Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
"Qui peut dire qu'il ne boîtera pas dans peu de temps,
que ses hanches ne se déboîteront pas demain,
que ses mains ne se tordront pas dimanche."
Je ne sais plus qui a écrit cette phrase.
Dans quel livre.
Mais je la malaxe souvent.
Depuis longtemps.
Pour savoir, mieux savoir, ne pas oublier peut-être
que ce que je tiens est précieux,
quand le pire est certain, toujours.
"Un coup de dés, jamais, n'abolira le hasard".
Oui, ça c'est Mallarmé. Et je me suis pris aux cheveux sur cette phrase... Pas vous ?
Je la comprends ainsi, à la tordre dans tous les sens, à la déboîter sous la langue, à en saisir ceci que dans le vertige de l'existence, chacun est toujours perdant...
Et, en quelque point de la terre où que l'on se trouve, l'orage s'arrache
à soi-même,
l'orage peut s'arracher de soi,
qu'alors toute pensée est un basculement et un brasier,
un effondrement que l'on croit tenir.
Pour savoir l'air et le vent, mieux savoir,
ne pas oublier peut-être.
Mon souffle, là, en quoi diffère-t-il de celui de l'agonisant ?