Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Pour ne pas oublier que ça a existé un jour. La revue "Microbes" n° 84 vient de paraître et m'accueille, ainsi que Fabien Sanchez Raphaëlle Blomberg, Massimo Bortolini, Pierre Castermans, Jehanne de Champvallon, Suzy Cohen, Pierre Desagre, Jean-Philippe...
Nos mots dans d'autres pas une marche lente qui ne s'efface pas n'oublie pas ce qui n'a pas encore eu lieu ".... Après avoir traversé un petit bois, elle aperçut, au bout d'une allée, dans l'endroit el plus reculé du jardin.... un homme.... qui paraissait...
link Pour que ça ne s'égare pas dans les limbes du net, je consigne ici. La belle revue "Paysages écrits" accueille quelques-uns de mes textes p56-59, accompagnés d'une interview sur mon premier recueil publié, p213-214. L'enquête recueille aussi la parole...
On entre dans Battre le corps sur la pointe des pieds. On le sait tout de suite : les mots ont leurs effrois, leurs déchirements, des peurs. On saura aussi leurs bienveillances extrêmes, dans une nacre très fragile. Le corps diaphane devient terre de...
Ce jour, il est question de fleurs, brins de rose ou muguet... Ou bien des toutes fragiles dans le vent rouge. Quelquefois, oui, le vent est rouge. ("Comme un p'tit coquelicot mon âme") Aussi rouge que le ballon est bleu ! Le ballon bleu s'est donc fait...
Correspondance avec mon frère de coeur. Lui, il invente des histoires, il dessine, il légende. Une idée, hop ! un stylo Bic, un feutre, un rötring à portée de main... Suffit de trois traits pour enclencher la mécanique de l'imaginaire. Ou inversement....
Souvent. Une frontière dans les yeux. L'autre quai, l'autre côté de la rue, l'autre bout de la place. Par-dessus l'épaule. Tu rassures la nuit, chuchotements, criailleries, manière de ne pas porter trop loin le regard, de tenir la ligne, l'horizon à ta...
Boire un café, - Est-ce que tu m'as servi ? Non je ne crois pas. dans ce bar, deux/trois personnes peut-être, - Ou plus ? Non je ne crois pas. deux femmes près de l'entrée, c'est sûr qu'elles étaient là quand j'ai poussé la porte, à raconter leurs gestes....
21 mars 2014. Bibliothèque Bordeaux Grand Parc. Printemps des Poètes, Demandez l'impossible. Je rencontre Lionel Bourg pour un entretien autour de deux de ses livres : "L'irréductible" et "L'horizon partagé". Paraît que notre tandem a pas mal fonctionné,...
Ce matin cette rengaine dans la tête, je ne sais pas pourquoi celle-ci. Une chanson qui offusque quel rêve ? "Je voudrais je voudrais je n'sais trop quoi Je voudrais ne plus entendre ma voix J'ai peur j'ai peur de toi j'ai peur de moi" " Nous sommes entrés...
Etre sûr un peu sûr un peu mais pas trop. Parfois tu prends une claque en pleine bourrasque la figure, et paf ! Tu regardes le ciel et le ciel est ailleurs. Une forme humaine dans un nuage de fumée. Un oiseau passe. Tu ramasses le vent déplacé par son...
En attendant le tram, une gosse se tordait de rire, se prenait pour le vent qui y allait fort autour des pages d'un dépliant de Lidl. Dans le wagon, elle a continué à froisser ses mains sur une escalope de veau à 4 euros cinquante, une musique renversée,...
Je regarde les arbres. A l'affût des arbres. Au bord des routes. N'importe où, au bord du bord. "Des arbres comme des hommes", ont dit les enfants. Mais les yeux aujourd'hui suivent une ligne cassée au désert de pluie, et le vent titube une peur promise....
Lier les réels. Il y en a plusieurs. Selon qu'on se trouve.... selon qu'on...selon, c'est selon : la pluie, le froid, la chaufferette sur la terrasse d'un bar orientée ad hoc niveau des oreilles, le tabac qui se barre de la tige en papier de ta cigarette,...
Je pense à tous ces gens cassés quand je brosse mes cheveux. Faudrait qu'il retrouve leur bercail, je me dis, alors ils se sauvent et tombent par poignets dans des broussailles. Par extension, allez savoir ! La théorie du ruissellement, dont parlait un...
Elle sursaute au moindre bruit, une feuille qui tombe du laurier rose, jaune, un pétale évanoui, d'un rouge pourpre suranné, ou un éclat de bouche mûre, à embrasser terriblement, sans préambule, sans question, sans rien de superflu. Un éclat de bouche...
Hannah Arendt est la philosophe qu'on sait, même sans l'avoir jamais lue, (mais ce serait mieux !) juive, allemande, liée amoureusement un moment à Martin Heidegger, arrêtée par la Gestapo et internée au camp de Gûrs, et qui a abordé les problématiques...
Le caméscope ce jour-là était fiché au sol, en pilote automatique. Images floues d'abord et je ne sais pas pourquoi. Fallait bien garder trace de ces images puisqu'elles existaient. Pas tout garder dans son entier, ce serait un peu trop long... Juste...
Photo | Isabelle Lagny Dans les fibres, très loin au fond du souffle coulés aux fenêtres des voix... Tu te rends -rends-toi à moi !- sur la place. Un horizon de place où arpenter n'importe quand n'importe quelle colline. Une cadence de l'âme, force et...
Et cet acharnement à vivre grabat à terre comme dit, la monstruosité dite sans ciller la certitude à la bouche une cigarette passée. Comment c'était possible d'ouvrir, les yeux pas la tête, grabat tombé, son mat, tranchant impeccable, à regarder ailleurs,...
Monotype | Claude Bellan Ils se sont endormis, immobiles dans leur beauté siamoise. Ils se respirent. De longs soupirs les abouchent, dernière arcane du plaisir des corps qui se sont pris, ne se lâchent pas, ne veulent pas se défaire, raccord de la chair...
Légèreté de l'Evocation de Isaac Albeniz, et autant d'improvisations de génie, "mes petites saletés",disait-il. Merci à Christine de m'offrir cette découverte. Je ne connais pas grand chose en musique classique. J'écoute. Je sens. J'essaie d'entrer quelque...
On se trouvera quand même un coin. Dans un aéroport, il n'y en a pas. Le coin est un alignement de chaises, au milieu d'une allée très dégagée. On s'assiéra. Au bout d'un moment, on sortira un livre, on sait qu'on est là pour quelques heures. D'abord,...
Sous nos paupières, on se raconte la laine des moutons déshabillés, la procession de l'attente au bord de la ville, minuit passé, la porte refermée, des précautions sous la chemise, en dernière limite la chair retenue, le tumulte dans un trou, entre la...
"- Oui. On nous oubliera. C'est la vie, rien à faire. Ce qui aujourd'hui nous paraît important, grave, lourd de conséquences, eh bien, il viendra un moment où cela sera oublié, où cela n'aura plus d'importance. Et c'est curieux, nous ne pouvons savoir...