Jardin public
Calme et quiétude d'un jardin où des enfants batifolent
Terrasse d'un café où mon ami croit voir Georges Chelon
Camionnette de la police
Passants qui jogginguent
Arbres centenaires
Amoureux qui se quitteront bientôt et ne le savent pas encore
Camionnette de la police
Pelouse tondue de frais
Escaliers où on s'assoit
Pigeons extravagants
Rosa Bonheur qui n'a pas été toujours heureuse assise sur son socle
Ballon qui roule échappé d'une main, mais laquelle ?
Mains qui se tiennent
Ciel languissant
Camionnette de la police qui refait un tour
Bouches qui articulent des mots que je ne saisis pas
Jeunes torse nu
Petite fille qui escalade les escaliers comme un petit cabri imprudent
Peur et vigilance de mon ami
Camionnette de la police arrêtée près du groupe des jeunes indolents un jour de soleil tardif
Fouille des jeunes indolents un jour de soleil tardif qui se laissent faire
Rosa Bonheur ne la ramène pas !
Amoureux qui, eux, s'aimeront toujours
Magnolia qui rappelle un livre
Couple de vieux dont la vieille tangue sur sa canne
Mains accordées
Oeil de biche et noisettes
Ecureuils en amour
Camionnette de la police qui s'éloigne des jeunes indolents, le soleil tangue comme la vieille
Ecureuils ici, au jardin public ? Et pas d'étonnement pour autant
Fleur de magnolia que je sens pour la première fois
Feuilles qu'on croirait frottées à la cire d'abeille
Parchemin où écrire quoi ?
Ecureuils qui se sauveront s'ils le veulent
Supposé Georges Chelon se lève de sa chaise pour aller sans doute aux toilettes
Rosa Bonheur ne voit ni Georges Chelon ni les écureuils qui, eux, la voit
Chewing-gum à la fraise
Georges Chelon est soulagé, il sourit
Porte du jardin
Les écureuils sont dans la ville,
soit par là, soit par ici.
En apesanteur.
En déséquilibre.
Mais là.
Merci à Clarinesse à qui j'ai emprunté le titre de cet article, inversant les mots.