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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 07:29

Café ? Café au lait ?...

- Hein, qu'est-ce que tu dirais d'un croissant ?

Elle a l'air de réfléchir,  mais finalement dit qu'elle n'en sait rien, que ça lui est indifférent... Croissant ou pas croissant ? Elle s'en fiche, pense à rien ...à presque rien. Une pensée qui se réveille va dans tous les sens, ne trie pas, ne s'envole pas. Le corps s'étire longtemps, quand la pensée, elle, a besoin de temps pour se rendre flexible et s'ajuster au jour. C'est tout le vrac du monde rendu à soi qui entre d'abord dans ses loupiotes.

Croissant ou pas croissant ?

Elle n'en sait rien. Se familiarise avec elle-même sous la lampe. Le corps prend peu à peu le dessus : elle rajuste une mèche de cheveux puis le drap,   s'immobilise un peu, encore un peu. C'est seulement alors qu'elle prend vraiment conscience de ce temps tant là, et tendu. Pour elle.

Voilà ! La pensée s'organise : "Je suis en vacances, je peux rester là infiniment, je peux décider de ... et de... Je peux...si je veux...de...et de... "    C'est seulement là, juste là, qu'elle ouvre les yeux... Capable de goûter l'instant...

- Oui, un vrai café, ce serait bien... 

Elle choisit d'ignorer le soleil bas, les nuages bas, les griffes du chat sur le canapé, la clé 3G qui rame, le sable humide dans la serviette humide, le linge à laver, la voisine sympa et l'autre non, "le veilleur infidèle", un livre à commencer et celui à finir, le frigo à remplir, les scandales du pouvoir, les mystères de Marrakech, les mauvaises et les bonnes chaussures de la République, l'odeur des pins,  la carrière des gosses, les papiers, les mots largués de l'autre côté de la mer, en épingle à cheveux, glissants, verglacés, tordus,  commodes, et les murs à remonter, les textos, les raisons de l'âme et celles du coeur  battant, ouvert, battu, à tordre, à donner, à prendre, donné, pris, léger et lourd, allégé, alourdi, à bouche que veux-tu ?...

- ... Je veux de la musique... Ce serait bien. Un café...

...et de la musique !"

 

Ceci pour toi, Christine !

" La musique, disait Duras, est l'immédiateté de l'émotion."

Pour ça qu'elle fait toujours du bien, et qu'elle sauve de tout.

 

 
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 01:47

Faire les choses dans l'ordre

trouver un ordre

assembler rassembler trier

ordonner

la pensée

et les émotions

dans l'ordre des choses désordonnées

un aveugle clairvoyant

du monde

défait

étranger

du monde étranger des choses défaites

à remonter

à assembler rassembler

trouver

une chose

une seule chose

une seule

une

"Avec qui, je ne me souviens pas...

on verra demain...avec vous !"

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 22:43

De la gare à Auchan Lac,il se passe tout un tas de choses.

Il se passe, c'est-à-dire que je passe. En voiture.

Des gens sur les quais en pagaille à prendre les brumes du miroir d'eau.

Une volute monte.

Je suis d'un coup derrière un voile, isolée d'eux, avec la sensation étrange de ne pas faire partie de la ronde.

Je suis, moi, dans une sorte de mobilité passive.

La voiture roule et je regarde la scène. Je ne participe pas.

Plus loin, c'est la longue enfilade des quais de Garonne, plus ou moins déserts. Puis complètement déserts vers les Bassins à flot et la zone marchande.

Des publicités, des images vides, des voitures à la traîne des panneaux. Du rien, quoi !

Un 14 juillet consommable, et j'en suis aussi, fichtre je n'ai pas de respect pour les dates nationales !

Puis là, sur un coin de rocade, une vieille femme soulève ses jupes immenses, se déculotte en se baissant et fait pipi. Forcément je regarde. Le regard se défend, mais il est fasciné par la vision.

La misère est assise , et, recroquevillée, très abîmée en elle-même, ne peut plus distinguer rien du monde.

Parfois, c'est comme ça, on se sent coupable d'en faire partie, du monde. Et cela terrifie !

Alors je me dis que le feu d'artifice sera sans moi. Que le bal perdu sera quand même, et, en fermant les yeux, je bascule... Je le vois ...qui scintille.

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 22:20

Marcher au milieu des rues.

Les gens.

Milieu.

Déchirure.

Suivre... Le temps

...d'un mot d'amour...

... même trop, même mal,

La ville s'éclabousse,

à s'en écarteler...

 

 

 
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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 01:21

Tourner, retourner

"j'en suis toute retournée..."

ce qui est dit tourne le ventre à mots, là...

A penser, repenser au tournis que ça fait, dans l'oreille, 

 

une sidération du trou noir autant que le tapis est noir, 

une vitrification dans les règles de la disharmonie, pim4055980216_0931245376.jpgent rouge sur la langue,

pas d'importance, le tableau sera abstrait, la musique sérielle,

l'erreur toujours trouvée dans la partition ajourée de gestes et de silences...

Tourner, retourner

à vide des moulins,

des éoliennes en plein champ dans les maïs.

On ne dirait jamais que ça fait du tapage,

que les mots qui y bruissent 

sont ravage.

 

C'est si jolies, les éoliennes !

 

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:02

Temps vacant

devant 

autour

 

une mousse sur la page

 poussent des blancs

 

à la marge

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 06:19

Fête de la musique. J'ai filmé Zhirayr Markaryan, place Buscaillet à Bordeaux, Bacalan.

Deux morceaux, deux fragments des morceaux joués.

Des notes envolées, offertes au vent,

instants de vie qui demeurent.

 


21 JUIN Fête de la musique | Zhirayr Markaryan par Quani

 

 

 

 

Je reçois ce commentaire de Mokhtar  El Amraoui , qui à travers moi s'adresse à Zhirayr Markaryan, c'est tout cadeau ça !

"Chère Brigitte,

Je suis vraiment très content que mon poème t'ait plu.Je l'offre à ce virtuose du doudouk qu'est le talentueux Zhirayr Markaryan et à travers lui, à tous les Arméniens du monde entier."

 

Doudouk

 

Le doudouk n’est jamais doux,

N’est jamais doux,

Pour celui qui a perdu sa mère, son père,

Ses sœurs, ses frères

Et les cœurs aimants

De tant d’autres parents !

Le doudouk est une blessure en chants,

Pour ceux à qui on a arraché impitoyablement

La terre, les yeux et les cieux depuis des ans,

A en devenir fous, inexorablement.

Le doudouk n’est jamais doux,

Pour toi, l’exilé qui l’entend.

Il écrit, chaque jour, du levant

Jusqu’au couchant, patiemment,

Son chemin brûlé de sang

D’une lumière aveugle en quête de firmament,

Qui trébuche sous les fouets de l’exil et du vent !

Le doudouk devient loup

Quand on tue sa montagne, son aigle volant

Et ses danses en plein élan !

Mais il se fait doux, seulement,

Quand il sait que, bientôt, vivant,

Il reviendra fièrement,tout chantant,

Vers cette terre qui, chaque jour, l’attend,

Qui, toujours, l’entend !


                                                                Mokhtar El Amraoui

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 03:26

Il faut résister. Contre tout. Pour tout.Toujours. Putain de morale ! d'éducation sans soin ! d'amour encagé, désubstancé, déchiré ! de fausses valeurs !

"Exigeons l'utopie !" La sidération et le désir. Ou l'inverse.

 

Résister. Pas un vain mot pour faire joli ou rebelle. Hein ? On n'a pas son pauvre de service, son indignation de service, son patient de service, pour faire de la retape visible à un ego en berne.

Non, l'engagement c'est pour chacun, dans son environnement, professionnel, familial, culturel, j'en sais rien, où tu veux quoi, puisqu'il est partout, jusque dans son attitude.Y'en a pour tout le monde, quoi !

Parce que nous sommes dans des paradoxes. J'en ai eu la preuve encore aujourd'hui, vous savez, oui, sans doute que, vous aussi, vous savez bien !

Les réglementations récentes discriminatoires à l'encontre des étrangers, des patients en psychiatrie (et je connais moins la donne, là) tout cela impose des mesures légales, mais pour autant illégitimes.

Il s'agit, me disait X, de trouver des astuces ou des failles dans le discours, pour continuer à travailler, avec sens et valeur.

Il y a des lieux professionnels où la résistance a une fonction importante qui entre en résonance avec la protection des personnes, 

et des êtres s'engagent alors dans des positionnements courageux, vivants et indispensables.

Positionnement vivant et indispensable, repris ici et là, sur d'autres modes, pour mettre la vie créatrice au coeur.

Désespérance de la vie par ce qui en est fait parfois,

ce que qu'on ne sait pas en faire

et qui  -le savait-on ?-  ne danse pas.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:43

Sortir du champ

prendre un train

le métro de jour et de nuit

sortir du champ

des glaces sous toutes les coutures

des gouttes d'une pluie d'orage

du périphérique des gorges encombrées

sortir du champ

aux corbeaux noirs

oreilles et paroles coupées

Van Gogh qui ne sait plus la ride des blés

c'est l'été depuis une semaine

sortir du champ

de magnolias

du jardin de Tournedos

tourner la tête

puisqu'elle vous tourne, la tête !

 

"Sortie du champ", une moto passe sous les fenêtres

Paris a veillé sa nuit

comme une morte...

 

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 20:31

Foutu pouvoir !

Celui d'envoyer l'autre dans ses ramures,

 

rame, rame, rameur, ramer,

ramures au vent qui bouge et des feuilles

des racines,

sorties de la terre des Nausées.

J'aime mieux une musique dans ma tête et des moments très doux

sur la plage d'un port,

ici ailleurs

et j'écoute la Lisa

"pour disparaître sous l'échelle"

on ne sait plus ce que ça porte, -malheur bonheur ?-

Après tout on s'en fout...

 

Philosophie du bonheur,

ça écorche quand même !

y'a qu'à regarder à droite et même à gauche,

la misère qui pousse, qui pousse

et ceux-là qui le feraient exprès d'être des miséreux...

alors ça fascine,..

ca me fascine,

 

 

ça me va mieux

sans, voilà !

ça, je ne sais faire avec.

Je tricote quelque chose que je ne sais pas quoi ailleurs,

je dis autrement, pas ça, je ne sais pas faire,

Pas quoi faire avec ces mots-là,

y'a qu'à regarder autour,

ces mots ne fonctionnent plus, on dirait,

je ne sais pas quoi en faire.

Le bonheur, une clé et un mot de passe,

quelqu'un au bout du mot de passe,

ça passe,

quelque chose...

Le reste, j'ai pas la traduction

et j'y vais pas "par pied".

Le bonheur,

quelqu'un qui rassure au bout du fil.

Un gilet noir dans un papier vert et des tonnes d'amour.

Le reste,

j'ai pas la traduction

et j'y vais pas "par pied".

 

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