Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
La maison de Francis Jeanson a brûlé jeudi dernier 5 novembre à Claouey. Ce penseur/ philosophe de notre temps avait été honoré d'un bel hommage en Algérie, durant le Salon du livre d'Alger, deux jours plus tôt, ce mardi 3 novembre. Des mômes auront mis...
Je reçois cette lettre d'Algérie de Ali Haroun. Je me revois là-bas. Comme je l'imagine, mon père, contenant dans l'anse de ses bras tout le ciel fou, depuis ce balcon à Oran. Pour quelle inflexion de la voix ? Une émotion au fond de lui. Toutes les autres...
C'était le 2 novembre dernier. A Alger. Alger la blanche. Une ville fascinante. Une rencontre avec un pays. Une rencontre avec une ville. Une rencontre avec un homme : Ali Haroun. Je suis chez lui et il me parle. Dehors il fait chaud. L'hommage rendu...
Et si... Et si... On invente, on se dit que... non, on ne se dit rien. On pense. Dans les écrits de Camus, que l'époque n'a pas compris, on traduisait par de l'angélisme sa force d'exigence, son idéalisme politique, son regard clair, clairvoyant parfois...
Oui, il y a de bien belles nuits. Je pense à ma ptite Isa qui a mis au monde ces deux bébés. Cette nuit. Une nuit au monde. Resplendissante à cause de ça. Garance et Antonin sont parmi nous, Bonheur pour eux. Bonheur de les savoir. Bonheur partagé avec...
Je lisais ce que Pascal disait sur la justice. Une clairvoyance de philosophe, forcément. "Plaisante justice qu'une rivière borne. Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà." On se dit (mais de moins en moins !) que la justice est "juste". Ah ! cette...
Une folie de peindre. Suspendue que je suis dans l'étoilé de la toile, sa trame, la couleur à y couler son jus, sa crème, une salive à coulisses pour l'étoile et des yeux haut perchés dans des livres, des colonnades, des fenêtres à rideaux et sous l'arc...
C'est quoi le "sacré" ? Est-ce une histoire idiote, trop idiote, que de s'attacher à des images intouchables ? A des valeurs intimes ? A des beautés inviolables ? Ce n'est pas moderne, d'accord ! Ce n'est pas grave ? Non, Pas grave ! comme rien ne l'est,...
Six clopes sur la table de nuit, pas une de plus pas une de moins, six clopes ! A se méfier de ses yeux allumés pour une autre, une bouffée, "un taf", tu disais. Six clopes, une rigueur à la volée sur la table et le cendrier (boule de billard, tu crois...
Mon Tigrou a été chez le vétérinaire, pétri de peur comme toujours. Une petite tête qui s'accroche à des yeux connus et amis, à des mains qui le touchent sur le dessus du nez, lui qui couche ses moustaches dans ma paume , tout inquiet, toute douceur,...
"Une rue lisible. Une fille Sortie illuminer la lune. Et des pays lointains, Et des pays sans traces.... Un rêve salé. Une voix Qui creuse la hanche dans la pierre. Va, mon amour, Sur mes cils... ou sur les cordes. Une lune blessante. Un silence Qui brise...
La vocation ou "prendre voix". Avoir la vocation, avoir la légitimité d'une parole en quelque sorte, attribué d'abord au religieux, en cela qu'une personne se sent "appelée" au sacerdoce, comme une voix qui lui indiquerait une route. Avoir vocation à...,...
Poètes, vos papiers ! mais les poètes n'en ont pas, ils ont des becs, des pattes qui se montrent pas blanches, du "sent mauvais au pied" et du "sent bon dans les voiles" du bateau libre, une dérive travaillée aux entrailles de la chair, récurée à l'os,...
Ici, la chambre me contient. Pour quelques moments, la chambre annule tout autre lieu, parce que je me trouve là. Par la fenêtre, je vois des gens qui vont, qui marchent, qui viennent... Je ne suis pas dans leurs pas. Sensation étrange de ne pas appartenir...
15 heures. "La boîte à jouer". Rencontre avec le poète Salah al Hamdani. Il porte sur son visage les traces de l' inquiètude de ceux qui ont eu peur des menaces et supporté les coups, de ceux qui ont lutté, et résisté, et crié au fond de leur âme. La...
Les chiens après les chats... "- Y'a mieux comme sujet, tu ne trouves pas ? - Tant pis ! Tout dépend de l'énonciation. Toujours. Coudre quelques brins de finesse dans sa présence. De ce qu'on triture en soi, sans avoir la sensation de se salir les mains."...
Je suis dans le regard qui passe, flou et tremblé... Des hommes et des ombres, des êtres de qui je sais si peu, accoudée que je suis à leur balustre, à leur mystère, à leurs traverses, juste sur le seuil d'eux-mêmes, là où nous nous tenons tous, mais...
Les chiffres sont partout. On ne peut rien faire sans eux, qui comptent, comparent, évaluent, notent, rangent, etc.... Je ne passe pas la porte, reste sur le seuil, juste ce qu'il faut, n'y coupe pas quand même, me faire une idée, une variable pour ajuster...
Centre Pompidou. A Paris. "La subversion des images" comme on dirait celle des sentiments. "Le baiser" de Man Ray existe depuis 1931, 29 sur 17,5 cm, épreuve gélatino-argentique. Epreuve. Faut prouver quoi ? Pour quoi ? Je n'ai rien à prouver. Juste à...
D'abord, on ne sait pas. Puis l'effroi tombe sur les épaules comme une herse. La maison de Francis Jeanson a brûlé à Claouey. Stupeur et tremblements ! Stupeur et tremblements ! Des flammes envolées par le toit pour en toucher le ciel. Stupeur et tremblements...
Ah ! ce n'est pas facile d'observer une contrainte, même si elle est espace de liberté. Avec "Les croqueurs de mots", (crac ! chcrounch !) il s'agit cette semaine de composer un poème, un rondibelle, qui ne devra comporter que deux alexandrins dont l'un...
Après la pensée qui passe par les mains comme une pâte à modeler les heures (voir l'article d'hier), voilà que je malaxe cette idée entendue il y a peu : écrit-on avec la tête ou avec le corps ? A cette question, j'ai tout de suite envie de répondre qu'on...
Je vous convie à aller visiter le blog de Corinne, nouveau sur Over-blog. Des impressions, des attentions, des sensations... et c'est tout une gamme d'émotions qui se déploie sous nos yeux. "Des petits riens", dit-elle, là où se loge l'essentiel de la...
27 juin. Il fait chaud. Ecole de Flamenco. La scène. Un ravissement des yeux. Tout peut bien exister ailleurs. Je suis ici. Dans les arabesques de la danse, des pas sur un fil tendu, un bouillonnement dans les veines, un débordement maintenu, de ce qui,...
Le tram. Ce 24 juin, veille de l'anniversaire de mon père qui ne l'aura jamais vu. Les quais s'inclinent vers le fleuve. L' ombre des heures ramasse un visage et c'est le tien. Le ciel se perd au bout du rail-saxophone ténor, du paysage électrifié d'une...