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Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.

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Pour Claire Seriès

 



J'ai vu la douleur posée sur ses épaules.
D'abord de loin.
Elle était assise à son bureau, elle écrivait.
D'abord de loin, cette douleur.
"C'est terrible. C'est effroyable.
Je suis dans l'incroyable..." elle m'a dit.
Douleur et douceur confondues.

On reste, là, à côté de la douleur, 
ne pouvoir que ce peu des bras 
autour d'un corps perdu,
une enveloppe de chair qui ne sait plus être...
Dans l' attente d'une terre de sable et d'eau,
au bout des mondes, 
sa montre arrêtée.
Un bagage à main dans l'avion du retour,
un sac noyé de sel
et rien pour respirer...



Claire Seriès a perdu son mari cet été.
Depuis toujours, elle soigne les malades du corps et de l'âme, des femmes anorexiques qu'elle aide à se réparer avec une compétence intelligente et humaniste peu commune. Mes pensées l'accompagnent dans sa traversée du chagrin.
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R
Bonjour j#ai été suivi par le professeur Séries. Elle a été d'une aide précieuse même si elle paraît ferme,elle est la pour nous aider. Je la trouve tout à fait compétente pour ce genre de trouble. Elle comprend ce mal-être et fait tout ce qui est en son pouvoir pour nous aider. C'est une aide précieuse.attentive Merci à elle.
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S
Bonjour,<br /> <br /> J'ai rencontré aujourd'hui le Docteur Series pour la première et dernière fois.<br /> C'est une femme autoritaire, butée et pas du tout ouverte à la moindre psychologie.
Répondre
S
Oh non, je ne me trompe pas.<br /> J'ai vu des psys, j'ai 12 ans de psychothérapies derrière moi et mon époux qui n'a pas ce problème et en impose a eu exactement le même ressenti que moi.<br /> <br /> Elle n'a pas les qualifications requises pour exercer cette profession.
B
Je pense que vous vous trompez. Vous n'avez pas perçu la pertinence de son discours. Vous avez vos raisons sans doute.
L
<br /> Moi aussi je trouvais durant mon hospitalisation que Mme Seriès avait une très forte autorité . Mais j'ai eu l'occasion de la voir lors d'un colloque sur les troubles alimentaires et j'ai percu une<br /> autre femme,qui reste très sensible à notre addiction. Après c'est un choix d'accepter ou non sa facon de pratiquer. Mais en aucun cas elle n'est critiquable! Réfléchissons plutot au fait que nous<br /> nous mettons en danger de mort et heureusement qu'il y a des médecins pour nous aider, car la société nous boude encore ! " elle a qu'à manger !" Mon choix s'est tourné vers un autre thérapeute,<br /> mais jamais je ne reprocherais l'autorité de Mme Sériès, peut-etre qu'à cette époque c'est ce qui m'a permise d'accepter la maladie.Aujourd'hui, je survie au quotidien,et mon chemin vers la<br /> guérison est encore loin, mais grace à son service j'ai rencontré des gens compétents et compréhensifs. La clé c'est nous qui la détenons, les médecins ne font que nous guider. Et si on ne trouve<br /> pas la clé, il ne faut pas leur "jeter la pierre, c'est trop facile" !!!<br /> <br /> <br />
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S
Loloe,<br /> <br /> Ce n'est donc pas elle qui vous a aidée et vous n'êtes pas guérie ...
B
<br /> <br /> Bonjour Loloe, super de te lire ! on se reverra en septembre sans doute.<br /> <br /> <br /> Passe des vacances pleine de belles émotions;<br /> <br /> <br /> baisers doux<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> J'ai l'impression que nous ne connaissons pas la même femme! Je suis anorexique et il y a deux ans j'ai été enfermé à deux reprises dans son service, seule dans une chambre face à mon désarroi, mes<br /> angoisses, mes plateaux, mes poches de gavages, sans aucune écoute, presque aucun regard, on ne répondait jamais à mes questions, je n'avais même pas le droit de pleurer sinon l'unique heure du<br /> dimanche où je pouvais voir ma mère, m'était supprimé. je ne vais pas continuer j'en aurai pour des heures, mais juste pour dire que Mme Series, son service et bien sur Mr Mainhagu m'ont détruite<br /> un peu plus et ne m'ont en aucun cas aidé au contraire je ne me suis jamais autant sentie merde que depuis eux. et la plupart des patientes pense la même chose, à vrai dire mêmes les médecins que<br /> j'ai rencontré ont le même avis. Je ne pouvais pas fermé cette page sans répondre à tout ce que j'ai lu.<br /> <br /> <br />
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S
Olga,<br /> <br /> C'est le même ressenti que j'ai eu et en aucun cas, je n'accepterai une hospitalisation dans son service. Je lui ai dit. J'en ai fait des cauchemars cette nuit.<br /> C'est pire qu'un gendarme et je pèse très fort mes mots.<br /> Courage à vous; nous sommes dans la même galère.<br /> Merci pour votre témoignage; pour l'avoir rencontrée je crois totalement tout ce que vous écrivez.<br /> Avec moi, elle est "tombée" sur un os très dur.
B
<br /> <br /> Chère Olga, je sais que c'est très dur les jours à l'hôpital, je sais, cependant, je sais aussi que madame Seriès est un être attentif et compétent. Vous avez le droit de ressentir les choses<br /> ainsi, mais nous avons la liberté de choisir de venir ou non dans son service. L'enfermement, comme vous dîtes, doit être consenti. Souvent il ne l'est pas. Je regrette que vous ayez ce sentiment<br /> de n'avoir pas été entendue, parce que c'est un sentiment terrible, oui. Parce que cette maladie est terrible aussi. Les choses sont toujours perfectibles évidemment. Mais les politiques<br /> hospitalières ne vont pas dans le sens que madame Seriès aimerait, elle aussi, lui donner. Elle s'est engagée dans un combat difficile et sans elle aucun service n'existerait, il faut savoir<br /> aussi cela. Je suis désolée pour vous et je vous envoie toute ma sympathie, sachez cela. Bonne journée à vous.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> j'ai entendu parler de Claire Séries,qui a reçu ma petite fille anorexique Anna;mais celle-ci reste dans le deni,malgré les conseils de ce docteur spécialise dans l'anorexie.<br /> Je suis triste pour cette femme très devouée qui vient de perdre son mari.<br /> bon courage Madame.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Claire Seriès, vous avez raison, est une femme extraordinaire. Votre petite fille peut aller la revoir, elle trouvera une écoute, une gentillesse et une attention comme il en existe epu. Il faut<br /> qu'elle sache cela. Même avec ses peurs, elle peut faire confiance en Claire Seriès,   elle est en protection auprès d'elle avec ce qui la constitue et la hante.<br /> <br /> <br /> Merci madame de votre commentaire.<br /> <br /> <br /> <br />
M
En ai les (l)armes aux yeux (je m'approprie les mots d'autres pour dire) (car les miens sont pauvres face à l'intense exérèse des sentiments)
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B
<br /> <br /> Merci pour elle ! Les larmes peuvent venir sans qu'on s'y attende parfois.<br /> Bonne soirée à vous, j'espère.<br /> <br /> <br /> <br />
G
Juste avant un groupe de parole, j'ai appris la terrible nouvelle, et personne me mérite la disparition d'un etre cher .j'ai été hospitalisée dans le service du Dr Series et malgré sa droiture, son autorité, elle reste un médecin respectable et compétent . Après c'est la personnalité de chaque anorexique qui suit son chemin de guérison ou de déchéance .Meme si ma guérison ne se présente pas à l'horizon, je me rends compte que c'est un excellent médecin . Et je lui présente mes très sincères condoléances .
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B
<br /> Ta trajectoire a la chance d'avoir rencontré madame Seriès. Droiture, respectabilité, compétence, excellence, tu as raison, oui. Bonne soirée à toi, Loloe.<br /> <br /> <br />
M
Mme Series,<br /> J'ai appris cette triste nouvelle recemment et ca faisait un moment que je voulais vous contacter pour vous dire a quel point j'aimerais pouvoir vous aider comme vous avez aide autant d'autres personnes dans votre vie. Nos pensees sont avec vous.
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B
<br /> <br /> Bonjour Mary ! Nos pensées vont vers elle, oui.<br /> Bonne soirée à toi.<br /> <br /> <br /> <br />
C
Devant ce douloureux événement, je suis aussi triste que décontenancée. "Ce petit bout de femme" qui m'a sauvé la vie ne méritait certainement pas ça, mais qui le mérite vraiment? J'aimerai la réconforter mais je sais que les mots ne suffisent pas. Je lui envoie alors toute ma tendresse.
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B
<br /> Oui, Claire, elle t'a sauvé la vie et tu lui en es reconnaissante, non seulement parce qu'elle est médecin, mais parce qu'elle porte en elle ce "plus" qui fera toujours la différence entre les<br /> êtres. Bonne journée à toi, bella !<br /> <br /> <br />
G
Le professeur Claire SERIES dirige le service de médecine interne à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux depuis 1992. Trente lits dont la moitié accueille notamment des femmes adultes souffrant d'anorexie. Cette maladie de l'âme qui amoindrit le corps, si singulière, nécessite une pratique hospitalière inscrite dans la lenteur, où la parole soigne tout autant que l'urgence médicale. Claire SERIES travaille en étroite collaboration avec les docteurs Pierre MAINHAGU, psychiatre, et Gérard OSTERMANN, psychothérapeute. Ensemble, ils offrent à ces femmes souvent rejetées par leur entourage une prise en charge globale de leurs maux.<br /> Mais la réforme du système hospitalier fait planer sur le service de Claire SERIES de sourdes menaces. Il a fallu, déjà, batailler pour maintenir les lits des anorexiques. Au mois d'août dernier, le Tripode resserre encore son étau comptable sur l'avenir de ces femmes en détresse physique et morale.<br /> Claire SERIES rentre de congé et apprend qu'elle n'est plus chef de service. Le cabinet de consultation attenant à son bureau est verrouillé. Le docteur MAINHAGU est licencié. Les lits des anorexiques, rebaptisés lits d'addictologie, se limitent à six.<br /> Stupeur ! Consternation ! Effroi ! Claire SERIES écrit à la Direction de l'hôpital, au ministère de la Santé. L'hôpital ne répond pas. Le ministère ne répond pas. Silence et solitude. Un engagement sans faille auprès de la souffrance réduit à l'hallali. Que vont devenir les patientes de Claire SERIES alors qu'il n'existe aucune autre structure pour soigner les anorexiques adultes ? Comment Claire SERIES pourra-t-elle continuer à exercer sa profession avec la même exigence médicale et éthique ? Le docteur MAINHAGU, fidèle parmi les fidèles, reste à son poste, bénévolement. Le docteur OSTERMANN n'est pas inquiété pour le moment.<br /> Souhaitons, pour les malades et leurs proches, qu'une solution humaine saura éclairer leur horizon !<br /> <br /> http://www.cetaitdemain.org/article-23196201.html
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B
<br /> Le texte de Dominique Boudou qui date de quelques temps éclaire l'engagement de Claire Seriès et son éthique du médecin remarquable qu'elle est. Merci de nous le faire passer<br /> ici.<br /> Chacun entendra "quelque chose" de sa voix humaine.<br /> <br /> <br />
G
J'ai failli, seulement failli, perdre mon mari. Peu de vie commune, trois ans. Et seulement ça , oui, c'était déjà incroyable et effroyable...<br /> J'ai toujours été (essayé d'être) une soignante de la personne, entière, humainement... Cette expérience m'a incroyablement muri, fragilisée aussi... J'avais vécu pire, mais ça, ça a été une brisure...<br /> Courage à votre amie et merci pour vos mots.<br /> Bien à vous.
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S
Brigitte,<br /> <br /> Madame Series n'a rien d'humain surtout face à des personnes dans une telle souffrance que la nôtre.<br /> J'ignore ce qui vous fait tellement la vénérer mais je ne partage absolument pas votre ressenti.<br /> <br /> Sans rancune
B
<br /> <br /> Merci pour cette amie de bien, Galoune. Votre expérience vous a fait entrevoir cet effroyable-là. Une sombre immensité, oui, sans doute que ça ressemble à quelque chose comme ça.<br /> Bonne soirée à vous.<br /> <br /> <br /> <br />
B
Je suis retournée sur votre blog, Saravati et je ne trouve soudain plus les mots... Merci à vous, vous me faites bien du bien, vous savez.
Répondre
S
Quand la douleur est si profonde qu'il semble ne plus rien rester de la vie, l'empathie est une des dernières valeurs qui fait notre humanité...<br /> <br /> Je voulais vous dire, Brigitte, que le dernier texte que j'ai écrit m'a été en partie inspiré par vous ! Merci pour cette source !
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B
<br /> Je vous remercie mille fois Saravati, de votre commentaire émouvant et de cette confiance que vous me faites.<br /> Vous avez raison sur l'empathie à déployer pour l'autre en souffrance.<br /> Merci à vous.<br /> <br /> <br />
A
(...)
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B
<br /> <br /> Les mots se prennent dans la gorge, restent bloqués en pelote de laine.<br /> <br /> <br /> <br />
L
Oh que si Horatio, si vous le permettez, les mots nous sauvent du silence des dépouilles.
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B
<br /> <br /> Les mots sont très pauvres parfois, mais ils sont. Le langage des gestes a sa puissance, devient une autre manière de parler... et le silence ne se peut pas.<br /> <br /> <br /> <br />
C
[...]
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B
<br /> Oui, on reste sans voix parfois.<br /> <br /> <br />
D
Quand j'ai su ce drame en feuilletant Sud Ouest j'ai été atterré toute la journée. Je ne connaissais pas le défunt mais je connais Claire Series. Je serais tenté de dire qu'une femme comme elle ne méritait pas ça mais personne ne le mérite. Je pense à elle, voilà. Et que dire d'autre qui ne serait pas dérisoire...
Répondre
B
<br /> C'est un être d'exception, oui.<br /> <br /> <br />
H
Oui, les mots ne servent à rien devant certaines douleurs. Juste cela de possible parfois : prendre dans ses bras cette "enveloppe de chair qui ne sait plus être".
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B
<br /> Dire sa présence. Juste cela peut-être, pour ne rien égratigner.<br /> <br /> <br />