Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Tu traces sur le papier le trajet de la voix.
Tu ne réfléchis pas. Ta main bouge. Pas vraiment un dessin,
galimatias de signes et de traits.
Tension, confusion, fusion...
Un visage apparaît toujours près du téléphone.
pas vraiment les yeux,
pas seulement la bouche,
pas assez les cheveux, ou trop les cheveux,
ce qui y fait penser, ce que tu prends pour,
dis qu'ils sont là, en regardant bien, ils sont là,
on les voit bien, y'a pas à se tromper !
...Et puis tu ne sais plus, ça ressemble à rien, à moins que...
Avec du bleu, un peu de bleu, pas grand chose,
juste pour les veines de la peau,
sous la peau.
Tu la sens, cette finesse de peau
par-dessous l'informe et le mal foutu,
yeux bouche et cheveux mêlés/emmêlés.
Tu ne démêles pas.
Tu veux garder la vision et l'idée de la peau
des vagues de peau,
émouvantes, tu penses,
encore que ce soit faux, tu ne penses pas vraiment.
Tu es juste émue.
Tu te demandes pourquoi.
Hein, pourquoi ?
Pourquoi ta voix, c'est un bout de peau douce ?