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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 01:39

Il est 1h et des brouettes et je viens de recevoir un message de Robert Misrahi. Il est encore debout, je me dis, passant d'un livre à l'autre, d'une musique à l'autre, puis, installé devant son ordinateur, il m'écrit. Une très belle et longue lettre comme d'habitude. Là, c'est à l'ordinateur, il est plus fréquent que ce soit sur papier. Ecriture régulière et aérée, l'âme respire sur la feuille. Paris en juillet, oui. Et des lettres avant, après Cerisy, juste après Cerisy, il me dit. Cerisy très bientôt, où je ne serai pas, quand bien même  le film auquel j'ai participé durant quatre jours autour de Robert Misrahi sera projeté et c'est très bien. L'important est toujours que les choses existent. Qu'elles soient donc reconnues, comme de l'existant. Un travail et une présence concrète pour une trace vivante et nécessaire. Et j'y étais. C'était en juin dernier, et c'est justement depuis ce juin dernier que nous nous écrivons, Robert et moi. Un tiroir pour ses lettres. Un an de corrrespondance suivie, de rencontres à Paris et à Bordeaux, en tête-à-tête et en beauté, avec de la gravité des sujets intimes et sérieux, et la légèreté qu'on y met. Voilà nous rions aussi. Et c'est bonheur, "Vitamines du bonheur" dirait Carver, sur cette même recherche de l'esprit "désencombré" (je parle pour moi) et de la liberté toujours voyageuse !

Je relis ce fragment, celui-ci. Puis un autre. Tout aussi beau. Tendre et chaleureux. Sans triche entre nous. Nous nous le sommes dit, ça : "Il n'y aura pas de triche."

 

"Il y a toujours quelqu'un  pour qui nous sommes réellement précieux.

C'est en pensant à toi que je me réjouis. J'ai très envie de te serrer dans mes bras. Ta parole et ta présence me sont précieuses.

Spontanément nous nous écrirons des poèmes de fait.

Nous ne sommes pas seuls et nous créons."

 

Je dis, moi, que je parlais de lui aujourd'hui à ma jeune amie. Hier aussi non, à une autre personne ?

Je dis que sa voix est sur mon blog, depuis deux jours, dans son interview "Des Grands Entretiens" de Busnel, sur France Inter.

Je dis qu'il a été une passerelle intelligente pour une autre  rencontre  (hi hi).

Je dis que sa pensée chemine et que je l'entends mieux à présent.

Je dis que je suis fière de le connaître, d'en être l'amie, et qu'il soit le mien.

Je dis que l'écriture n'est jamais fermée et que la sienne est ouverture sur le désir et le vivant.

Je dis cette j'aime l'idée d'être avec lui à la fois la plus absente et la plus présente dans le poème.

Je dis que le poème est aussi de l'infra-philosophique. Peut-être.

Je dis que je veux un Rötring pour des perspectives poétiques de nulle part.

Et des fleurs quelquefois. Bouquets fragiles et architecturées comme on veut...Mais ...oui, des architectures délicates, les plus belles, tu sais.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 01:35

 

Tout le monde peut pas "être bleu pivoine". C'est un état. Une disposition de l'oeil. Donc de la tête.

Et du corps.

Et du coeur.

"Etre bleu pivoine", c'est le tremblement de cet état.

Un mélange presse purée

à l'étonnée de sa science,

et

d'une petite prescience de soi

sur le bout de la langue.

"Etre bleu pivoine"...

Allez sur le blog du Mobilhome

(magnifique texte)

entre tiens et miens,

toujours...

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:50

 

Ce qui passe par la tête. Elle a écrit sur mon verre en plastique au feutre noir : "Sauvons les coccinelles violettes". Une phrase au hasard ? Pas tellement. La première qui vient sans réfléchir. Ce n'est pas si facile après tout, d'énoncer un "truc" qui passe.

Sans réfléchir, mais c'est toujours réfléchir un peu, le lacher prise de la langue ! Dans le cadavre exquis des surréalistes, il y a de la composition. Une posture de l'assemblage. L'oulipien, ça se travaille. L'Ouvroir de littérature potentielle n'est pas, précisément, de la littérature aléatoire.

Raymond Queneau la définit d'ailleurs comme écrite par des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ». 

C'est un véritable stimulant pour l'imagination qui faut faire agir, réagir. Ainsi Perec (sans accent s'il vous plaît), Italo Calvino et Queneau s'y sont installés dans cette expérimentation de la langue. (Des contraintes littéraires, des sortes de rubans qui existaient depuis longtemps, sous forme de jeux de mots, à la manière des troubadours.)

"L'OULIPO, c'est l'anti-hasard", affirma un jour sans rire l'oulipien Claude Berge,   C'est qu'il ne faut pas se méprendre : la potentialité est incertaine, mais pas hasardeuse. On sait parfaitement ce qui peut se produire, mais on ignore si cela se produira. »5080425563_031c2bdb86.jpg

Voilà, c'est cela que je trouve formidable : "On sait ce qui peut se produire, mais on ignore si cela se produira".

C'est finalement l'exploration et l'éprouvé qui apprennent.

"Sauvons les coccinelles violettes !"   Oui, moi je veux bien !

 

 

 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 16:14

Il sera question de valise, de voyage, d'errance, de gens qui viennent et de ceux quiVRAC 027 partent, de signes de la main qui accueillent ou rejettent, de mouvements du corps qui veulent bien, qui dévorent, qui dégueulent, qui râlent, qui hurlent aux éclats, et pleurent...

Qui dit, aux premiers cris du monde, qu'il sera toujours de ça, que de cela et de tout ça donné aux homm

es, et que "tu te débrouilleras avec Pandore".

Pandore, a-t-elle trahi les Dieux et Zeus ? Est-elle coupable ? Ou victime ? Savait-elle qu'il avait enfermé dans la boîte toutes les misères de l'humanité ? S'est-elle résolue à l'ouvrir, parce que c'était le rôle qu'elle devait prendre, le seul qu'on lui concédait, ou a-t-elle exprimé une volonté de nuire ?

Pandore est celle qui a puni les hommes de leur orgueil. Victime et bourreau. L'Espérance, restée collée au fond de la boîte. Un trouble, une quête toujours, une aliénation, une étoile aperçue qui leurre, qui accorde ses grâces et qui la demande grâce... VRAC 018

La vie en somme où on ne nous dit pas, qu'il sera question de valise au bout des mains, et de voyages et d'errances, et d'une longue marche sur des terrains de rien et en friche

, où trouver sa trace sera faire sa trace, parmi les broussailles, des butées de terre et des terres à perte de soi-même, et puis soi dans le regard de quelques-uns, pour quelques-uns, des yeux dans un cadre cloué sur la poitrine.

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 11:36

'Le très haut' de Bobin. Va savoir pourquoi il y en a eu deux dans la bibliothèque !

les livres seraient-ils vivants, à se reproduire une nuit de lune pleine, quand on a le dos tourné, et qu'ils en font à leur tête ?

Est-ce un signe ? Des mots répétés, ressassés, ruminés, comem pour se convaincre que "Le très haut", faut pas le lâcher, s'y cramponner comme on peut, comme ça vient, avec ce qui est là, même qu'on n'y voit que dalle.

Mais c'est quoi "ce très haut" ? Une idée à suivre, quelle idée ? Oui, c'est vrai quoi, quelle idée ! Est-ce que le mur d'Antoine Emaz devient notre obstacle de vie, incontournable, à défaut de ne pouvoir être escaladé et passé, hop ! conduit par un souffle de vent qui nous porterait tout le corps, et l'esprit, et l'âme,  ses envies, et la vie toute entière ?

Alors on pourrait creuser par en-dessous, de la terre sous les ongles, et collante.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 11:37

 

5114477146_75138599ff.jpgLa vie ce sont des frottements, des tiraillements, des compromis, des souffrances, petites et grandes, des grandes qui seront petites pour les uns, des petites qui seront grandes pour les autres,... La vie c'est accepter le vivant, on me l'a dit tant de fois, accepter les blessures, accepter que nous sommes fragiles et humains, accepter les erreurs, la faute, la culpabilité... oui, oui, accepter tout ça comme étant la loi du vivant et que ce vivant-là le fabrique, etc...

 

Certains psy ont même pensé que les rêves (d'où viennent-ils et comment sont-ils constitués ? C'est toujours une question débattue et questionnée) étaient une préparation aux frottements-mêmes, une façon que le cerveau adopte pour renforcer ses défenses, en quelque sorte.

Vrai ou non, c'est une opinion, pourquoi pas ? qui signifie que la vie n'est pas simplissime et ne va pas de soi, puisqu'elle compose avec les autres et ne peut se départir des autres. Et les autres, ce n'est pas soi : d'autres désirs, d'autres formes de pensées, d'autres affects, d'autres..., d'autres..., d'autres....

Donc il n'y a aucune recette de la bonne vie, du bon comportement, du bon "savoir faire" avec la vie. La mathématique ne joue pas, les sciences ne peuvent rien contre les émotions.

Ainsi, j'ai trouvé bien intelligent, le contrepied de la logique implacable de ce syllogisme : "X et Y sont tous deux des hommes, les hommes sont mortels, donc Xet Y doivent mourir."

Cela est clair et tombe sous le sens, mais c'est sans tenir compte de l'irrationnel qui touche au coeur de ce qui signifie être humain. Siri Hustvedt précise que

"La réalité de X n'admet pas la mort" et ce n'est pas une proposition insensée, ça.Alors tout bascule.

"La distance entre les deux, Xet Y, représente-t-elle la faille entre perspective objective et perspective subjective, entre la science, avec son indispensable logique, et l'art, avec l'irrationnalité qui lui est propre ?"

  TxBrigitte2.jpg

Voilà comment, m'appuyant sur cet exemple, je perçois les choses de la vie. Je ris, je pleure, je pense, je souffre, je réfléchis, je m'étonne, je ne comprends rien à rien, je suis dévastée, je suis submergée, je suis phase comblée, je colérise, je danse, je m'illusionne...

...mais si vous m'ouvrez le crâne,                       

vous ne verrez jamais que deux lobes de matière grisâtre.

Le penseur de Rodin se tient la tête et ce n'est pas un hasard.  S'insurge-t-il de ce que ses deux masses à l'intérieur de lui, soient si bien connectées entre elles, et si mal avec les sensations passantes qui l'écrasent ? 

 

Merci à Zineb d'avoir réalisé ce montage, cette mise en page.

Je vous invite sur son blog "Du mobilhome", ici, dans mes liens.

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 01:51

Un peu d'hystérFFie, ou je ne sais quoi... Plutôt une nervosité, un chat sur les nerfs, sa névrose de conversion comme chapeau sur la tête ou épingle à tes cheveux, un rire qui se tend vers moi, des notes chantonnées au Poquelin Théâtre "dis-moi que tu es belle, la, la, la...", et je ne connais pas cette chanson, ou je l'ai oubliée !

Bon, on rit, on s'amuse, les doigts devant les yeux et une complicité de collégiennes qui se moquent de l'air du temps et de l'avenir, et des légèretés à avoir, ou à ne pas avoir, parce que le compliqué, ça a du bon, celui qui se fait croire à du vivant qui tremble, sans trop effriter  ses murailles, on se dit ... Un peu mais pas trop, parce que le salpêtre, ça étouffe, ça empêche de respirer...

"La bonne hystérie" que t'adores, mais alors, "y'en a que je ne sup-por-te pas", tu dis, et on se marre comme deux baleines en se fumant une clope que tu m'allumes à ton briquet en plein vent.

Ca pourrait bien être toi, celle avec qui partager une cigarette !

Ah, le théâtre ! Les mailles au travers de la trame, et mes points de côté quand je cours au jardin d'un vieil Eden de banlieue sur Garonne.

On joue, on joue, on joue à se jouer de soi-même, tiens !

Même qu'un mec se tire la peau vers le haut des tempes, parce que vieillir lui fait horreur,

même que le014-copie-1s mots sont des accroches et les accroches sont aussi des échardes,

même que les ongles noircissent quelquefois à taper trop fort dessus,

mais ils ne tombent pas tout de suite...

Non, ils repoussent seulement autrement,

font une  sorte de vague encornée sur la peau,

une trace de blessure, un relief de la vie,

un reste, quoi !

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 00:48

 

Pour l'or que t'es,

une "the nana"...

Cette vieille chanson d'il y a longtemps que j'écoutais,

croyant être celle-ci, "the nana",

celle de tous les possibles et qui les voulait...

De mes mains, toucher aux étoiles, oui,

si c'était pas vrai, je voulais que ce soit presque sûr, mon cinoch dans la tête qui me tenait debout...

...et je ne savais pas comment !

J'ai jamais su comment, le sais pas encore.

Faire comment  ? Avec les échangeurs des trams et des trains ? Et des lignes en partance qu'existent même plus ?

Une soupe qui refroidit, et t'as quand même chaud au fond des mains...

Toi, un ange qu'aurait pas d'aîles,

tu raccourcis le temps qui file,

tu cours à la mer,  

vers plus grand que toi,  

trouver ta place de grain pénard au milieu de l'immense qui surprend toujours,

qui te contient dans une évidence de la vie qui boit tes jambes,

tes bras pour faire l'avion

tes cheveux fondus aux algues.


...Et  courir après ton chien qui court plus vite que toi.

T'attendra tout à l'heure.

Quand tu ne redouteras vraiment plus rien.

Ta mélancolie à la traîne...

Un cri qui se sera perdu.

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 03:05

100 3793Y es-tu ?

 

 

Contre les loups des déferlantes de tous bords,

on a envie/besoin de se re-trouver, tu as raison.

Se demander : "Mais quel monde me contient et m' abîme ? C'est donc cela, le monde où bat ma vie ?"

Vouloir s'en abstraire, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie,

et même, même, (est-ce paradoxal, tout ça !)

pour être,

pour vivre, même "au risque de sa vie".

Et la musique alors étrenne ses forces neuves...

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 17:59

Forcément, on se rencontre un jour, un moment, ou tout le temps, sans le savoir.

Quand à se rencontrer soi-même, c'est une autre affaire... Même devant la glace, obsédante et maligne, je ne me rencontre pas toujours. C'est-à-dire que je pense mon image. Toute préoccupée de ce qui est assurément vain, mais... La représentation de soi, la méfiance de soi, la négation de soi etc... ont de beaux jours devant elles. Et devant moi.

Mais quoi, je ne suis pas à part... (En aparté seulement !) Combien sommes-nous, conquérants sans gloire de sa petite montagne, Narcisses écroulés dans leur flaque d'eau, Ondines noyées dans des voiles effilochés et plein d'accros ? On se bile pour que dalle. Que dalle ? C'est pas mal...

C'est là que se tient la différence entre le petit enfant et l'adulte, peut-être. Le petit enfant ne se pense pas au monde. Il est là, de toute éternité, sans durée. Il est l'éponge qui boit la mer, qui la tête, un corps qui bat sans cette "conscience d'être". L'existentialisme n'est pas un concept pour moi-paris.JPGlui. Il est existant, baigné d'existence, éponge fragile

Puis à vrai dire, au diable, les petiots !

Miroir, ô miroir, dis, suis-je  là, à Paris la magnétique, où tu vois ?

Et toi, y es-tu ?

 

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