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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 02:16



Tout à l'heure, je me souviens ce que j'ai dit, quelque chose comme ça : 
"Personne ici, en écrivant de la poésie, ne risque sa peau, ce n'est pas le cas partout ! Mais pourtant écrire de la poésie, c'est dire NON à la pensée apprise !"

Alors, je pense ce soir à ces poésies militantes, parce qu'elle l'est forcément, militante, la poésie, dans son existence même.
Le seul fait de son existence la range dans le hors champs, le hors tout, donc le hors loi, le hors règle, le hors norme.
Je ne parle pas de sa forme,(et encore faudrait voir à ne pas retomber sur les vieilles lunes formelles ! "Etonner mais pas choquer", qui disait ça d'ailleurs, hein ? Ah oui, je remets, alors...glissons, glissons, cela vaut mieux, ça agacerait mes nerfs fatigués, il est tard, il est tard !
"Pas choquer !", pour ça et ça, et pour ça encore ! Et pour la poésie aussi, on dira la même chose, certains diront toujours la même chose, pour quoi que ce soit, tout prêts qu'ils sont, droits dans leurs bottes, à tuer les germes des graines bien au fond dans la terre glaise, les équarrisseurs de toujours qui ont leur droit, toujours "le" droit, "le" juste, "le" vrai, "la" vérité, la leur toujours.
Ferré, le Léo, disait "que ce qui a de terrible avec la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres !"
Ben  oui, celle du plus fort, invariablement, de celui qui se croit le plus fort, qui impose sa loi sans rien devoir penser, jamais jamais rien remettre en cause, ou à une autre place, ou sous une autre lampe...)
Alors voilà, l'histoire d'un homme, d'hommes avec lui, de courage. Dans un pays où les mots signent acte de mort.
Où prendre la parole, où écrire est un risque.
La parole est souvent un risque.
Toujours.
Un engagement.
Toujours.
Et je plains celui qui ne prendrait  jamais parti, qui se boucherait les oreilles et les yeux "moi, je ne sais pas, moi, je ne vois pas, sourd et aveugle au monde, à la détresse du monde"... Y'en a tant eu qui s'en allèrent, qui ne demandaient que du feu... Dans des trains plombés, au bout de l'ombre, et dans le brouillard...
On ne peut pas ne pas savoir dire,
dire un peu...

Donc lui, Victor Jara, un poète, au côté de Pablo Neruda, un autre grand qui vient de recevoir le prix Nobel, défie les sbires de Pinochet, à la tête de l'armée chilienne depuis sa prise du pouvoir le 11 septembre 73 en éliminant Salvador Allende.
Il est arrêté le 12 septembre et conduit dans un stade, interrogé par les militaires.
Son engagement artistique et politique en a fait une cible de choix. Les militaires le torturent, lui brisent les doigts à coup de crosse de fusil, lui ordonnent de se remettre à chanter.
Il meurt à 41 ans le 16 septembre ainsi que les militants qui avaient repris son chant "Venceremos", Nous vaincrons.
Son corps martyrisé rejoindra celui de tous les anonymes massacrés durant cette répression sanglante.

2279 morts et disparus sous la dictature militaire.
Entre 73 et 90, sur 33 221 personnes arrêtées, 27 255 ont été reconnues victimes de prison politique et de torture par la commission sur la prison et la torture.
Certains n'avaient aucun passé militant.


Yo no canto por cantar
ni por tener buena voz


canto porque la guitarra
tiene sentido y razon,
tiene corazon de tierra
y alas de palomita,
es como el agua bendita
santigua glorias y penas,
aqui se encajo mi canto
como dijera Violeta
guitarra trabajadora
con olor a primavera.



Que no es guitarra de ricos
ni cosa que se parezca
mi canto es de los andamios
para alcanzar las estrellas,
que el canto tiene sentido
cuando palpita en las venas
del que morira cantando
las verdades verdaderas,
no las lisonjas fugaces
ni las famas extranjeras
sino el canto de una alondra
hasta el fondo de la tierra.



Ahi donde llega todo
y donde todo comienza
canto que ha sido valiente
siempre sera cancion nueva.

 

20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 21:05

100_4211.jpg


100 4227                               100_4250.jpg  Lectures de nos textes.
Quatre invitées, trois en réalité : moi, Maram al Masri, poète syrienne, et Ayten Mutlu , une poète turque. 
Des lectures ce matin à la bibliothèque de Cenon, et cet apres-midi, dans l'auditorium de la bibliothèque de Mériadeck.
Moi, là, sur la scène, une centaines de personnes, j'adore !
On me donne cette lumière et je la prends, 
sur les cordes du luth et le souffle du quatuor Tafta. 
Maram me plaît tout de suite. 
C'est réciproque, oui.
On échange nos livres, nos mails. 
"La nuit se sauve par la fenêtre" contre "Les âmes aux pieds nus", un livre de portraits de femmes blessées .
Belle écriture au ventre noué.  
Elle a publié chez Seghers : "Je te menace d'une colombe blanche".
La plante de son stylo s'irrigue de cette idée de liberté qui ne signifie pas toujours la même chose, d'un pays à l'autre, ici, et là.                                               

100_4250-copie-2.jpg                100_4251.jpg
Merci à l'association ALIFS et particulièrement à Wahid, et aux trois jolies et talentueuses Anne-Cécile, Emmanuelle et Camille qui ont magnifiquement servi la poésie tous ces jours.
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 19:52



100 3494Je lisais ce que Pascal disait sur la justice.
Une clairvoyance de philosophe, forcément.

"Plaisante justice qu'une rivière borne. Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà."

On se dit (mais de moins en moins !) que la justice est "juste".
Ah ! cette rigolade ! Pascal, déjà, tournait en dérision les prétentions au droit et à la justice des institutions.
Variation du droit selon les politiques, les époques et les pays.
La justice est dans son temps, faite toujours par les hommes, édictée par eux, selon les lois et les tensions d'un moment.
Celui-ci, innocent, aux Etats-Unis, sera condamné à mort et le même homme, innocent toujours,  ne le sera plus, because les tests ADN.
Puis, tantôt les lois se renforcent, tantôt elles deviennent plus clémentes, c'est selon...
Et on "croit" en la légitimité des lois et des pouvoirs.

J'entends cela à la télévision" La justice a fait son travail". Et on se débarrasse ainsi de tous les problèmes sociaux....
Et la justice des hommes, dans "sa puissance de l'imaginaire", les ligote parfois, et n'émancipe pas les consciences, ne les libère pas.

Quelle est la justice pour les exclus ?100 3817
Est-ce qu'il existerait un jugement absolu qui dirait que cet homme ne doit pas se trouver ici ?
Quelle légitimité aurait une institution pour énoncer qu'untel serait illégitime sur ce sol de France ?
Nous sommes dans une époque, dans un temps, dans la pratique d'une politique... et on accepte de penser d'un point de vue d'une connaissance, d'une raison, d'une morale etc...

Ne faudrait-il pas mieux penser du point de vue des exclus ?
Prendre celui-ci comme principe de connaissance d'une société ?

Zygmunt Bauman dit ceci :
"Si vous voulez calculer la acpacité de portage d'un pont, vous n'additionnez pas celle de tous les piliers pour diviser par leur nombre, vous ne tiendrez compte que de celle du pilier le plus faible. Eh bien ! il en va de même pour les sociétés. Vous ne pouvez mesurer le bien-être d'une société par celui qu'elle offre à une personne moyenne, mais au plus faible de ses membres. Sa qualité se décide par les conditions de sa partie la plus faible. On voit apparaître depuis quelque temps une tendance croissante à reclassifier le phénomène de pauvreté d'un problème social en une question d'ordre et de loi."

Et c'est toujours,
toujours la misère humaine qui se trouve sur le chemin.

9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:55




Est-ce que l'inspiration, c'est quand l'inconscient trouve ses mots ?

Je sais que la fatigue crée, ou semble créer, un état où l'esprit a des acuités singulières,
où il accède à une sorte de clarté supérieure,
à des finesses de la perception
par lesquelles
le visible devient invisible,
et inversement.

Le visible devient invisible et c'est ça qui m'intéresse, au fond.
Quel éclairage je vais porter au réel pour qu'il me parle ?
Qu'il ait un sens ?

Des petits cailloux blancs semés scintilleront dans le noir
et le chemin aura d'autres balises.
Qu'est-ce que je percevrai de l'épreuve ?
Quelle sera l' alchimie  de la conscience
dans cet écart entre le blanc et le noir,
entre ce que je vois et ce que j'entrevois
entre ce que je suis dehors et dedans.

Chacun a fait cette expérience,
celle de se rendre compte de ce qui,
de soi, 
ne se voit pas à l'extérieur,
et ce qu'il faut donner alors pour être "reconnu".
Etre sur le ring, entre les cordes.
Avoir peu
r.

Se rendre compte de la nécessité de s'écarter de soi
pour y revenir au plus près,
quand le plus juste des êtres est un impossible accostage.

La poésie pour cela : aborder aux terres des hommes,
une fissure dans tout ce qui "certain".

Mais qui donc disait cela que j'entends mieux à présent :
"Il y a du coupable dans tout être qui s'écarte."

Alors vous vous étonnerez peut-être du choix de la chanson, mais Lavilliers a écrit de superbes textes aux tripes,
parce que "ça" se tient au ventre, ce qui est dans la tête.

8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 21:02
100 3931   "Demandez l'impossible".
Toujours l'impossible.
La poésie ou le contraire de l'immobilisation dans une forme.
Rilke disait qu'elle était le lieu d'une expérience.
Demandez l'impossible
ou
l'expérience de notre propre rapport au monde,
une façon de le traverser dans une forte implication de soi.
Oui. Oui.
Ah ! lisez cette phrase de mon ami François, François Mauget, du théâtre des Tafurs dont je suis fière d'en être la présidente, ah, mais !
Quinze mille fois, je pourrais le citer et quinze mille fois, je le ferais.
Il dit
:
"Elle provoque un trouble incurable venant périodiquement bousculer l'ordonnance des choses et des êtres pour y chercher le remède impossible qu'on habille de nos pauvres mots : consolation, beauté, désir, espérance, liberté..."
 
J'aime bien ce "trouble incurable".
Ca me fait penser à irving dans "Le monde selon Garp" qui comparait l'écrivain à un médecin des incurables, à cause des personnages qui mourront ou non dans le livre, mais qui y sont condamnés puisque ce sont des personnages...
Et c'est à ceux-là qu'il convient de porter secours.
Alors, autant dire à tout le monde.
Oui, à tout le monde.

Alors demain, Demandez l'impossible portera ses premiers soins, de mots et de voix,
par ses gangs poétiques, et tac !
avant ses grandes intenventions spectacles,
ses mises en espace,
en voix et en musique, et tic !

A midi, demain. Bacalan. Rue Achard. Les commençants.
Pas peur, la poésie, même pas peur ! 
Aux arrêts de tram.
Pas peur, la poésie, même pas peur !
15h. La maison de retraire de Guyenne.
Non, pas peur la poésie, même pas peur, moi !

Et j'en serai de ce gang.
Venez, venez !

Parce que la poésie est affaire de tous,
parce qu'elle n'est pas incompréhensible,
mais seulement inexplicable.

Dans sa magie des mots.

4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 19:27

100_3938.jpg  Dire cette gratitude que je nourris pour le sensible de la vie...

Les mots y résonnent dans leur trébuchement, 
la parole se risquant à elle-même, 
une offrande, c'est pareil.

Il est là, 
Claude Bellan,
sans plus rien à prouver de son art,
éloigné d'une représentation de lui-même,

seulement
une audace émue
quand il la sait encore là,
adossée à Flaubert, à Cézanne, à Rembrandt,

une perception écorchée,
disponible à la lumière
qui peint des yeux
sur l'écorce des arbres.

"Ben oui, tu as raison, les arbres voient."

Claude Bellan expose ses toiles jusqu'au 2 avril
48 bis av de la Libération au Bouscat

100_3944.jpg
3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 12:55

"La question de l'autre"... (c'est pour faire intello, le titre de mon papier d'aujourd'hui, tu penses bien !)
Ben oui, quoi ! "La question de l'autre", tu te rends compte toi, de "ça" que ça veut dire ?
J'aurais pu y mettre une majuscule à l'Autre et la question contenue dans le O énorme, énorme, plus grand qu'une tour Eiffel, aurait "fait sens", tu peux pas savoir comme !
en quelque sorte, la question de la question de... l'autre.
La question, (tu la connais pas, la question)
de la question (que tu connais toujours pas !)
de l'autre... (que tu connais pas non plus !)
Alors, je te dis pas comme tu te prends la tête dans cet agir du problème qui "interroge"... la question.
Qui interroge ...la question de l'autre, évidemmment.
Et sans avoir, pour autant,  très très très bien cerné le sujet.
- Ah ? Ah bon ? Alors "l'autre", c'est le sujet... agissant, tu dis ?
- Oui, mais... agissant ...du problème qui interroge la question de l'autre.
- Ah bon ! Alors là, je dis "oui", tu vois, parce que, arrête !, tu m'as fait peur, je croyais que t'allais dire que...

STOP !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Bon, 100 3931
en tout cas,
mince alors !!!!
ma question d'hier reste sans réponse.

Personne ne saura dire ce qui cloche bien sur l'affiche ?
Ce qui, fastoche ! accroche  et triche ?
Ce qui écorche même pas L'oeil, mais se voit quand même (faut pas pousser) ?
Allez, chiche que tu trouves !
2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 15:02
100_3921.jpg Ah ! Bientôt, bientôt,
le PRINTEMPS DES POETES, en majuscules s'il vous plaît, nous donnera rendez-vous une fois encore, une année encore.

L'an prochain, on ne sait pas, on ne sait pas...
Mais cette année,
du 8 mars au 2 avril,
ce sera la piqûre de rappel de la poésie vivante.

"Ce sont de pauvres types
qui vivent de leur plume
ou qui ne vivent pas
ça dépend la saison."

Ca, c'était il y a quelque temps, les années 50, quand Léo Ferré chantait les poètes qui n'avaient pas les moyens de vivre.
Aujourd'hui, les poètes se débrouillent comme tout le monde,
l'écriture chevillée à la peau, mais c'est à la poésie qu'on en veut.
L'époque doit la trouver insupportable, allez savoir !100 3929

Et pourtant, elle est là, toujours là,
surgissant de tous les coins du monde qui se tord,
elle est là, indubitable,
in-du-bi-ta-ble, je vous dis,
contre la grippe des mots usés.

Cette année, les poètes viennent d'Irak (Salah al Hamdani),
du Luxembourg (Anise Koltz),
de Guadeloupe (Daniel Maximin)
et de France (Jean-Claude Pirotte, Sophie Loizeau).

Mais... attention ! 100 3931
Savez-vous à quoi on reconnait un lecteur de poésie ?
Un être de mots,
dans leur exigence,
leur beauté,
leur force,
et leur liberté ?
Regardez bien l'affiche,
là, juste sur votre droite,
et la soignant, votre droite,
vous saurez.

Dans l'item : "Lecture d'image",
Qui donc saura répondre à la question ci-dessus ?

Le "Printemps des Poètes", sur Bordeaux est sous l'égide du Théâtre des Tafurs, 9 rue des Capérans
les spectacles sont mis en scène 
avec "justesse" et talent par François Mauget.

Vous pouvez prendre des programmes
dans toutes les bibliothèques de la ville,
le trouver sur le net
www.demandezlimpossible.com







2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:43
Pour les "Croqueurs de mots" cette semaine, toujours une contrainte oulipienne à la façon de Raymond Queneau :

Utilisez les trois mots proposés dans une phrase pour en tirer une vérité générale. DSC_0047-1.JPG

Soit, faire 4 phrases avec :
hiver - émotion - inventer
amour - mouche - regarder
sortir - café - photo
victoire - finir - union

 Attention :
Je tiens à prévenir mes lecteurs, ceux des "Croqueurs de mots" tout particulièrement, que
ces quatre vérités concoctées pour eux, par moi,
sont à retenir toute séance tenante,
à apprendre par coeur,
et à réciter autant de fois que possible et sans modération,
pour une philosophie épicurienne de la vie.
(Sinon, ça va très très mal se passer entre nous !)


1)   L'émotion d'amour n'a jamais invité l'hiver sous sa couette.

2)   L'émotion d'amour n'a jamais regardé voler les mouches.

3)   L'émotion d'amour suivie d'un bon café n'est jamais sortie de la photo d'une mouche.

4)   L'émotion d'amour comme une victoire de la vie n'a jamais fini par l'union des mouches sous une couette.
28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:04



Gloire et connerie !

Comme je suis bronchiteuse depuis hier,
que l'infection fait un feu au coeur de mes petits poumons,
que je n'ai pas pas le front de réfléchir, seulement lourd qu'il est,
que j'ai la sensation  d'un "goaould" lové au fond de moi,
ses barrières/gates élévées sur mon étoile/star,
je fais, aujourd'hui, dans la facilité d'une vidéo.
François Morel des "Deschiens", j'aime bien,
avec son humour caustique, intelligent et bienvenu.

Puis, si on veut se protéger des bêtises,
de tous les équarisseurs, 
et "écraser l'infâme", (disait Voltaire, non, qui finissait toujours ses lettres par ses mots-là) 
y'a qu'à baisser son bonnet !

Oui, oui, ça a l'air de bien marcher,
et là, tout particulièrement, je pense à Claire.
Regardez !


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  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
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