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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 17:26

Dans le passage, carrefour des éclats.

Un écho puis un autre, montant en pleine gorge à noeuds

et s'arrêtant là, les éblouis de nulle part.

Etoiles tombées à la verticale sur le toit d'une bagnole.

Les feuilles craquent sous la langue.

Les bras se déplient.

Tiennent pas ensemble.

Tiennent rien.

Sont des puits.

 

 

 

 

Enfant.JPG

 

 

 

25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 13:33

                                             "Que tu sois là, ou non,

                        l'heure est venue de rendre hommage à la nuit pure."

 

 

"Parfois le temps s'arrondit

comme une clairière dans le demi-jour.

Toute cette lenteur vous caresse,

endort toute inquiétude,

alors que vous êtes perdus.

Il n'y a plus de chemin."

 

Le théâtre des Tafurs a mis en voix Jean-Claude Pirotte qui s'était décommandé à la dernière minute, il était déjà très malade. C'était là le 26 mars 2010. Je faisais mes premiers essais en vidéo. C'est tâtonnant, et très imparfait. Mais à revoir ces images, une émotion me prend, et, au creux de la voix des comédiens et dans mes trébuchements, le texte de Pirotte resplendit, s'impose et resplendit de mélancolie et de nuit. 

 

Jean-Claude Pirotte est né à Namur. D'abord avocat, il est rayé du barreau, accusé à tort d'avoir facilité l'évasion d'un de ses clients. Il a ainsi vécu clandestinement en France pendant six ans. Il a écrit. Une cinquantaine de livres, romans, livres d'artiste et recueils de poésie, de nombreux prix littéraires dont le prix Marguerite Duras et celui des Deux Magots. Mais il était d'un ailleurs, en allé depuis longtemps, traqué par sa mémoire d'enfance triste et une sorte de dépression de vivre qu'il presse et compresse dans ses mains en aimant vaille que vaille ces récits incertains. Ecrire la nuit, les clopes, le vin, les femmes, les matins fatigués, et l'aburde des hommes, la liberté à être ce peu que nous sommes tous.
 

 

 

 

23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 09:46

                               "Je ne dirai presque rien.

                      Je cherche la pauvreté dans le langage.

                                Le monde est une forêt."

 

 

 

 

Tout ce que j'entends et lis sur ce film me plait infiniment : images et voix, la poésie dedans, la solitude et l'amour, le déchirement des êtres, la perdition et l'humilité, le scandale de la vie oubliée ? Peut-être.

Une mélancolie de l'adieu au cinéma ?  Godard ne montera aucune marche. Comme une grande lassitude et un désir de repli d'un monde en excès de tout.  

Je te donne trois dimensions, et ainsi tu en chercheras une autre, tu verras l'autre côté des couleurs.

Tu approcheras peut-être...

Je me tais.

 

 

22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 23:04

Ecrire sur des bouts de ciels et les mettre dans une enveloppe,

des mots sans apprêt balancés de l'immense,

qui ne diraient rien du tout à personne,

sans destinataire vraiment,

des mots à la mer,

juste dans la profondeur de l'idée sur le champ.

 

 

 

ciel-ou-mer.jpg

13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 13:58

 

                                         Nos mots dans d'autres pas 

                                   une marche lente qui ne s'efface pas

                                                     n'oublie pas

                                        ce qui n'a pas encore eu lieu         

 

 

 

La-fille-au-ballon-bleu-13-mai-2015-010.JPG

 

 

 

 

".... Après avoir traversé un petit bois, elle aperçut, au bout d'une allée, dans l'endroit el plus reculé du jardin.... un homme.... qui paraissait enseveli dans une rêverie profonde, et elle reconnut M. de Nemours.

Cette vue l'arrêta tout court."

13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 02:23

 

pz

 

 

Peau : vêtement caressant, rugueux aux coudes

 Tu la ponces, arraches la douceur.

Un jour, ton suaire sur mesure.

 

Silence de ta peau, sauf dessous

dans les nerfs en bouillons de sang.

 

Peau attend la relève

retient, retient pas

un foulard par terre

tu la ramasses.

 

                                          

 Peau agrandie, bords étirés

un trait

une ligne,

parfois une frontière.

 

 

Peau : froid pull et sous pull

fait pas un pas de plus

trébuche sur les pavés

dans une mare

dans un lit

voudrait rester là.

 

Peau : abri de fortune informe

 qui suffit

c'est petit

on est chez soi.

 

 

Peau : mauvaise tête

Peau  :  chassée d'un revers du regard

pour toute la nuit

et les jours qui suivent.

 

 

  

 Peau :  audacieuse à l'étroit de sa peau offerte

 cheveux lâchés donnés , prends !

 

 Peau volontaire livrée délirée

"Comment c'est possible toute cette dinguerie ?"

 

 

Peau,

appeau,

on entend quelque part

un oiseau.

Où est-on dans son chant ?

 

Peau : ajoutée d'une autre peau. 

Peau : ta peau et la mienne;

Peau :  désir vertige peur secret fragile

Peau : sexe langue bouche tumulte désir  

 

 

Peaux  : en même temps, lui et elle.

Peaux ouvertes  sueurs   suppliques   baisers.

Peau à peau, le monde évanoui.

 

 

11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 00:06

 

Tu rêvais comme une gamine

 un magnolia ouvert sur l'étendue d'un mot

 la nuit violette vers le matin

 tout enroulé d'un corps infini et ignorant tout

 d'une ombre une larme de clarté quelque part

 consume encore mes yeux

 

 

 

 


9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 22:27

link

Pour que ça ne s'égare pas dans les limbes du net, je consigne ici.

  PE-21---Image-Couv.JPG

La belle revue "Paysages écrits" accueille quelques-uns de mes textes p56-59,  accompagnés d'une interview sur mon premier recueil publié, p213-214.


L'enquête recueille aussi la parole de beaucoup de gens talentueux.
Dans ce numéro 21, des textes également de Anna de Sandre, Astrid Waliszek, Cécile Guivarch, etc... et une note de lecture sur Battre le corps de Dominique Boudou.
L'illustration de couverture est de Caroline François-Rubino.

Merci mille fois au beau travail et à la sympathie de Sanda Voïca.


https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/

 

  PE-21---Image-Sommaire-2.JPGPE-21---Image-Sommaire-1.JPG

 link

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PE-21---Image-Sommaire-3.JPG

 

  http://www.calameo.com/read/001677772ae665d591a66

   http://www.calameo.com/read/001677772ae665d591a66

 

9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 02:20

Corinne et thierry 22 au 27 février 2013 047-copie-1

On entre dans Battre le corps sur la pointe des pieds.                                    On le sait tout de suite : les mots ont leurs effrois, leurs déchirements, des peurs. On saura aussi leurs bienveillances extrêmes, dans une nacre très fragile. Le corps diaphane  devient terre de lecture. 

Dominique Boudou  regarde, écoute, éprouve, questionne la langue pour y dénicher les paroles suffoquées qui diraient peut-être le mystère  de ton corps pour apprivoiser la peau du lait.

Il écrit la chair de l'amour avec les yeux qui rongent.

On reste alors, dans le recueil, sur un seuil de tension, entre la présence bruyante du pain, de l'oiseau, de la peau, de l'amour, et  le vertige de sa disparition, entre ce qui peut s'envisager de dire et l'impossibilité de toute justesse.

La suffocation, seulement la suffocation dépliée comme un drap.     Dominique Boudou n'en finit pas  d'y enfouir ses mains.                               Pour retenir la vie



Dans l'ignorance du chemin battre le corps

Sur ta peau 

Tes os

Tes mots

Etayer les parenthèses

Où ton rire va encore

Se prendre à d'autres rires

Quand ta mémoire saigne moins sur la neige

Devenir le forçat de ta survie

 

Il y a des beautés, des grâces, nichées tout au fond de la peur. Il y a une écriture pour dire le scandale d'un dénuement apeuré. Les mots pauvres (comme d'autres poèmes qu'il nomme ainsi) s'impriment au trébuchet de la vie, fragile on sait bien. Un battement d'aile ferait s'envoler des nuées de papillons.

 
8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 03:00

100 4466

 

Je te dirai

c'est une musique qui monte d'en-bas

on ne sait pas d'où

vraiment on ne sait pas

puis

 

des couloirs de promesses 

en haut de la colline

ce ciel

notre bruit qui sent le vent 

en écharpe qui traîne 

n'en finit pas de traîner ébloui tremblé

dans les vitrines

puis

 

déchirées raccommodées n'importe comment

les rues dévalant la mémoire de

mes yeux 

tes empreintes digitales

et l'océan là-haut

bouche ouverte...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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