Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
Une clope pour moi, la noctambule . Me dire que je suis seule dans la nuit. Avec des cheveux orange comme la terre de Tlemcen, un henné qui n'existe pas, des pigments pas de ce monde, une couleur cendrée à inventer encore. Anne m'en rapporte demain matin....
Depuis longtemps, je n'avais pas entendu ce mot : "narcose", narcose, narcose, narcose, narcose.................. Un "o" qui traîne sa langueur dans un soupir déjà ensommeillé et la narcose prend doucement, soulève un voile invisible de soi. Comme s'il...
En anglais, paraît que "maladie" se dit "disease". - "Disease", maladie, ou, littéralement, "perte de la facilité". Donc, c'est quand tout (allez, je te le fais dans la même caisse, tout)... Donc, c'est quand tout devient poussif, éteint, à l'arraché,...
Avant d'être papillon (papillon qui me poursuit ou que je poursuis, je ne sais pas !), savez-vous que la chenille se transforme en une espèce de pâte liquide, une gélatine noire qui contient toute sa vie, sa capacité à vivre, à s'émanciper de la gangue...
Superbe morceau de musique du film Bleu de Kieslowski. Je l'ai écouté tant et tant. Elle a oublié ses cigarettes, ses clopes, ses P4, et... délicieusement j'allume une douceur âpre. Lucky Strike paquet bleu, paquet de fumée bleue, dans la nuit bleue une...
Qui est Bruno, au versant du Verseau, une pente de hasard incluse dans l'écran bleu, une trajectoire filée ou bien un fil lacé ici et là de nous à toi ? Qui es-tu Bruno, croqué, nous croquant sur la toile Web, dessiné au fusain d' une ombre mordue de...
Je cherche toujours des flamboyances contre lesquelles les dérélictions se brisent. Je cherche. Je trouve, façon Picasso, au coeur de quelques perspectives tordues, au coeur, oui, je veux. Quand bien même, cela ne se peut pas, because la vie, because...
Comment définir la poésie ? Je ne le veux pas. Ne pas la réduire. La mettre dans une gangue de peau de chagrin. Je préfère parler de regards dans la langue. Ce qui vient rapter le mot. Le regard en écriture est une chose énorme. Des signes qui interrogent...
- Une plage ? - Oui. C'est cela, une plage. Le point de vue, pensé, d'une géographie algéroise depuis une terrasse, le point de focale, le point de côté, le point qui interroge l'exclamation de la virgule du final, le point c'est tout.... "Je n'ai rien...
La bouche s'ouvre et les lèvres dessinent un O. Je me revois ici, à la même place, la nuit, presque toujours la nuit écrivant. La nuit écrivait la nuit. Les mots, les lettres s'écrivaient sur le corps de la nuit. Comme aujourd'hui. Aujourd'hui, je me...
Un lieu temporaire pour marquer une pause. Le besoin tout d'un coup d'un cadre posé sur ma toile, peau tendue, trop tendue, dedans et dehors. Courir le risque d'être loin oubliée du coeur, sujet à mauvaise caution, mauvais sujet, mauvaise, mauvaise......
Il est des découvertes étonnantes ! Dans nos yeux, des images de loin, un regard, un sourire, ce qu'on n'imaginait pas être, ce qu'on ne savait pas être, et ce qui se trouve, se retrouve là, la surprise de trouver, retrouver, tu vois. Mettre un manteau,...
Je voulais faire un texte plus joyeux aujourd'hui, puis quoi ? Voilà que je me perds dans ce livre "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" de Stig Dagerman. J'avais été très impressionnée quand je l'ai lu, très émue de la justesse de...
Le point le plus sombre est toujours sous la lampe. Dormir. Je voudrais dormir cette fatigue. L'épuiser. Epuiser le coton des jambes et des bras. Dormir. Sans rêve. Sans m'en souvenir. Et me rappeler de ça, moi, posée comme une limande sur les genoux,...
Est-ce le chemin qui donne le sens ou le sens qui trace un chemin ? Il n'y a pas d'évidence. N'empêche, chacun s'en va suivre sa flèche. Ne sait pas où. Un parking et pas de numéro pour sa place. On conduit comme on se tient à une balustre. On se conduit....
Ah non, ne pas prendre à l'autre ce qui lui appartient ! A vouloir rassurer, on banalise. "Il va t'arriver quelque chose de difficile. Mais ce n'est pas grave. T'inquiète pas ! Un cancer ? Bah ! ça se soigne très bien..." Laisser à César ce qui est à...
Dans une autre bulle que les infos du monde en ce moment, quand je sais bien pourtant ce qu'il contient de moche. A se demander ce qu'il est possible de faire afin de ne pas se sentir moche à son tour. Il est facile de s'insurger, moins simple d'agir....
Alger. Une escale à Alger. Dans sa marche de crépi bleu et de varech, des oeilletons et ces oiseaux balancés sur la baie, quand la nuit a peur de la nuit ébrieuse, de cette cathédrale liquide et des pierres. Trébucher toujours sur la même marche de l'escalier,...
Le théâtre, c'est drôlement bien quand même ! Surtout quand il est bien servi, par de bons auteurs et de bons comédiens. Une mise en scène qui fonctionne à merveille et la parole s'échappe, passe de l'un à l'autre, se donne harmonieusement d'une bouche...
Le temps s'égrène. Du 22 mai 98 au 28 juillet 2000. Un journal. Presque des lettres. Des lettres qui ne seront jamais postées. On le sait bien. - Un monologue adressé à quelqu'un alors ? - Oui, c'est cela. Isabelle Lagny parle à l'aveugle à V. , à K.,...
Pour "les croqueurs de mots", faire découvrir son blog en publiant le nom de son blog en acrostiche. Alors, voilà... Pas de mal, tu sais, A se faire des processions de Ratures dans la marge des pages Amoureuses des mots, des mots... même Distordus contre...
Nous marchons dans l'histoire, dans notre histoire. Nos pas dansent le même rythme, nous avançons ensemble, sur de mêmes notes de bitume ramolli par le soleil. Je pense à Kandinski et à ses toiles lumineuses et musicales. Un concert de couleurs jamais...
La bibliothèque du Grand Parc a 40 ans. Dominique Dat, la diva des lieux, est la petite fée des livres, qui la fait vivre. Vivre et vibrer... Vivre et vibrer, dans le tumulte de ses mots, une musique baroque où les notes habitent leur caisse organique,...
Je passe en voiture sur les quais. Et j'espère que le feu passera au rouge. Attendre. Regarder cette beauté, la statue "Les trois grâces" de la place de la Bourse. Une harmonie de la forme et... ... un rien de mélancolie dans le regard, qu'on ne sait...
Pour les "Croqueurs de mots" cette semaine, toujours une contrainte oulipienne à la façon de Raymond Queneau : Utilisez les trois mots proposés dans une phrase pour en tirer une vérité générale. Soit, faire 4 phrases avec : hiver - émotion - inventer...