Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
On me dit qu'on n'écrit pas un blog pour faire de la littérature...
Certes, cependant dès qu'il s'agit d'énonciation, mieux vaut que la forme y soit et que la langue ne reste pas dans le fossé du tout venant des mots.
Puis enfin, derrière un mot s'en tient toujours un autre qui va creuser l'idée et dévoiler sa texture.
L'image n'apparaît pas tout de suite dans le bain du révélateur. On aperçoit d'abord une ombre, de loin. On prend garde. On est vigilant. On croit que "la chose" est stabilisée, mais on se trompe.
La pensée à l'oeuvre suit un chemin. Jamais fini. La route ne s'achève pas, un ruban déroulé infiniment, au fil des émotions, des angoisses, des fatigues, des murs et de l'immensité de ce qu'on sait et de ce qu'on ignore.
Des "pourquoi ?" toujours, et tellement de doutes dans ma tour d'orgueil.
En avance ou en retard sur le monde.
"En littérature, on progresse à l'ancienneté". J'aime bien cette phrase de Julien Gracq. J'ai oublié d'où je la puise, mais je l'aime bien.
Une pensée, un raccord, un rajout, un trébuchement de la pensée...
Au bout d'un questionnement, c'est une porte qui s'ouvre encore. Gigognes les portes. Et très visuelles. Dans ma tête, j'imagine des portes fermées... à ouvrir.
Un couloir infernal.
Sans fin, les portes, et les questions... La pensée ne sait pas de repos.
Et ça continue d'avancer, en nous, en moi.
Peu importe l'issue du trajet.
Parce que pour l'essentiel, au bout du bout,
et au bout du monde,
on sait bien ce qu'il en sera !