c'est toujours dans un coin, avec soi, sa tête, son sac, sa poche.

Triste livre aussi, à tant remuer ce qui nous replie au coeur de nous-mêmes, les petites vilainies des uns, les pauvres mots des autres et ce qui touche, quand c'est touchant et qu'on est fait de chair, de peau qui réclame son dû.

Alors, il y a cette lenteur de l'esprit  à prendre la mesure de ce qui arrive, cette violence,  réactive à la lenteur qui vient, avec un souffle à l'arraché sur lequel ii faut bien se concentrer. S'attarder... Oui s'attarder.  Respirer comment ? Respirer quoi ?

On échange des prénoms, en embarque, on s'en va,  sous un porche en ogive et  l'arc d'une silhouette y demeure, tout à la fois perdue et tenace.

Marie Dider parle de ce film que je n'ai pas vu ,"La religieuse portugaise" d'Eugène Green ; alors je suis allée rechercher la musique de Camané qui porte   des êtres qui se parlent, se regardent et s'écoutent. C'est lent et irréel, autant que la vie peut l'être en juillet.

 

24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 14:59

Voilà qui me plait : la nécessité de la connaissance, pour chacun, celle des arts, de la littérature, de la poésie, de la musique, ... et de la philosophie.

C'est dès la petite école que la philosophie devrait avoir sa place. Un apprentissage du questionnement.   Il est absurde de considérer que les enfants ne savent rien, ne se doutent de rien, ne voient rien. Il est aussi absurde de les laisser seuls avec leurs perceptions et les interprétations de celles-ci, que l'imaginaire, lui, ne manquera pas de tricoter, au rique d'élaborer d'inutiles névroses. Avec eux, interroger le monde. 

Interroger le monde, et soi,

soi dans le monde, et le monde en nous.

Le monde en nous, c'est vite la pagaille. 

Nous, soi, dans le monde, c'est une marge dans laquelle on griffonne ses pattes de mouche, ses troubles, ses peines, ses fatigues. 

Et aujourd'hui c'est une longue fatigue qui me tient...

La philosophie oui, oui, bien sûr...

Mais pas que de la théorie, hein ?

Pour la vie, 

et rien que la vie,

 

La philosophie doit être transportable,

sinon ce serait juste des mots

et pas de parapet à tenir.

 

 

 

Merci à Robert Misrahi ! 

 

 

 

 

23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 03:15

 

"Dis-leur qu'un beau jardin n'a pas besoin de lune

Qu'un désordre savant n'arrange pas ton dû

Parle-leur de la route ancienne et des fortunes

Qui coulent dans ta moelle au petit jour têtu"

 

Tout tient dans le derniers vers. Non, passe la gomme ! On enlève  Qui coulent dans ta moêlle, et on garde seulement le reste . Oui, c'est ça, toute la force du poème se tient là : "au petit jour têtu".  

Ca n'a l'air de rien, "au petit jour têtu", de rien du tout. Mais tout repose à l'intérieur de ces mots-là. Pas n'importe quand, pas n'importe comment, le jour.  On ne pourra jamais le confonde avec un autre : il est indéfini et défini tout en même temps, vous comprenez, c'est de cette singularité et de là, d'ici, "au petit jour têtu", que l'imaginaire peut être convoqué... Dans ce petit jour têtu, c'est Léo Ferré qui écrit, sans musique sur ce texte, ou bien je n'en connais pas.       

Alors le silence. Ou bien alors un "truc" en décalé, complètement décalé et plus du tout repérable, sauf par quelques vieux grigous qui se souviennent  ( en âge de se rappeler, en somme !)  Parce que tout à l'heure, je me suis achetée un foulard. J'adore ça, j'en ai des tonnes pour mon cou. Je ne sais pas résister au charme des voiles. J'ai toujours pris cet accessoire très au sérieux : c'est une légèreté avec soi ; une légèreté pour apprivoiser la légèreté, peut-être, quand chacun de nous est tant rivé à ses lourdeurs. Crochetés à la terre qu'on est tous, tac !

 

 

22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 04:23

 Le corps connaît ses limites, pas nous. L'excès arrive, on ne s'y attend pas. On savait puis on a oublié le moment venu. On mange trop, on boit trop... mais on n'aime pas trop.

D'où le soupir.

Le soupir ce serait donc le coeur. C'est une histoire de coeur. De muscle et d'émotion.

Le soupirant soupire pour sa belle (même si elle est moche, il soupire !)

Il est dans une tension. Le fil électrifié de la tension amoureuse. On prend le jus sans se rendre compte de rien. A l'école, on apprend que les sens sont trompeurs. Se méfier alors des belles ...et même des moches. Foutue morale de la méfiance !

Il soupire donc, l'amoureux. D'aise ? Pas si sûr. En tout cas il soupire.

Alors, voir un autre sens du mot : "le soupir de pas d'aise".

J'en connais, moi, qui soupirent longuement et ça a l'air d'être douloureux, à entendre ce ronronnement de pas d'aise, et le soulèvement de poitrine que c'est. Une histoire de muscle et d'émotion. Un état émotionnel bousculé. Le muscle respiratoire tire sur les poumons, le diaphragme s'étire, et l'air remplit un espace libéré plus largement. La respiration est forcée en quelque sorte, juste pour que l'oxygène appelé en urgence entre dans la cage thoracique, pour  cette détente que le corps se cherche et se procure instinctivement. 

Je souffre, je soupire. Je soupire donc je souffre ? Pas certain non plus. Degré de la souffrance à définir, âge et qualité de la souffrance aussi, à définir.

Reprenons : le soupirant souffre pour sa belle (même moche !) et soupire d'aise, un aise qui n'en est pas un, puisqu'il est dans le bousculement des sens qui veulent respirer. A croire que c'est pour ça que les fenêtres ont tellement d'importance  dans le romanesque amoureux. On guette à la fenêtre, on chante sous la fenêtre, on y accroche un mouchoir... On signe le soupir en quelque sorte, et tout à la fois, le soupir se signe, à tomber à genoux comme en prière.

Je soupire, donc je respire, ça c' est indéniable. Donc, je vis, doSEDnc je souffre, donc je soupire, je soupire d'aise, et de pas d'aise, à l'excès et  par peur : de ne pas être aimé, pas assez aimé, de me tromper, d'être trompé, de l'étroit dans mon coeur, des maudits mots dits, pas dits, mal dits, des départs, des arrivées, des retours, des non-retours, des illusions, gagnées ?  perdues, des ratages, des arcs-en-ciel, des comètes, des queues de comète, des fleurs coupées, de la pluie sur la mer, du chocolat à cracher, et de l'air qui manque, 

et de tout ce qui manque, 

...d'amour, de vie, de chant, de vérité, de signe, de mouchoir à la fenêtre, d'air, de respiration, de protection, de liberté, de paix, de bras autour des épaules, de nuits sereines, douces et de lune pleine, à la belle étoile, à la bonne étoile, à la polaire, à celle du Berger,

alors, parfois, c'est elle, l'étoile qui prend le relai, qui en a marre, et vaincue, écroulée, tombée par terre, c'est elle qui soupire, et pire...

Dès lors plus rien ne va plus, parce que l'étoile, elle, elle est bien obligée de tenir au ciel. Si elle n'existait plus, l'étoile, l'inaccessible étoile, on ferait quoi ? L'étoile est faite pour être inaccessible, c'est ça le désir, non ?   Alors on soupire on soupire on soupire on ... 

"Dis, je peux regarder dans le caléïdoscope pour voir le monde autrement ?" Je disais aux enfants que le monde a tout un tas de facettes différentes et qu'ils pouvaient les voir, qu'ils pouvaient, quand ils le souhaitaient ou quand ça n'allait pas bien en eux, mettre leur oeil sur la lorgnette, et que tout changeait toujours si on le voulait bien, que finalement on s'en foutait du monde, qu'il pouvait bien être ce qu'il veut, le monde, et que, même s'il était moche, c'était ce qu'on en faisait qui importait toujours. Je ne racontais pas d'histoire, je voulais simplement que soit symbolisée notre capacité à voir des beautés, malgré tout. Malgré tout...

 
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 05:49

Les comédiens, Marie Pustetto et Christian Sébille, sont magnifiques, comme la musique originale de Fabrice Bernard et la mise en scène de Marie Pustetto. J'ai posé mon camescope qui a filmé tout seul.

 C'était le 19 juillet à Savignac.

 

 

Il s'est passé quelque chose.

On ne sait pas quoi.

D'abord on ne sait pas.

On sent bien que quelque chose a lieu.

Ici. On ne fait pas de bruit. 

 

On entre dans la pièce.

On regarde, on écoute, on sent l'air...

Tous les sens sont en éveil.

Ce sont les premières images sous les yeux qui sont les plus impressionnantes, parfois !

On ne s'en décroche pas les yeux si facilement.

On cueille l'essentiel, laissé là.

 Et  ça bouge et ça remue dedans,

en-dedans. 

 

 

19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:57

Fou comme l'état varie, (avarie, nom féminin), dans la vie et au théâtre, le théâtre de la vie, des planches de bois, une scène, pas bon ménage parfois,

on ne veut pas être vu, et on se cache pour se montrer,

on pleure en douce au théâtre, quelquefois doucement,

on rit et c'est du tout pareil aussi quand c'est dedans que ça se passe.

Fou comme on sait bien ça, l'état intérieur, (sa "nature profonde" ?) qui inonde les bras, les paupières, et tout le corps.

Folle, la lumière iradiante des êtres, de certains albert-camus-noces-2.jpgêtres ! et puis les doigts qui pétrissent le crâne, les tempes amollies...

On est spectateur de soi-même, assis n'importe où finalement, dans la lenteur de son spectacle ordinaire, à guichet fermé. Ecouter une émission de radio. Camus qui se défend des invectives dont on l'abîmait et qui le meurtrissaient beaucoup. J'ai oublié pourquoi on reparle de Camus, un livre  sur lui peut-être qui paraît, allez savoir ! Fou comme Camus nous remue ! Un discours qui revient, et sa voix et ses mots, toujours frissonnants d'une "conscience éclairée".

On sent bien ça, les étapes qui glissent sur la peau,  la foulure que c'est là, comme au pivot d'un fauteuil qui pourrait ne plus tourner... On se dit qu'il ne craint rien, ce fauteuil, qu'il tournera bien après soi, mais on s'inquiète quand même tout d'un coup, pour le fauteuil...

Et puis on pense aux coussins des jours, monday,... sunday, monday, etc... "Et la vie, et la peine, et la mort"... Il chante, il est 14h20 à la montre, dans un film, "par-delà le chemin qui...", Le lys d'or est sur la table, il dort dans une ombre...

 

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