Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
L'univers du quotidien est une galaxie personnelle, qui touche la zone sensible de l'être.
Ce qui est du "rien" devient une sorte de "tout" qui inonde les nerfs.
Un bruit, un pas, le bruit d'un pas,
un éclat de rire, le ricanement compulsif des larmes,
une alarme venue de loin, une fleur sur la peau,
baiser de ta bouche,
une cicatrice d'anciennes blessures,
une rue sous un ciel vide, une liquidité intacte,
les bribes d'une chanson ou une pub pour des bas,
dim dam dom, un journal, une ville,
une place à Paris, à Pessac avec la fontaine,
un café, bateau ivre des pensées folles
où Rimbaud ramait ses vers universels,
un parc en Espagne, le cimetière juif de Prague
ma jupe en soire verte que je faisais tourner
et je n'étais déjà plus une petite fille,
ce qui n'imprime aucun livre de mémoire,
juste sa peau, juste son âme,
et son coeur à gros bouillons qui frissonne.