Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Mon frère aime les anges, dit que nous avons chacun le sien. Une image employée pour "faire venir" en soi la valorisation de qui on est, comme si rien n'était jamais perdue par avance, mais en construction. Un tableau qui ne serait jamais achevé, en somme.
L'ange qui veille, c'est une symbolique de sa préservation, de sa sauvegarde, de sa responsabilité.
"Celui qui veille, c'est moi alors ?" Il dirait que oui.
"Je suis pour moi-même l'ange qui veille pour ne pas m'oublier dans tout ce fatras de vie. Je suis l'ange par procuration de moi-même. Je suis mon auteur de l'ange, déchu ou non, en état de vigilance."
Alors j'ai pensé à l'angélique. Cette plante médicinale qui doit faire du bien à...
...A quoi, j'en sais rien. Aux nerfs ? Au sang ? A la métabolisation (la matière qui devient énergie et assure la survie) ?
Une spécialité de Niort. J'entendais ça quand j'étais petite, l'angélique de Niort. L'angélique est une sorte de racine, fibreuse que des religieuses de la ville, au 18ème siècle avaient eu l'idée de confire. Une herbe à liqueur, d'où la liqueur d'angélique. Une tige confite à mettre dans de la pâte.
En fait, je n'ai jamais vu cette plante qui grandit, paraît-il, jusqu'à deux mètres de haut. A croire qu'on m'a raconté une plaisanterie, et que l'angélique n'a jamais existé. Une simple vue de l'esprit, ca serait. Une image symbolique comme celle de mon frère.
Pour croire aux anges.
Croire que quelque chose de bien arrive, que le petit chat se remet de sa frousse, de sa plaie, de sa fièvre et qu'on a eu peur.
Croire qu'on a trouvé le sens des aiguilles de sa montre interne.
Croire que tout va bien.
Tout va bien.
Et tout ça pour amener à Angélique Ionatos, encore une fois
"O erotas", Flisvos (le clapotis)