Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Ah ces grandes pluie d'avril à se croire en été !
Je me souviens de ces heures sans bouger sous la véranda de ma grand-mère.
Au mois d'août, c'était souvent.
Chacun assis sur un strapontin à se rien dire ou si peu, les grands comme les petits, à la seule différence que nous, les enfants portions des shorts.
Je me souviens que je n'aimais pas ce vêtement. Sans coquetterie. Brut de décoffrage. Fait pour grimper aux arbres. Je ne grimpais pas aux arbres.
Mais c'était aussi un temps où l'avis des gosses importait peu, en tout cas le mien n'importait pas. Me passait même pas par la tête, dans mes huit, dix ans, de contester quoi que soit. C'était comme ça que "ça" marchait, donc je marchais.
Quelquefois, il y avait des orages.
Et ça sentait bon la terre.
C'est à ce moment-là peut-être qu'on se rapatriait sous la véranda. Je ne saurais pas dire.
L'orage !
La terre et le ciel faisaient diversion à l'ennui.
Signe qu'on allait plier bagage sous peu !
Le ciel et la terre étaient une mire dans laquelle chacun se rassasiait les yeux, guettait l'accalmie pour l'alibi du départ, une levée du camp en douce "avant que ça ne reparte de plus belle !"
De fait, mine de rien, on se faisait la belle, et la météo servait de prétexte convenable.
Oui, c'est cela, tout était convenable,
tout l'a toujours été...
Merci à Claire de me faire cadeau de mon prénom en arabe. Trop beau !