Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Je regarde les arbres. A l'affût des arbres.
Au bord des routes.
N'importe où, au bord du bord.
"Des arbres comme des hommes", ont dit les enfants.
Mais les yeux aujourd'hui suivent une ligne cassée au désert de pluie, et le vent titube une peur promise.
C'est l'arbre de janvier qui chavire, poussé de ma terre, une évidence aussi sûre qu'il est des chagrins sans raison.
Quelques textes d'enfants, là, lors d'ateliers écriture vidéo entrepris avec une classe. Une volée de mots en paix sur le poids du monde. "Le poids du monde", un très beau livre de Peter Handke, important. Un livre important, oui.
"L'homme imagine le nuage qui creuse dans ses pensées.
Jambes et pieds sont racines.
Ils sont reliés par les arbres.
Mon cœur immobile en moi imagine un labyrinthe.
Le ciel bleu échappe aux oiseaux.
Le paysage regarde rougir le feu.
Déchirer un nid.
S'envolent plein d'oiseaux aux couleurs vives.
Toujours, le vent écrit la blessure l'arbre.
Ses mains se cassent au moindre coup de vent.
Ses cheveux sont des lampes."