La contrainte est un espace de liberté. Un mot qui s'évade. N'importe quand. N'importe quand !
Oui, oui, je sais ce que ça vaut, comment ça va, ce qui fonctionne, ce qui est à l'oeuvre. L'injonction ne veut pas de bien le plus souvent, sert à casser, à asservir, à mater l'animal, lui mettre un joug devant la bouche, museler la langue. L'ai entendue mille fois. Y'a longtemps. Mille et une fois et c'était trop, oui. "Tais-toi !" "Rien à dire, tu n'as rien à dire, rien à re-dire !" La contrainte contraint. Bon ! Une fois ceci posé, c'est tout l'imaginaire qui se déploie. La langue muselée se déplie à l'aise dans sa paille et ses feuilles. Et ce sont des acanthes qui s'accrochent à des parois de verre. "Tais-toi donc !" Des musiques vagabondent, tu n'en croirais pas tes oreilles, des cartes perforées dans les limonaires qui roulent sur tes pavés, sous ton crâne, à midi, rendez-vous à l'embellie pour l'orgue des mains, la litanie des doigts, deux, trois histoires, deux, trois personnages dans l'histoire tu ne sais plus, un scooter sans clé et des images perdues, (pas vrai !), au fond des yeux, des mots qui volent d'une bouche à l'autre comme des mouches que t'attrapes pas, pas le temps... "Tais-toi, tais-toi donc !" ...Du silence et ce serait pareil, tu vois, pour le virage que prend la pensée en épingle à cheveux, ses chuchotis comme ça te plait, à marmonner de l'or et ses barres où se garder dehors... "Tais-t...." ...Et c'est un tel vacarme, du caillon on disait dans mes années marne, une métamorphose qui s'empare du luth et des saxes qui phonent la beauté des choses, des plaintes pour le bastringue des neurones. "L'embellie, l'embellie,l'embellie !"
Horatio n'a pas dit que la littérature était un raccourci, mais qu'elle pouvait se permettre des raccourcis par rapport à la philosophie. La littérature, la poésie jouent sur une connivence avec la lectrice, le lecteur. C'est ça qu'il a dit Horatio ma chère Brigitte !
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Yes ! Les contre-sens sont toujours possibles quand on lit un commentaire. Quant à Jean-Paul et son homme libre sans déterminisme jamais, faut woir !!!<br />
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C
Coumarine
03/09/2009 10:10
en tant qu'animatrice d'ateliers d'écriture, évidemment que la contrainte est un espace de liberté! (consigne plutôt que contrainte dans ce cas)<br />
Si je dis aux participants d'écrire quelque chose...ils auront c'est quasi certains le syndrome de la page blanche.<br />
Si je leur propose une consigne (il y en a de toutes les sortes...leur imaginaire peut démarrer en force...c'est chaque fois comme un petit miracle...<br />
(j'aime beaucoup vos textes...)
La littérature peut se permettre de fulgurants raccourcis, mais qui font parfois souffrir la philosophie. "Une contrainte est un espace de liberté" mais, sur le plan philosophique, il conviendrait d'ajouter : "Quand cette contrainte est librement consentie" ou encore "A l'intérieur de cette contrainte peuvent être exprimées des choses du troisième ou du quarantième degré lorsque cette contrainte relève de la censure." Mais nous sommes ici en littérature, et dans la liberté. Et la beauté de ce texte nous indique qu'il y va d'un certain bonheur, me semble-t-il. Non ?
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Je ne sépare pas tant littérature et philosophie. Puis, l'obéissance à la loi qu'on s'est donnée est espace de liberté même si c'est aussi contrainte pas forcément choisie délibérément. Puis Sartre<br />
n'a-t-il pas montré que l'homme, rencontrant tout un tas de limites non voulues, le travail, les autres, la mort... tentaient d'assumer ces limites contraignantes et (c'est bien tout le problème de<br />
l'existence et du choix !) en les refusant, en les acceptant ou en les dépassant. L'existence, ne devant pas être déterminée par le seul fait de vivre, l'essence humaine, elle serait liberté<br />
suprême. L'homme est liberté, dit-il, et cette liberté intérieure, aujourd'hui, donne sens à ce que je suis. Je donne une réponse à mes limites, aux contraintes qui m'assaillent, je m'en arrange,<br />
en liberté de mon être. Bon, enfin, des trucs comme ça. La tittérature n'est jamais un raccourci, enfin, moi, je ne crois pas cela.<br />
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O
Or
02/09/2009 23:09
Contraignez et vous poussez l'autre à s'évader... naturel et sain !<br />
Belle soirée à vous
"La contrainte est un espace de liberté", voilà que ça commence par un oxymoron. "Tu n'as rien à dire", et si le silence était de la parole qui cherche ses mots et ne les trouve pas ? un caillon pétrifié ? un scooter dont le clé aurait été perdue ? Et que dire de ces acanthes qui s'accrochent aux parois de verre ? L'embellie, c'est peut-être ça : un champ des possibles à vouloir toujours. Magnifique ce texte.