Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
J'ai toujours ai mé les papillons. Sur l'épaule. Les ailes scintillantes, si fines, si fines. Puis, sous la lampe, une transparence aux aguets, une trouée dans le voile, les ailes sont des gerçures éclatées. Le papier crépon se déchire. Tu le vois ! Regarde,...
Salah al Hamdani. J'ai déjà parlé ici de ce poète. Aujourd'hui, je mets en ligne la vidéo réalisée sur le spectacle mis en scène par François Mauget du Théâtre des Tafurs. Un fragment. Quelques moments calés dans mon oeil. Des échos de mon émotion ajustée...
Le 27 mars 2010, j'ai filmé. Puis travaillé quelques scènes à ma table de montage. Ce que j'ai vu est encore au fond de ma rétine. Un spectacle excellent du Théâtre des Tafurs, (excellent, vous dis-je !) sur un texte d'Anise Koltz "Chants du refus". La...
Enfin, j'ai retrouvé la musique de "In the mood for love". Ce n'est pas aujourd'hui pour parler du film, non. Pour entendre seulement cette musique. Ce qui m'y rend captive. Si je suis sensible aux mystères de l'humain, je le suis de la même façon à celui...
Parce que le monde change vitesse grand V, parce que la situation sociale devient préoccupante un peu plus chaque jour, parce que le rêve fait partie de la vie des hommes, parce que l'utopie ne s'envisage plus idéalement, parce que l'attention à soi devient...
Je te regarde, toi qui regardes à ton tour ces statues de sel écorchées vives, portes de la mer ouvrant sur des ventres de granit pâle et rouge aux entrailles sculptées, intimités âcres et eaux palustres, mélancolies. C'est ici, un visage au raz de l'horizon....
C'était le 26 mars dernier. J'étais là. J'ai filmé. Pour le texte de Pirotte, pour François Mauget, le metteur en scène du théâtre des Tafurs, pour les comédiens, dont l'excellent Daniel Crumb, pour l'inventivité des musiciens Jakes Aymonino, Ravi Prasad,...
Même Dieu a déclaré forfait et dans ses rangs, on ne s'y reconnait plus ! Le qui du quoi du "pourquoi" ? On n'a pas les réponses. Dieu est de moins en moins un héros, une idée tout au plus, une idée et c'est déjà pas si mal... Mais voilà des révoltes...
Je lis des fragments de leurs textes, à elles, Anise Koltz et Sophie Loizeau. Des univers différents pour un même lieu du langage, un lien entre la terre et la peau, la terre qui s'écrit et la peau qui se lit, avec cette sorte d'animalité qui se tient...
Regarde ! Sous la ville, une terre aveugle, un chemin nu, des pierres. Tu marches dans les rues, sous les néons blancs. Mouvements de tes jambes, de tes bras. Une ronde, un geste comme une marée, une lumière, du silence. Tu ne vois même pas l'horizon....
Je veux, ce dimanche d'élections régionales, demeurer sur la scène poétique. Ce qui est au coeur du coeur des mots, c'est l'humain non ? L'incommunicable de son mystère et cette approche de l'autre que nous avons, toujours plus pâle que le soleil de la...
Tout à l'heure, je me souviens ce que j'ai dit, quelque chose comme ça : "Personne ici, en écrivant de la poésie, ne risque sa peau, ce n'est pas le cas partout ! Mais pourtant écrire de la poésie, c'est dire NON à la pensée apprise !" Alors, je pense...
Lectures de nos textes. Quatre invitées, trois en réalité : moi, Maram al Masri, poète syrienne, et Ayten Mutlu , une poète turque. Des lectures ce matin à la bibliothèque de Cenon, et cet apres-midi, dans l'auditorium de la bibliothèque de Mériadeck....
Une chemise, une liquette, un dossier avec ou sans manche, sale, mais tant lacunaire, ... on s'en moque comme de l'an quarante, qu'on ne craint rien, ni d'Eve ni d'Adam ! Pouvez bien garder vos roussins, vos bidets, vos chevaux de retour, nous, on fréquente...
Voilà une phrase que j'ai attrapée au vol tirée de Nadja d'André Breton : "Qui suis-je ? Si par exception je m'en remettais à un adage : en effet pourquoi tout ne reviendrait-il pas à savoir qui je "hante" ?" Qui je HANTE et Breton souligne le verbe,...
Je remets ici la traduction de ce poème de Parouyr Sevak, le grand poète arménien et philosophe, assassiné par le régime communiste. Le fou Je regarde mes mains si intensément qu'on pourrait penser que je suis fou ! Je regarde, je retourne mes mains et...
Je conduis un "atelier d'écriture" au Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile. Une rencontre, un point dans le temps qui m'inquiétait, parce que j'allais vers un inconnu. Qui étaient ces êtres ? Quelle était leur histoire ? Leur parcours ? Ce qu'ils avaient...
Des inconnus en lisière d'un naufrage, des hommes en errance de leur terre et plus loin qu'elle. Quelle ligne, seule de sa seule trace, griffera le sol, un contrepoint du thème initial, une composition sur des pages, parallèle au bois instrumental, à...
Le clic est ce qui connecte. Par exemple, l'enfoncement, puis le relâchement de la pression sur le bouton de la souris d'un ordinateur. Le déclic est donc ce qui déconnecte. Devrait l'être. Le petit bruit sec d' un mécanisme destiné à séparer deux pièces...
Le 9 janvier 2010, j'ai rencontré Dominique-Emmanuel Blanchard. Mon camescope était dans mon sac. J'ai filmé notre échange, ce qu'il me disait de sa perception de l'écriture et de quelques-uns de ses questionnements sur son nouveau travail. Un temps suspendu...
Nuit. Pourtant ce n'est pas la nuit. Sept heures du soir à l'enseigne d'un magasin. Seulement sept heures. - Déjà si tard ? - Oui. L'élastique du temps a repris sa place initiale des aiguilles sur la montre de mon bracelet. Le boulevard n'est pas encombré....
Vite ! Faut faire vite pour la pose de l'animal. Cette image, vous voyez, vient juste après "la bonne" où le chat regardait l'objectif. Toi, tu n'as rien forcé. Tu as juste accompagné un mouvement et tu as penché la tête. Vos deux regards m'ont échappé....
Ah oui, ne pas oublier de ne pas me demander si je ne suis pas un peu idiote, trop frivole, futile, superficielle... insignifiante, quoi ! Ne pas me dire : "Non mais, c'est quoi ça ? Même pas de sens à ce que tu fais ! T'es quand même un peu légère, là,...
Pour le défi des "Croqueurs de mots", voici donc un Je me souviens initié par Georges Perec. Une façon de porter ici une mémoire vive. Je me souviens que le rideau du théâtre La Pergola était noir et qu'il s'ouvrait un peu trop vite, en grinçant sur ses...
Finalement, la poésie triomphe toujours en s'échappant de soi. Dans le silence, dans l'attente, dans la solitude... se terrent d'inquiètes vacuités. Mais les mots ont parfois des perspicacités d'un cristal qui songe. Un moment posé pour l' ajustement...