Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Il y a toujours des tonnes de questions qui tournent dans ma tête... et me retournent. Il y en a bien, je me dis, des gens qui ne s'embarrassent pas de tout ça ou un tout petit peu, ou bien un petit moment, ou bien font passer le noeud avec un carré de chocolat noir, et hop ! et se tirent toujours de tout et... du carré noir.
Je ne les envie pas. Pas du tout, non. Je me demande juste :
Comment fait-on pour ne rien comprendre à rien ? Ou plutôt pour se protéger des questions, parce que de tout façon, on a déjà toutes les réponses sous la main prêtes à servir et interchangeables ?
Ou pour rejeter les questions afin de demeurer dans son raisonnement, toujours le même ?
Je me demande comment on fait pour vivre sans questions sur soi-même, persuadé toujours d'avoir les bonnes réponses, et tout casser pour en être plus certain encore, sans risque d'errance, sans errements en soi- même, surtout pas ça, non ?
Comment on fait pour avoir ses réponses à tout, toujours à tout, et tant d'assurance sur son ego, déplacé d'une chaise à un fauteuil, sans jamais se soupçonner de suffisance ou "d'injustesse" ?
Comment on fait pour être, toujours et quoi qu'il en coûte, dans une vérité sans faille ?
Je me demande comment on fait pour tant "vouloir ne rien comprendre", ("parce que sinon on ne s'en sort plus"), et qu'il faut s'en sortir justement, à tout prix, pas trop fort, le prix, faut pas exagérer non plus, hein ! Faut pas pousser !
J'en reviens alors à mon point de départ :
Je me demande comment ils font, ceux-là, tous ceux-là, pour faire semblant toujours d'entendre l'autre et tout à la fois le nier, finir par le nier tout court, bien court, bien bien court ? Comment ils font pour n'être jamais que dans l'affirmation de leurs certitudes ?
Comment on fait pour effacer de son écriture tous les points d'interrogation ?