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Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.

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En toute conscience

Freud a montré que nous ne sommes pas les seuls maîtres de notre maison intérieure, et que nos comportements étaient régis par des forces situées hors de notre conscience.
Notre identité se construit sur quelles fondations ? Nous sommes une volonté d'être et un manque à être, et ça nous tient comme ça peut, avec ses couacs et ses mystères, ce qu'on comprend de soi et ce qui nous est étrange. Pas étranger, non, parce qu'on vit avec sa peau, mais seulement étrange. Qui je suis moi ? Un visage dans la glace, une silhouette qui passe, je m'invite au seuil de mes yeux et j'ai toutes les raisons de mon étonnement troublé. "C'est le foutoir, ici !"
Alors voilà que je remonte le temps, puisqu'on le remonte toujours en soi, cherchant la petite bête qui nous aura piqué vilainement, le choc du corps sortant de la bulle pour tomber dans son seau d'eau froide.
Schopenhauer, avant Freud, se savait gouverné par des forces biologiques profondes,  qu'il se fourvoyait en croyant agir en toute conscience. Une "philosophie du réel", il disait Arthur, une existence condamnée à la détresse, obéissant à la loi du père fou en devenant commerçant, et libéré par sa mère qui le remet sur le chemin de la philosophie.

Et c'est là où je veux en venir.
A la mère. Les mères m'intéressent, voyez-vous, quand elles ne sont pas réduites à leur ventre et qu'elles sont des femmes, des amantes, des artistes...  
Arthur Schopenhauer n'a pas été aimé, Johanna Schopenhauer, elle, le fut étonnamment.
A la mort du mari, elle vend tout et part vivre à Weimar, une ville inconnue, mais une ville, quoi ! Elle sait ses talents mondains, son talent tout court. Elle se lie à Goethe, aux artistes. Elle écrit, la mère. Cette femme fut la première femme d'Allemagne à gagner sa vie comme écrivain, romancière réputée. En 1820, les oeuvres complètes de Johanna Schopenhauer furent publiées en 20 volumes.
Contre son fils, contre la morale, contre la bien-pensance, elle s'est emparée de sa vie, en toute conscience. Qui se souvient d'elle ?
Arthur a écrit, lui, deux passages de tendresse destinés à son père qui ne l'aimait pas. "La condition humaine ? Veux plus en faire partie", qu'il disait à sa mère qui l'aimait.
La vie est mal foutue. C'est pour ça que ça donne des beautés, d'ailleurs. Du mal et des comportements qui ne cessent de nous étonner. Des génies et des fous.
"Les fêlures, ça laisse au moins passer la lumière".

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G
les grecs étaient fortiches, ils ont collé une muse à l'histoire; l'histoire comme un art de la fiction...^^
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G
"libéré par sa mère qui le remet sur le chemin de la philosophie"<br /> <br /> bof.....si elle avait réellement souhaité le libérer, elle l'aurait mis sur le chemin de la poésie, pas de la philosophie...dont certains attendent toujours au bout de deux millénaires qu'elle dise enfin ce qu'est le sujet... ce qui n'arrivera sans doute jamais^^.<br /> <br /> néanmoins, votre raccourci péremptoire sur schopenhauer omet les quelques remarques qu'il a pu faire après son approche succincte des premières traductions européennes de la baghavad gita et autres écrits indiens.<br /> <br /> histoire de sourire, reprenons votre première phrase "...comportements régis par des forces situées hors de notre conscience.", très amusant quand on se rend compte qu'aucun psy (-chologue, -chanalyste, etc) ne sait dire ce qu'est la conscience at qu'à peu près tous se débinent dès qu'on leur demande s'il existe un "espace" (terme impropre, mais à défaut de mieux...) en-dehors du mouvement de la pensée... donc, sourions d(*_*)b
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B
<br /> Qu'est-ce qu'on en sait ce qu'est la conscience ? La perception de la conscience évolue avec l'histoire de l'humanité.<br /> <br /> <br />
C
beaucoup de matière à réflexion dans ce seul billet. Émancipation des femmes et psychanalyse : vaste sujet. Y'a des trucs chez Freud qui me font tiquer : genre, les pauvres femmes n'ont pas de pénis c'est pour cela qu'elles souffrent. (mais bon je simplifie) quand à Mme Schopenhauer, elle n'a pas dû rigoler tous les jours avec son génie de mari. (enfin moi ce que j'en dis...) si j'ai bien lu ce que vous dites, elle fut une sorte de veuve joyeuse ou je me trompe ? bises bon dimanche.
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B
<br /> Une femme de culture qui voulait vivre sa vie, et non que sa vie la vive.<br /> Bonne soirée à vous, Carole.<br /> <br /> <br />
L
Ah oui, c'est Audiard ! Magnifique ! <br /> (Relisez Freud, vous saurez :o)
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B
<br /> Il est dans mes lectures et on découvre toujours d'autres possibles.<br /> Audiard est plus simple, plus rigolo, avec talent.<br /> <br /> <br />
C
Merci Brigitte pour ce texte sensible et intelligent. Au moins, ici, je ne me sens pas épouvanté par le trac...
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B
<br /> Ah bon ! Epouvanté par le trac ?<br /> Pour la sensiblilté et l'intelligence, ben oui, c'est là !!!!!!!!<br /> <br /> <br />
L
Citer Freud dans un billet qui évoque l'émancipation d'une femme je trouve cela incongru mais bon, soit ! :o)<br /> J'ai déjà lu cette dernière phrase, sublime, sur les fêlures... Etait-ce sur votre blog ? (j'ai une mémoire de poisson)
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B
<br /> Pourquoi donc est-ce incongru ? Parce qu'il était un peu réactionnaire sur le sujet ? Parce qu'il a soigné des femmes plutôt ligotées en elles-mêmes ? Ca sera en opposition manifeste alors.<br /> La dernière phrase est d'Audiard. Et je l'aime beaucoup. Bonne journée à vous !<br /> <br /> <br />
O
Merveilleuse dernière phrase.... il y a un temps pour tout. Je suis heureuse de rentrer dans une autre période de ma vie qui sera différente mais ne remettra pas en cause les précédentes... une continuité enrichissante.<br /> Bonne journée !
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B
<br /> Merci, merci, Or pour votre passage et bonne soirée à vous ! A bient^to vous lire.<br /> <br /> <br />
M
De l'identité/ d'où ça vient : immanquablement de l'enfance, tout est là, précieusement là, de cette identité pour soi aux identités sociales: un dialogue permanent. Il y a pour moi une auteur majeure dont toute l’œuvre est une quête, une enquête sur ce questionnement, Annie Ernaux. Colette dans son genre fut pas mal non plus, le génie de Colette et c'est peu dire. Etre femme, être mère, être créatrice. It's the question, the problem pour chaque femme, je crois. Je relis en ce moment le merveilleux journal de Virginia Woolf : autre destin.
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B
<br /> Merci de votre passage, Marie et de vos notes de lecture.<br /> <br /> <br />
H
Et si la vie était bien foutue, elle donnerait des laideurs ? Y aurait plus de fêlures ? Redisons-le, "Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y, et nous nous resterons sur la Terre qui est quelquefois si jolie." Ben oui.
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B
<br /> Oui, ce serait moins intéressant sans doute. La vie n'a de cesse de m'étonner, dans tous les sens. Cadrage grand écran, lumière optimale, regarde !<br /> <br /> <br />
C
Et les "démonstrations" de Freud valent pour "l'éternité, bien sûr".
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B
<br /> Joli clin d'oeil, Christophe ! Bonne soirée à vous.<br /> <br /> <br />
D
Une femme qui a su se libérer, ce qui était assez rare à l'époque, surtout dans cette société luthérienne.
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B
<br /> Oui, courageuse et maîtresse de son existence.<br /> <br /> <br />