Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
C'est grand, c'est monumental, c'est géant, l'océan !
On est devant, sidérés.
Sidérant et désirant, l'océan ! Comme mon blog, ouvert sur l'horizon... Le mien, jamais que le mien, d'accord, jamais qu'un bord de la vie multiple et ouvragée, un vrai bordel parfois, une tempête prévisible/imprévisible, ras de marée y'en a marre, des limons, des cailloux, fait chaud et j'ai froid, ou bien c'est le contraire, tu ne sais pas à quoi t'en tenir à ce bord de l'eau pleine d'encre dedans, une épaisseur de papier avec des marges, un écran d'ordinateur (ah si on ne l'avait pas, dire qu'on a vécu sans, répété mille fois et s'en étonner du comment qu'on faisait, "avant" !)
Voilà, l'Océan Majuscule... Le poids du temps chuchotait des litanies avec tes mains et nos yeux rivés à un petit bateau frêle, une embarcation de rien, un esquif... alors à cause du mot "esquif", va savoir !, nos doigts traçaient des esquisses de rien, quelques traits, des plans sur une comète, une carte du ciel...Réunir ainsi les bleus et les mélanger, dégrader les couleurs, c'était trop, t'en perdais ton chapeau, alors enfin, enfin, tu trouvais en ton corps le rire du sable...