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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 00:35




Sable de mon visage
sur la place publique des brumes
les mains courues de veines
inachevées
des parcelles  là puis là
dans la cage
avec ce qui reste à voir pour les autres
dans les fripes 
pourtant le nez et la bouche
dans les fripes sans moi
ou bien ici

12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 03:20

 

La wally


Je sais qu'il existe plusieurs niveaux de réalité.

Qui bougent avec les êtres, selon les jours, les circonstances, les humeurs, la position du soleil sur le magnolia de l'autre côté du mur du jardin, l'angle du regard, le discours...
Des verroux de portes qui sautent, tchac !

Comment comprendre que ce qui a lieu à 5h30 du matin ne sera plus sur le même étage du réel à 2h de l'après-midi le lendemain ?

Le réel était-il endormi à 5h30 ? Qu'avait-il mis à sa place alors ? L'illusion, la fatigue langoureuse, le rêve ? Oui, ce serait joli ça, le rêve, puisqu'il paraît qu'on vit tellement mal sans rêver un peu. Avec lui, les perceptions sont adoucies, décalées, prodigieuses.

Pourquoi, alors, ce réel exténué surgirait-il en une "vérité" qui s'imposerait et  éclaterait en une pluralité d'angles de vues "lucides".
On est plus lucides à 2h de l'après-midi ?

On baisse la musique, on ne s'entend plus. Trop de bruit dans les étages. 
Parce qu' on ne mélange pas le rêve et la réalité, ce qui tient de l'étoile et de la terre, les raisons de vivre et de mourir tout aussi bien, les mots d'azur et ceux de la bruine.
Le questionnement n'est pas inédit, tourne à l'aigre sur un axe qui rouille. La salive rouille la langue, on dirait. Les mots mordent un peu, se tordent un peu, en malaise un peu. D'abord.
La joie devient douloureuse en si peu de place, en si peu d'espace, en si peu de temps.
Et Duras qui implorait, elle,  le contraire ! "Transformer la douleur en joie," elle disait et, comme son imper, savait ptête pas que la formule était réversible.

Ou bien alors, le réel m'échappe. Il s'est mis entre parenthèses et je n'ai rien vu de moi.
J'étais capable pourtant de respirer un souffle et de m'y sentir chez moi.
Une fille qui fait son caprice. Tu crois ça, toi ? 
Vacarme plus haut, crescendo !
Et, au dernier étage de la réalité, un assourdissant silence !
3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:30












Francis Jeanson
est mort, samedi 1 août, doucement.




La presse, comme elle lui devra bien, racontera sa vie, son oeuvre, son engagement.
Je choisis, moi, ici, avec toute mon émotion, de lui laisser la parole, sa parole et de l'écouter en silence. Une vidéo réalisée en octobre 2006 par Dominique-Emmanuel Blanchard des éditions Le Bord de L'eau.
Retranscrire des moments pour lui rendre hommage.
Et le remercier de ce qu'il m'a donné, quelques mots immenses dans un livre.
Voici alors quelques fragments de son credo
:

"Je crois qu'il n'y a qu'un seul monde et pas de royaume du tout. Nous poursuivons une chimère, car il ne s'agit point de dominer son semblable, mais de le reconnaître en se reconnaissant.

Je crois qu'il faut combattre l'injustice et que ça peut aller jusqu'à lutter à mort contre ceux qui la commettent ou qui s'en rendent complices, à la condition qu'on ne s'arroge en aucun cas le droit de les juger et moins encore celui de les absoudre.

Je crois qu'il faut accueillir le bonheur quand il se présente et jouir de cette vie qui nous est donnée, qu'il est absurde d'opposer les joies de l'esprit à celles du corps, car ni le corps ni l'esprit ne sauraient être joyeux séparément et que l'une de nos plus réelles sources de joie réside dans cette compréhension charnelle qu'est la sexualité pleinement assumée, dans cette amoureuse tendresse où le désir le plus vif et la plus réelle amitié se renforcent l'un l'autre indéfiniment.

Je crois qu'il est bon de ne se défendre a priori de personne et de s'ouvrir à tous, qu'une attitude de méfiance est toujours plus coûteuse en fin de compte que n'importe quel acte de foi concernant ses semblables, et que chacun de nous doit se faire à lui-même suffisamment confiance pour se sentir capable d'affronter, le cas échéant, les conséquences fâcheuses de ses actes de foi.

Je crois qu'il ne faut pas avoir honte d'aimer cette vie, dès lors qu'on s'efforce, selon les moyens dont on dispose, de la rendre telle que tous puissent l'aimer.

Je crois qu'il ne faut croire qu'à ce qu'on entreprend de réaliser."
26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 11:01




Ben oui, c'est comme ça, l'émotion qui vous prend et vous colle :

Une petite fille, ma soeur, des larmes dans ses mots.
Des bras à serrer le monde entier quand le monde entier serre le ventre.
Une poignée d'orage dans la gorge.

Un café rudement bon, le cendrier ? "tiens, il est là, pour ta cigarette !" et autant dire "pour toi !".

Puis ce qui passe d'essentiel, qui ne se nomme pas.
Se tient dans les yeux. Dans les gestes.
Et qui reste là, à flotter, une chaleur dans la chaleur du jour, 2h de l'après-midi.

Toi, l'ami, tu te lèves.
...Et Bashung frissonne sa voix cassée.
Sûrement pas un hasard pour toi, Bashung et sa voix cassée, une rocaille dont l'équilibre avait été rompu en si peu de temps...


20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:15






Souad Massi me prend toujours par les mains et le ventre.
Une mélancolie coule de ses mots. 
Mélodie, mélodie... La nuit parfois. Ou une espérance.

Parce que ce qui désespère est comme une illumination au coeur.
Paradoxe, paradoxe... Composer avec ça le plus souvent. Toujours serait mieux dire.

On se souvient de Lavilliers chantant cette chanson ; celui qui l'accompagnait accompagne aussi Souad Massi ici.
Incantation de la liberté à conquérir, pour les autres et soi-même. Contre les équarrisseurs. 

"J'entends battre ton coeur..."
 
12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 21:01

 




Je me souviens d'un homme. Un vieil homme en bonnet. Mon père.
Je connais un vieux monsieur fatigué de sa fatigue. Un penseur qui voudrait bien peut-être ne plus penser.
Tous les vieux se ressemblent, finissent par se ressembler. Une transparence du regard pousse leurs yeux plus loin dans le paysage.
Ils ne regardent plus, ils voient.
Les pièces du puzzle qui constituaient leur vie leurs offrent d'autres images, pour eux seuls. O
n ne peut qu'être à côté.

C'est que l'hologramme commence alors à se fissurer.
La vieillesse est une vilaine compagne parfois.

"J'ai, disait Claude Levi-Strauss qui fêtera ces 101 ans, le sentiment d'être comme un hologramme brisé. Cet hologramme ne possède plus son unité entière et cependant chaque partie conserve une image et une représentation complète du tout. Ainsi y a-t-il aujourd'hui pour moi un réel qui n'est plus que le quart ou la moitié d'un homme, et un moi virtuel qui conserve encore vive une idée du tout. Ma vie se déroule à présent  dans ce dialogue très étrange. Je sais bien que le moi réel continue de fondre jusqu'à la dissolution ultime, mais à vous, merci de me donner le sentiment, pour un instant, qu'il en est autrement."

9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 12:36

Du temps qui passe...
Un jour un autre moment a lieu.
Une main dans la mienne, un peu fraîche, abandonnée aux doigts.







Une vie par un fil qui tient. Un fil puis un autre.
Et quelque chose avance dont on sait bien quoi il tourne et retourne.
La peur ? Peut-être la peur, je ne sais pas.
Une paix. Comme mon père la voulait quand il ne voulait plus rien et que tout était fatigue.
Serrement et resserrement.
Deux mouvements en un seul qui s'accompagnent. Qui s'accomplissent.
Une main tenue pour retenir du chaud.
5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 23:59
Dans ma tête, quelques notes et des mots...

...qui dansent sur un fil. Depuis longtemps. Quand donc après tout ai-je écrit ça ? Je ne sais plus. Dix ans peut-être. Un peu plus. Allez savoir ! Tracer des signes sur une feuille de papier, former des mots, des phrases... Trouver des raisons de tenir, de se tenir à la corde du temps qui tricote parfois ses lourdeurs et ses bulles de silence, quand je suis vissée au sol de l'ordinaire.
"Surprendre une sensibilité amie dans une manière d'exister, d'être là, quoi qu'il advienne", je me dis ça.
Un regard surtout.
Oui, un regard.
Le tien.

Voilà ce que sera ce blog, ce qu'il pourrait être, au vent de mon chemin.


Quand à la marelle, elle
Joue,
De la vie, de la mort, elle
Se fout.

Comme c'est à chacun son tour,
N'en déplaise aux hirondelles !
D'un coup de son aile glamour,
De pousser sa pierre au ciel.

Humaine et naufragée,

Evasive, elle s'évade
Du monde. En poésie,
Elle s'évanouit, vague
A l'âme et compagnie,

Humaine et naufragée.

Dans sa main, la pépite
Assure le paradis,
Mais le bout de granit
N'est que pure comédie

Humaine et naufragée.

Humaine et naufragée !
Elle vacille sur sa jambe,
Le monde va bouger.
Terre et ciel, infinis,
Des ombres mélangées...

A la marelle, elle
Joue.
De la vie, de la mort, elle
Se fout.

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