Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
On nous parle de rupture sociale, nos gouvernants aiment bien ça, s'allonger dans le drap de la rupture sociale, sur un lit où ils chavirent d'aise et de comblement d'eux-mêmes. Ils se reproduisent avec plaisir, reconduisant le malaise vagal des plus faibles, l'appauvrissement culturel et les différences entre les êtres.
A quoi cela tient-il ? Pourquoi ces ressources inégalement distribuées ?
Il n'y a pas de rupture. Les mêmes enchaînements sont à l'oeuvre et le système fonctionne l'amble. Les mutations, que l'on pensait incontournables, (par l'informatique, la robotique, la génétique....) sont bien pauvres quand on considère les constantes qui s'aggravent, en ces temps de rentrée scolaire.
Pierre Bourdieu le disait (c'était en quelle année ?) : "C'est parce qu'il y a des différences que ça paie, que les enfants des classes aisées réussissent mieux, et la réussite se transmet, en général, à travers les familles." Le capital social plus le capital culturel font le bagage de départ de chacun. Une langue mieux maîtrisée, une implication scolaire, des enfants récepteurs au savoir, l'accès à l'école, puis à la grande école, et les inégalités seront encore renforcées. De fait et en toute impunité.
La rupture n'aura pas lieu ! Le TGV est sur les rails depuis longtemps et passe des frontières folles qu'on ne savait pas exister. Les lignes sans démarcation ne sont plus des lignes. Des conduites méprisables dans des parures salies où meurent, une à une, les idées de justice.
Je sais des lumières, des heures, des fulgurances et des mots... justes.
Des tortillards sur des voies de garage. Un livre sur la banquette. Wagon-couchette si tu veux dans le filet des valises. Une photo de la place Arthur Rimbaud à Châlon-sur-Saône, la cathédrale aussi dans un cadre d'alu dont le verre s'est fendu côté gauche. La porte à coulisse sur le couloir où je fumais une cigarette.
Et cette éternité minuscule d'un regard qui scintille autrement, d'un chat qui rit, d'une fillette en cheveux qui te danse ses flammèches.