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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 02:11

On lèvera la tête vers la toile

effilochée coin supérieur droit un accroc

pas vu tout de suite mais

là sidérée parce que là

les yeux fichés dans la coupure

on s'en fiche ! pourtant non 

on tire le fil on détire on ravage

et enfonce le vide la tache que c'est

sur la table

des gestes accoudés au secret

d'un regard  fermer les yeux

sur ce regard et ce qui cogne

quand la nuit au-travers des portes

personne ne saura

quand la nuit procession clignotements

saura pas  cette lumière amour  corps à genoux 

 qui tremblent  

quand la nuit boira la nuit

obstinée des images

l'une après l'autre sur l'autre

 à l'instant des naufrages n'importe où

nos yeux encore lus et relus

chuchotés longtemps

de mémoire  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 00:52

Lier les réels. Il y en a plusieurs. Selon qu'on se trouve.... selon qu'on...selon, c'est selon : la pluie, le froid, la chaufferette sur la terrasse d'un bar orientée ad hoc niveau des oreilles, le tabac qui se barre de la tige en papier de ta cigarette, la hauteur de voix, etc...le tout bouté sur l'humeur, l'état, la sensation d'être - aller en force ou en roue libre - attaché ou détaché (de soi), manière de dire qu'on s'en fout bien du fatras du monde ou non.

Il y a des événements, micro minuscules, plusieurs tous les jours, on n'y prête pas garde. L'empilement alourdit le sens. Parfois on en trouve un, clair, une évidence, "Fallait que ça arrive forcément, y'a pas de hasard !", le reste du temps, la vue intérieure bouchée, on encaisse l'extérieur, "Paf !" Des frottements à soi de bouts de monde, parmi eux, quelquefois, un étonnement, une sorte de sourire venu de loin, au fond de soi, on ne situe pas.


On sait alors seulement des conséquences :

Mardi.  Michèle, l'inconnue de la salle d'attente, est montée dans la voiture 

Aujourd'hui. Coup de téléphone inattendu wouh !

Aujourd'hui. Claire a posé délicatement un livre précieux de René Char sur la table, ses mains ont ressemblé à des papillons autour de son visage, les mots avaient une odeur de poire, jasmin, fleur d'héliotrope et cèdre. 

 


 

 

18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:51

Dans Terre à ciel et c'est tout cadeau pour moi. http://www.terreaciel.net/link

Le trajet d'une voix et Seulement la vie, tu sais

http://www.terreaciel.net/Brigitte-Giraud#.UrH0ReJdbktlink

 

Accueil > Un ange à notre table > Brigitte Giraud

Je consigne ici. Pour ne pas oublier.

http://www.terreaciel.net/Brigitte-Giraud#.UrH0ReJdbkt link

Extraits de Le trajet d’une voix


Dans la baraque, il y a un peu de lumière et c’est la fin du jour.
« On sauve quelque chose d’une âme ».

.......

 

 

Accueil > L’arbre à parole > Brigitte Giraud, extrait de Seulement la vie, tu sais   link

 

Extrait de Seulement la vie, tu sais, de Brigitte Giraud paru aux éditions Rafaël de Surtis

 

16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 01:07

 

         Je pense à tous ces gens cassés quand je brosse mes cheveux.

          Faudrait qu'il retrouve leur bercail, je me dis, alors ils se sauvent

                            et tombent par poignets dans des broussailles.

 

 

 

 

Par extension, allez savoir !

La théorie du ruissellement, dont parlait un écomiste anglais et libéral, serait de mener le mécanisme jusqu'à ce que des miettes de la richesse, par effet de capillarité, éclabousse les pauvres, qui pourraient ainsi, pensent-ils, se goinfrer des fruits blets du système, et permettre, tuant en eux toute révolte,  au dit-système de durer. L'effet de la théorie du ruissellement est la dévitalisation de l'indignation. L'explosion tient à un cheveu. Le cheveu tient encore, jusqu'à quand ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 22:53

Première scène  d'une pièce dramatique

exposition des personnages

l'avant discours à l'attention de l'attente.

 

Quoi ? Attendre du quoi ?

Quoi est un silence.

Vide ou plein ?

Un silence non mesurable, incertain.

 

-Tu vois ?

-Une bouche qui vrille le froid, une fumée s'échappe des lèvres. C'est tout. La clope est au bout des doigts, je ne la vois pas. Ni la cigarette, ni le café. La table, si. En bois avec un barreau sur les côtés. Pour tenir les côtés.

-Tu entends ?

-...Des voix. Venues de la bouche, des lèvres, du froid, de la fumée, de la cigarette, du barreau de la table. Je ferme les yeux. Je touche la table. Touche les voix, le silence et la bouche. Touche la bouche. Touche ! Bouche ! Doigts. Et les côtes de la cage de la bouche. Le silence de la bouche.  Touche !

 

 

Entrée sur le plateau.

 

 

 

 

 

 

1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 02:11

 

 

 

                 Quand les êtres sont détournés de leurs mousses rêveuses,

                                         ils parlent la langue de la bêche.  

27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 05:59
Irvin Yalom était psychiatre (professeur émérite à l’Université de Stanford)
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/2444474/irvin-yalom-le-jardin-d-epicure-regarder-le-soleil-en-face/#bfDJmYYOfFqZP8gU.99

irvin yalom

 

 "Le jardin d'Epicure"  regarder le soleil en face" (titre anglais du livre) de Irvin Yalom est un livre de circonstance, de toutes les circonstances. L'angoisse de mort est toujours présente, nichée au fond de nous, sans mot et à bas bruit, réveillée de temps à autre par des événements de vie, mêmes minuscules.

C'est un livre à la fois de "vulgarisation" et pour les "professionnels". Il s'adresse aux  thérapeutes et aux profanes, et il nous enjoint à entrer dans le sujet : non pas dans la mort, mais dans ce rapport compliqué qu'on entretient avec elle. Panique, terreur ou appel désespéré...

Le fait est que nous sommes encore vivants pour la penser. Nous trébuchons sur un caillou et notre pied souffre, mais, -et ce sera tout l'objet du livre-, si nous ne pouvons éviter le caillou, nous pouvons tenter de comprendre notre souffrance, et ainsi la rendre un peu moins vive. Peut-être. 

Il n'est nullement question de se leurrer d'une supposée disparition de toute angoisse, mais, au travers de récits de ses patients, (parfois prêts de mourir, mais parfois non), Irvin Yalom nous permet de mieux savoir la reconnaître, si la garce avait l'envie subite de se travestir. Sur quoi s'appuie l'angoisse de mort ? La perte d'un chat, le départ d'un fils dans une autre ville, la pluie d'un matin, un problème d'emploi, un conflit avec son voisin ou son chef de service, etc.  Il se peut que...

Heidegger, Schoppenhauer, Nietzsche, Epicure, Montaigne, Tolstoï, Dostoïevski  et quelques autres sont conviés à la table d'une sorte de réconciliation (impossible ?) avec la vie empêchée, trop empêchée parfois, par ce scandale qui nous perdra tous. Tous ces philosophes, penseurs, écrivains aident, dans cet aujourd'hui et maintenant, dans nos expériences révélatrices à consumer la vie, la liberté, les liens aux autres, et à "écouter  les chiens sauvages qui aboient dans la cave".

Puis c'est également, (et c'est là, à mon sens, la force du livre),  l'observation d'une relation thérapeutique réconfortée. Le lien patient/thérapeute n'est pas figé par une orthodoxie obligée dans laquelle le thérapeute serait un être de marbre, un bloc d'oreilles flottantes sans angoisse, et sans rien laisser,  jamais, transpirer de sa fragilité humaine. On peut ajouter à cela qu'un thérapeute, vulnérable comme nous tous, est aussi un être mortel et que, s'il est aidant, il laissera sa trace dans quelques vies qu'il aura, un moment, accompagnées.

"Nous devons abandonner ces résidus d'un modèle médical suivant lequel les patients souffrent d'une étrange affliction et ont besoin d'un guérisseur impassible, irréprochable et insensible. Nous affrontons tous la même terreur, la blessure de la mortalité, le ver au coeur de l'existence."

 

NB : A noter p.219, dans un récit de patient :
"- Pourtant vous avez un goût de mort tous les soirs en vous endormant. Savez-vous que dans la mythologie grecque Hypnos et Thanatos, le sommeil et la mort, étaient frères jumeaux ?
- C'est peut-être pour cette raison que j'ai du mal à aller me coucher. C'est juste tellement barbare, tellement injuste de devoir mourir."
  

Irvin Yalom propose plusieurs réponses possibles, s’appuyant sur la sagesse de nombreux philosophes : les grecs d’abord, plus particulièrement Epicure et sa fameuse maxime : "La mort n’est rien pour nous". En gros, nous dit Epicure, pourquoi nous angoisser à l’idée de notre propre mort puisque, lorsque celle-ci sera là, alors "nous" n’y serons plus, nous ne saurons donc pas que nous ne sommes pas là !

Plus proches de nous, Montaigne, Schopenhauer et Nietzsche peuvent également être d’un grand réconfort pour estomper l’angoisse de mort. Notamment ces trois réflexions de Schopenhauer qui se placent sur le terrain existentiel : 1- ce que nous possédons : pour le philosophe allemand les biens matériels sont des illusions, d’ailleurs plus nous possédons, plus nos exigence


En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/2444474/irvin-yalom-le-jardin-d-epicure-regarder-le-soleil-en-face/#bfDJmYYOfFqZP8gU.99
airie, j’ai été attiré par une publication très récente : Le jardin d’Epicure. Regarder le soleil en face. Titre impropre puisque le titre
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/2444474/irvin-yalom-le-jardin-d-epicure-regarder-le-soleil-en-face/#bfDJmYYOfFqZP8gU.99ous êtes une funambule", il a dit.
23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 23:21

 

Hannah Arendt est la philosophe qu'on sait, même sans l'avoir jamais lue, (mais ce serait mieux !) juive, allemande, liée amoureusement un moment à Martin Heidegger, arrêtée par la Gestapo et internée au camp de Gûrs, et qui a abordé les problématiques de la révolution, de la liberté et du totalitarisme. Le film rend compte de ce qu'elle a appelé "la banalisation du mal", dans ses écrit après le procès et la pendaison d'Adolf Eichmann à Jérusalem.  

  Elle publie une série d'articles,  en mai 1962,  qui provoquent une tornade et l'incompréhension.

Hannah Arendt  dit que Eichmann, derrière sa cage de verre,  n'était ni un monstre, ni un diable, mais un être banal, falot, et pitoyable, un citoyen qui avait obéi à la loi, un être docile, rendu incapable d'exercer sa pensée  gommée par la monstruosité du système nazi.  L'horreur du système nazi résidait, entre autres, dans son aptitude à détruire la volonté des individus et mettait en place "la loi de la nécessité".

Hannah Arendt écrit : « Eichmann n’est pas une figure démoniaque, mais plutôt l’incarnation de l’"absence de pensée” chez l’être humain. »

Son concept de "banalité du mal" est inacceptable pour les survivants des camps et pour le monde "après Auschwitz". Comment un homme qui a été un organisateur de la mort de millions d'hommes pouvait ne pas ressembler à un monstre, mais, en réalité, être un personnage  veule, misérablement soumis à une autorité aussi terrifiante, terrible et scandaleuse dans l'idée-même que fut le nazisme ? La défense d'Eichmann a tenu en une phrase répétée tout le long de son procès : "J'ai exécuté les ordres, je n'ai rien fait, j'ai exécuté les ordres, je ne savais pas, j'ai exécuté les ordres, j'ai exécuté.."   Un exécutant auquel il n'est pas question de pardon. Il s'agit d'autre chose.

Il s'agit en réalité, pour Hannah Arendt, d'une étude philosophique sur le mal, ou plutôt sur les ressorts du mal qui ont rendu les camps d'extermination possibles.

  hannah-arendt.jpg

"Hannah Arendt", le film que je vois aujourd'hui et maintenant m'interpelle à plusieurs titres. Et je m'en décolle volontairement. Il induit deux réflexions.

D'abord, je vois une femme, sous les traits de Barbara Sukowa. Un corps de femme. Qui marche, qui fume. C'est fou ce qu'elle peut fumer et marcher, fumer en marchant ! C'est fou ce qu'elle peut penser ! Parce que la fumée et la marche disent la pensée qui s'élabore, l'esprit qui tient  bon face aux détracteurs et à leur violence. Ce corps qui se déplace, rit, pleure, et marche.... ce sont des images très fortes ! La pensée est un corps expressif en mouvements.

Puis, pour que la pensée soit, il faut qu'elle veuille comprendre, et observer. La pensée, dans son mouvement de pensée,  se déprend. Des convenances, de l'attendu, du prévisible, de la famille (d'appartenance). L'opposé de la pensée, donc de sa liberté, ce n'est pas une autre pensée, mais une rigidification, un gel. Le contraire de la pensée est une glaciation.

 

Finalement, c'est souvent ainsi que les choses se passent, non ? Quand on ne pense pas comme il est "entendu" que cela doit être pensé....

 

21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 21:07

19 novembre 2013.

 

Le soir saute un rebord,
mur du son clignotant jambes lestées de sable,
chat silencieux comme neige et pluie,
passant, pour être là, juste ce que nous sommes.

 

 

 

 

 

 

 

21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 01:41

  tant de façons de dire merci !

                                   

                                      Les mots, à l'as de pique d'un regard,

                                              rend la vie plus émouvante.

 

 

                                                        .

Entendu dans le tram :


Après un accès de panique,

elle pensa que sa vérité n'était pas déroutante.

 

Tu penses en vrac, mais mine de rien tu cogites.

 

Je l'ai appelé plusieurs fois, il était pas là. Faut dire qu'il pleuvait.

 

 

 

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