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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 21:00

 Je pouvais m'attendre à ce que le ciel tombe. Rien n'est arrivé ! Je veux dire rien de pesant. Pas de pluie non plus. Un matin bruge. J'y allais.

Puis... J'ai entendu plusieurs fois mon prénom, j'ai aimé ça dans les bouches enfantines. J'ai grimpé et descendu des escaliers, tenu des petites mains, et, au débouché d'un mot, écouté un étonnement ravi. Revu Christine. J'ai aimé ça aussi.

chapeau de pluie 31 mai 2013

Le papier n'y avait aucune dureté. On s'accoude parfois facilement sous les mots, à y reconnaître des beautés, les sens éveillés,  y nicher. La sensibilité est un bloc de béton effritable. 

Les yeux, sous l'oripeau des chagrins et au jardin des délices, s'ouvrent doucement.

Entre deux exercices de paix scabreuse, j'essaie de simplifier les équations. Je m'efforce au délire.

 

 

 

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 03:11

Quand la parole vient à manquer, que les mots ne savent plus dire, le regard s'enracine sous l'écran, des bouffées de nuit dans un ruban de fumée qui attend l'éclair. Les yeux cherchent, ne cherchent pas. Ils pirottent et reverdissent. Ils s'inondent. Dehors il pleut encore. La fenêtre est une paupière sous le vent, saoule, des paquets de promesses pleurées à bras, le corps levant, des flashs à bout de ficelle passée entre les mains, des fagots de doigts.

Je fumerai demain une cigarette, du bout des yeux. 

 

 

 

 

 

 

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:12

On n'écrit rien dans la marge. Ou bien alors on choisit de prendre un crayon et de s'en servir. On écrit. Un mot. Une flèche qui indique... Une bribe de... On marque la route d'une pensée.  Au moment de l'écriture de..., on pense forcément à quelque chose. 

C'est une assez bonne méthode pour forcer la mémoire. Dans l'épaisseur du texte. Et là, moi, je pense : épaisseur du temps.

On fait toujours du chemin en tournant et retournant les questions. Mais  une chose me préoccupe : Qu'est-ce qui assure au temps, une épaisseur ? Alors, est-ce que j'ai, moi, toi, vous  ...une épaisseur ?

Pourquoi serions-nous certains d'en détenir une ? Ce serait sans doute bien présomptueux et très optimiste... Mais, voyons ! Dans le cas où nous en aurions une chacun, d'épaisseur, est-ce qu'elles s'ajouteraient alors les unes aux autres ? La vie à témoin de la vie ?

La pensée toujours se brasse, se noue et se fragmente. On coupe les cheveux en quatre et en quinze, on joue à l'aveugle, comme aux échecs. N'empêche ! 100 2699

Funambules de nos épaisseurs, la société en question des hommes à la relève des hommes. Avancer.

Nos vies essouflées, inventées, ordinaires et uniques. Avancer.

Précaires. "Carpe diem" gravé sur une pierre et c'est bien tout. Avancer.

En errance de nous-mêmes, dans cette épaisseur des heures où la tension de l'existence et l'éternité parfois se rejoignent. Avancer.

 

Pour essayer d'y voir quelque chose, la marge.

 

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 21:00

                                                                                       Photo | Lionel le Néouanic

Lionel-le-Neouanic-006.JPG

 

C'est qu'alors l'horizon est informe

et le temps immobile. 

Ne pas chanter le temps moribond

au point mort du futur !

On est dans la maison

suspendues à un point de croix.

Le temps de la vie

et le poids du temps

nous ligotent.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 18:36

Le Métèque est mort et ça me fait peine. J'ai grandi avec lui, il m'y a aidée. Lui aussi.

Liberté était un mot noble dans sa bouche. J'étais toute petite, et je savais qu'il y avait des mots perles rares, comme celui-là,  grâce à lui. A lui aussi. Georges Moustaki a participé à mon apprentissage de la noblesse des mots.  Liberté. C'était avant Camus. Très largement avant. Il pleut. Même si je l'ai un peu abandonné par la suite, lui et ses chansons, pas le chemin. Je retiens de lui ce mot. Peux pas faire autrement. C'était tellement mélodieux ! Ca l'est toujours et ceux d'amour, de bonheur permanent  et de révolution

Je ne sais pas de mot plus difficile que celui-là. Liberté. Responsabilité de sa liberté. Des mots ? Pas que des mots et de la musique autour ! Tout le monde en est fascinés.  Et tout le monde est piégé, se piège, n'y entend rien. Presque tout le monde. Liberté. On la reprend en coeur et on l'emprisonne, oui, il bien raison Moustaki. De plus en plus. Plus on vieillit, et plus on la massacre, on dirait.

 Georges Moutaki, aujourd'hui qu'il est mort, me "ramène" encore, éloigne des infos et de la bêtise. De l'humain brutal et brutalisé, de l'inessentiel, quoi ! Une   nostalgie me prend. Il pleut toujours.


 

 

 

 

 

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 01:00

Je me souviens que pendant longtemps je peinais sur la prononciation du mot "pratique" et du prénom "Patrick".

 

Je m'arrête sur cette phrase.

C'est du Perec, ces "je me souviens" illustres. N'empêche, il fait mouche ! Patrick est tombé dans l'escalier. C'est sans doute pour ça.  Il a trébuché sur lui-même, comme parfois la langue trébuche, elle aussi.  Ce qui se rappelle à nous. Les renversements ne sont jamais loin... On est atterrés par la langue, là, mis à terre, par terre, c'est tout comme.

Le mot "mouche" par exemple, est un mot valise à lui tomoucharabieh.jpgut seul, il transporte ses souvenirs et son histoire : mon père parlait de "mouches à miel",  qui nous faisaient rire. Pour moi, en ce temps-là, ses lèvres disaient  "mouchamiel", d'un trait, d'un souffle. Un mot comme une arabesque sur un balcon à moucharabieh.     Mon père inventait toujours des mots, rien qu'à lui, rien qu'à nous, alors...   Je pouvais bien m'en faire une idée de ce dessin qui sortait de sa bouche ! Comment aurais-je pu savoir que  les apiculteurs parlent de mouches à miel, pour désigner aimablement les abeilles dans leur palais ?

Plus tard, j'ai mieux regardé les photos de Marilyn, et sa mouche, sur le côté de la joue, qu'elle se dessinait au crayon, pour ajouter à son visage de la dolce vita, sensualité tournée et retournée dans tous les sens et qui prenait bien.

La "Dolce vita", une fontaine au milieu d'une place, de l'eau pour le cou qui coule toujours, un chat égaré. Et puis cette tonne d'amour qui ne veut pas dormir...

Il est tard. Il y a un bol pour du lait, et du lait pour le bol.

Les rues sont vides. Une sidération !

 

Le coeur parle et dit : "ça m'appelle".  J'entendrais tout aussi bien : "ça me plaît".

 

 

 

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 22:44

Le quartier change, bouge, titube. Rien n'est là, mais tout est déjà en place. Les vue-imprenable.jpgbâtisses ont des os, des tubulures, des gaines et des drains.

La Garonne, depuis son lit, ne prête aucune alcôve, elle attend que les rats d'eau la draguent.

Les fenêtres seront montées demain, bientôt, et les yeux encore bétonnés irisent une imaginaire pupille de verre. La pluie fait loupe. Le ciel est plus grand, les rues plus longues. Les jambes des passants ont des peines de colosse. Ne savent pas s'il serait plus juste d'accélérer l'allure ou de ralentir la marche. Tranchent pas dans le vif du ciment.

On passe, comme pris en faute. Une sorte d'étau sur un établi qui n'est pas à nous.

Puis, après tout ce long corps de rue,  on arrive côté sud du chantier. On ne sait s'il commence ici ou s'il finit là. On suppose qu'une idée un jour a germé précisément à cet endroit, près de l'écluse. A cause des panneaux qui invitent à l'achat des appartements foetus.

"Avec vue imprenable sur les bassins à flot". Comment lire le discours ? Si la vue est imprenable, à quoi bon la prendre, et qui donc le voudrait ? A moins qu'il ne faille entendre l'impossible vol de vue ? L'argument est alors imparable, la vue ne pourrait être prise par personne d'autre que par l'acquéreur... "C'est ma vue, et elle est à moi, na !"

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 03:50

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Le monde est vaste. Des gens, des rues, des gens dans les rues, des filles en robe légère, (ça plait bien aux hommes le printemps à cause de ça !), des garçons en pantalon (ça plait bien aussi aux filles le printemps à cause de ça !). Et puis des bars, des bars en terrasse (ça plait bien aux hommes et aux filles, le printemps, à cause de ça !).

Donc de quoi respirer, se cotoyer, se rencontrer, et puis, filmer, photographier, des gens,  hommes ou filles, ou les deux en même temps si on veut, sur des bancs, dans des bars, ou encore les bancs des bars et en terrasse.

Voilà le bon côté de la chose du printemps tardif, mais avec soleil, c'est du tout top, l'angoisse part faire un tour !  (d'où le mot de "tourisme" d'ailleurs, mais c'est une autre histoire...)

Avec de la chance, on trouvera des lampadaires pour éclairer les terrasses, avec des bougies sur les tables, et quelquefois, (mais là c'est poésie pure, en veux-tu en voilà !) suspendu sur un côté du store, ou, dans le plein été, à la baleine des parasols, un grille-moustiques, genre chaise électrique miniature, qui avertit d'un grésillement d'élytres la mort instantanée de la bête, donc de la potentielle piqûre à laquelle vous venez d'échapper. Une fumée blanche pourrait tout ausi bien s'échapper de la machine après l'exécution de la bestiole... Je n'ai jusqu'à présent jamais été suffisamment courageuse pour oser regarder l'instrument au moment du crime. A dire vrai, ce bruit de système nerveux cramé me donne juste envie de me lever de ma chaise, et de partir vite vite vite. 

La vie donne rencard, vous voyez, on peut noter l'heure sur un carnet à spirales. On est certain de n'en rien rater, de la merveilleuse.

Ou bien faire avec le hasard. Le vide, (qui n'est pas le vide, mais une enveloppe à remplir, qu'il dit le Lao-Tseu !)     Et le rien. Sans preuve, preuve de rien, seulement le rien sans sa preuve (et de quoi donc ?) que je demande d'ailleurs à personne, ni à Dieu ni à  Diable.

Parce qu'il n'y a pas de preuve. Y'a que des épreuves.

Etc... Etc... Etc...

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 01:30

Abandonné sur la route.

Un foulard. Oui,  c'est un foulard. Ce bout de rien de tissu mou ressemble à un foulard. Qu'est-ce qu'il fait là ? Une histoire de fibres et de chanvre, de chambre indienne oubliée ?

Comment commencer parmi tous les vêtements du bruit, la rue indifférente, et le même le vent, si peu là. Je m'arrête, stoppe tout, ne parle pas, la radio marmonne sa fréquence. Qui chante dedans ? Quelle largeur de main, et quoi, pour l'empan de l'oeil ?

 

 

 

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 15:25

Une métaphore à l'écume du ciel.

Kidnapping dans une fissure.

 

 

 

 

 

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