Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Ceci est la quatrième de couverture du livre.
Si « aucun homme n’est une île », certains aspirent néanmoins à découvrir celle qui les rendra heureux.
Le héros de ce récit, l’un des derniers et des plus intenses de D.H. Lawrence, a choisi de quitter le continent pour se tailler un royaume à sa mesure. Mais où trouver sa plénitude ? Comment être à soi-même un territoire fini ? Botaniste qui tente d’ordonner le chaos du monde ou maître qui organise son domaine au milieu de la mer, l’insulaire volontaire va ainsi aller, île après île, jusqu’au bout de son utopie personnelle.
Voici un texte limpide, beau et méconnu où éclate le génie tourmenté de l’écrivain anglais, un texte à lire seul au milieu du monde.
A cela, j'ajouterai que "l'homme qui aimait les îles" souffre de mélancolie chronique et douloureuse. On ne sait pas si c'est l'île-même qui a développé en lui cette fragilité ou si c'est cette ragilité qui l'a conduit vers ces terres dépeuplées. Le fait est que peu à peu, il se coupe de tous liens. Et peut-être devient-il lui-même son île, une île à déserter puisqu'il est un homme...
"Il ne savait pas qu'il pleurait. Il était trop faible. Comme une créature étrange, irréelle, il ne comprenait plus ce qu'il faisait.
Sa seule satisfaction était d'être seul, absolument seul, et de se laisser pénétrer par l'espace. Seulement la mer grise et les quelques arpents de son île baignée par la mer. Pas d'autres contact. Rien d'humain qui eût mis ce qu'il avait d'horrible en contact avec lui. Seulement l'espace humide, crépusculaire, baigné par la mer ! C'était là la nourriture de son âme."
Magnifique livre !