Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Il dit : "un processus, un processus à l'oeuvre".
Je pense au processus de séduction cher à Brassens, au processus de la rupture, au processus inflationniste... Non, rien à voir, ceux-là.
"Le processus en marche, à côté de moi".
Le processus ? Un point de départ. Il y eut un jour où quelque chose a commencé. Un événement. Un geste. Une idée qui vient avec le jour, que sais-je. Puis une pensée. Une autre. Une autre encore. Une insistance de la pensée. Puis un enchaînement d'actions, de faits, et d'événements coordonnés pour aboutir à un résultat déterminé. Un processus est né. Divin. Inévitable enfant de la conscience.
Prenez la marche, par exemple. C'est un agencement de complexités pour aboutir à une volonté de mettre un pas devant l'autre, le déplacement de son corps dans un espace. Un point de départ et un point d'arrivée.
Le processus est une mécanique dans laquelle la volonté est agissante.
Une suite continue d'opérations constituant une manière de fabriquer quelque chose, de donner lieu à une autre situation.
Est-ce que le processus fonctionne tout seul, et arrive à son terme, comme un organisme autonome qui aurait juste besoin du temps pour achever son parcours ?
Le processus... Quel processus ? (voilà, c'est moi, bonjour ! je suis le processus...)
Pour quel sens ? Faire quoi ? Aller où ? Si on ne sait pas quel sens lui donner, ni pour quel désir il existe, ni le où du quand comment de son désir, le processus reste informe, à l'image de son tourment. Il changera autant de fois que l'on changera de cap, le gouvernail rendu fou, l'horizon mouvant.
Je ne crois pas qu'il soit des automatismes en sciences humaines, justement parce qu'elles sont humaines. Il n'y a que du désir.
Mais celui qui sait absolument ce que toujours il veut n'est pas encore né. Le processus vaut pour ce à quoi on croit et travaille pour soi. Seulement pour soi. Pour approcher ses doutes, ses angoisses, ses paradoxes, pour comprendre quelque chose du mystère de soi.
Aller voir un psy est la preuve d'un processus enclanché pour d'autres processus de soi à démonter. Sa mécanique intérieure sur le billot. Pas de cadeau à se faire, pas de complaisance pour soi-même, une lucidité de ses neurones à l'oeuvre, et l'observation sous une lampe blanche de ce qui peut être dessoudé, démonté, relié, réuni, accepté, admis...
"Le processus" est une évolution des phénomènes.
Il n'agit pas. Il est agi.